Jordan Lefort x JVNSY: « le foot et le rap partagent cette dureté sur le plan mental »

Mental
Jordan Lefort et Junior Ntima aka JVNSY
Jordan Lefort et Junior Ntima aka JVNSY ©Maxppp

Après avoir côtoyé ensemble le centre de formation du Racing Club de Strasbourg, Jordan Lefort, double champion de Suisse en titre avec les Young Boys de Berne, et Junior Ntima, aka JVNSY dans le monde du rap, se retrouvent pour une interview croisée où ils discutent longuement de leur passion commune pour le football et le rap et des similitudes entre ces deux mondes.

Il y a dix ans, Jordan Lefort (défenseur polyvalent) et Junior Ntima (gardien de but) étaient deux membres éminents du centre de formation du RC Strasbourg. Promis à un avenir au sein de l'équipe professionnelle, les deux joueurs ont vu leur plan battre de l'aile en raison de la liquidation du club en août 2011. Une décennie plus tard, Jordan Lefort évolue aux Young Boys de Berne, avec qui il a remporté deux titres de champion de Suisse, tandis que Junior Ntima a récemment rejoint l'US Chantilly en N3. Mais ce dernier est en train de se faire un nom dans le rap sous le pseudonyme « JVNSY ». On a réuni les deux hommes pour qu'ils nous parlent de leur souvenir du centre de formation, de leur évolution mais aussi de leur passion commune pour le rap. Entretien.

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Foot Mercato: Êtes-vous tombé amoureux du foot avant le rap ? Ou inversement ?

Jordan Lefort: Je dirais que c’est le football qui m’a introduit au rap. J’ai grandi dans le Val-de-Marne et tous mes potes du club écoutaient du rap. De là, j’ai vraiment commencé à apprécier cette musique.

JVNSY: Pour moi, c’est complètement différent. Je dissocie ces deux passions car en fait, mon grand frère faisait du rap donc ça m’a indirectement influencé et j’ai vraiment commencé à apprécier cette musique vers 10/11 ans. Alors que de l’autre côté, je joue au football depuis que je suis tout petit.

JL: Pour moi aussi, c’est vers 10/11 ans que j’ai vraiment commencé à écouter du rap.

FM: Y a-t-il un morceau en particulier qui a créé un déclic chez vous ?

JL: Pour moi, c’est « Laisse pas traîner ton fils » de NTM que j’ai écouté en boucle. Il y a aussi « Sans repères » de Sniper que j’aimais beaucoup. C’est vraiment des classiques.

JVNSY: De mon côté, je ne peux pas dire qu’il y a un morceau qui m’a impacté plus qu’un autre mais je pense que d’entendre les morceaux de mon grand frère quand il revenait du studio m'a forcément influencé. Encore aujourd’hui, je n’ai pas de morceau phare mais je dois dire qu’il y a un certain rappeur qui s’appelle Jeriko que j’aime beaucoup !

JL: (Rires)...

FM: Jordan, vous nous avez caché quelque chose ?

JL: Il plaisante. Je ne rappe pas sérieusement, je n’ai jamais fait de morceau mais j’ai toujours aimé écrire quelques punchlines. Quand on était ensemble au centre de formation, à 16/17 ans, Junior allait déjà au studio après les entraînements avec Omenuke Mfulu, qui est aujourd’hui joueur professionnel à Elche. Pour eux, le rap c’était déjà un peu du sérieux. Moi je rappais pour rigoler dans la chambre mais je savais que ce n’était pas fait pour moi. J’aime bien écrire mais je pense que rapper, ce n’est pas fait pour moi. J’ai préféré laisser ça à Junior qui a plus de talent.

FM: Et d’où vient ce nom de scène, Jeriko ?

JL: En fait, c’est un surnom qu’on m’a donné depuis que je suis tout petit. Mes potes d’enfance m'appelaient déjà comme ça donc c’est resté.

FM: D’accord. Et est-ce que c’est votre passion pour le rap qui vous a lié d’amitié avec Junior lorsque vous étiez en centre de formation à Strasbourg ?

JVNSY: Quand Jordan est arrivé au centre de formation, on ne se connaissait pas mais il venait souvent l’été s’entraîner avec nous. Plus que le rap, c’est le fait qu’il venait de région parisienne qui nous a rapprochés. Même si je suis originaire des Hauts-de-France, ça reste proche de l’Île-de-France. Mais après oui, je pense qu’on partageait pas mal de délire dont le rap et le lien s’est créé rapidement surtout que je jouais dans les buts et lui juste devant moi en défense.

JL: Souviens-toi Junior, tu venais dans ma chambre avec ton ordinateur et tes feuilles, et on écrivait ensemble donc forcément, le rap a aidé à nous rapprocher. Mais il faut aussi savoir que Junior est un très grand coiffeur et qu’il me coupait les cheveux quasiment chaque semaine. Je mettais du rap pendant qu’il me coupait. C’était la belle époque.

FM: Pour beaucoup de joueurs, le centre de formation est une période enchantée dans une carrière car il n’y a pas encore complètement la pression de la compétition et vous vous retrouvez à vivre entre potes. Est-ce que ça a été le cas pour vous ?

JVNSY: Ouais, c’était unique. Que ce soit au niveau scolaire, au niveau du foot, au niveau de la vie en générale. En plus, on a vraiment eu la chance d’être dans une belle ville avec le centre de formation situé à 15 minutes du centre-ville. C’était parfait, on était trop bien. On a créé des liens entre nous que l’on n'aurait pas pu créer autre part. On reste d’ailleurs tous en contact même si on ne s’appelle pas toutes les semaines ou tous les mois mais les liens sont toujours là et on rigole toujours autant. Avec Jordan, on avait nos chambres à côté donc on trainait et on sortait souvent ensemble.

FM: Est-ce que vos premiers textes remontent à cette période ?

JVNSY: Pour moi, c'était à 10/11 ans mais c’était nul. J’ai effectivement vraiment commencé à écrire sérieusement quand j’étais au centre de formation vers 16 ans.

FM: Jordan, vous qui avez découvert les textes de Junior et ses morceaux avant tout le monde, étiez-vous admiratif ?

JL: Ouais j’étais vraiment admiratif car je respectais vraiment les gens qui arrivaient à écrire mais qui derrière assuraient au moment de rapper. Et c’était le cas de Junior. Il était dans les temps, bien calé par rapport au son. Aujourd’hui encore, je suis admiratif de ce qu’il fait. Quand j’écoute ses sons: Dose 1, Dose 2, Capitaine Crochet, son passage dans Planète Rap sur Skyrock, je me dis qu’il est toujours très bien calé et je trouve ça vraiment fort parce que moi je n’y arrive pas. J’ai déjà essayé mais c’est une galère...

JVNSY: Mais tu rappes bien !

JL: (Rires)

JVNSY: Je le jure qui rappe bien. Lui pense que rythmiquement il n’est pas dans les temps mais c’est faux. J’ai déjà rappé ses textes en reprenant exactement son flow. J’ai fait copier-coller et ça le faisait. Je sais qu’il aime vraiment ça mais qu’il se dit que ce n’est pas fait pour lui.

JL: Je n’ai jamais écrit un morceau en entier. J’aime aller au studio mais pas pour rapper. J’aime écouter, soutenir mes potes. Après, c’est vrai que j’aime aussi écrire et de jouer avec les mots mais je ne me prends pas au sérieux. C’est du divertissement. Mon truc, ça reste le foot.

FM: Et en tant que fan de rap, que pouvez-vous dire sur la progression de Junior ?

JL: Je ne lui dis pas en face car sinon il va se la raconter mais avant d’aller à l’entraînement et même parfois avant un match, j’écoute des sons de Junior. J’écoutais souvent « Jack.D » dans la voiture, qui est un son vraiment sympa et festif et plus récemment Dose 2 quand il est passé sur Planète Rap sur Skyrock. C’est là que je ne comprends pas l’univers du rap. Parce que parfois, j’écoute des artistes qui ont des milliers followers à la radio mais pour moi, ils ne sont pas meilleurs que Junior. Pourtant, ils sont beaucoup plus célèbres et je ne dis pas ça parce que je connais Junior. Après, je sais que comme dans le foot, il y a beaucoup de monde pour peu d’élus dans le rap. Il doit aussi y avoir une grande part de chance et les relations jouent aussi beaucoup. Peut-être que je me trompe, hein. Junior, qu’est-ce que tu en penses ?

JVNSY: C’est vrai que c’est dur mais pour ne pas lâcher, je me dis que si je n’ai pas encore décollé, c’est qu’il me manque encore un truc. Je me dis ça pour ma santé mentale, pour ne pas craquer. Parce que mine de rien, ça me coûte beaucoup d’argent entre les clips, les morceaux en studio, etc. Aujourd’hui, ça marche un peu mieux mais je pense qu’il me manque encore un petit truc pour que ça explose. Je n’ai pas encore trouvé c’est quoi mais quand je le trouverai, tout peut s’emballer.

FM: Je rebondis sur ce que disait Jordan à propos de la dureté dans le monde du rap et du football. Quelles autres similitudes voyez-vous entre ces deux univers ?

JL: Comme Junior l’a dit, le foot et le rap partagent cette dureté sur le plan mental car tu peux faire beaucoup d’effort sans avoir les retours escomptés et ça peut faire mal. Il faut donc pouvoir être costaud mentalement pour continuer de travailler et de se battre. Dans le football, j’ai un peu galéré. Beaucoup de joueurs ont signé dans des clubs pros avant moi alors que je ne pensais pas être moins bon qu’eux. Après dans le monde de la musique comme celui du foot, avoir un bon entourage c’est très important car quand tu réussis, tu peux attirer des personnes malveillantes. Connaître aussi les bonnes personnes peut te donner des opportunités qui peuvent changer ta carrière. Je trouve qu’il y a quand même une grosse différence. Dans le foot, tu joues en équipe et dans le rap, tu es seul. Il y a cette notion de collectif qui est très importante dans le foot donc l’approche est aussi différente. Après, c'est vrai qu’il y a un côté très individualiste dans le football mais tu dépends aussi de tes coéquipiers alors que dans le rap, c’est toi et ta performance. Tu ne peux pas recevoir de mauvaises passes de tes coéquipiers.

JVNSY: Je suis totalement d’accord avec toi Jordan. Dans la musique, tu peux avoir un crew avec ton manager, ton producteur, etc, mais si le son est mauvais, ce sera pour ta pomme. C’est moi qu’on entend, c’est moi qu’on voit, c’est moi qui suis exposé. Tu as une équipe pour toi, mais sur scène ou en studio, tu es seul.

FM: Et selon vous, quel univers est le plus violent ? Celui du football ou celui du rap ?

JL: De par mon expérience dans le football professionnel, ce qui est dur c’est surtout l’aspect médiatique. Après un match, quand tu n’es pas bon, tu vas te faire incendier dans la presse et sur les réseaux sociaux et quand tu es jeune, c’est difficile à gérer. Je pense que dans le rap, c’est un peu la même chose. Quand ton album fait un flop, on ne te loupe pas. Et cela, peu importe ton nom. Tu as beau avoir vendu de nombreux albums par le passé, si tu floppes, tu te fais déchirer par tout le monde donc je pense que ces deux univers sont assez similaires. On est dans deux mondes de requins et je ne pense pas qu’il y ait un monde moins dur qu’un autre et pour rester au top, il faut être vraiment costaud mentalement.

JVNSY: Je dirais que la seule différence entre ces deux mondes se situe au niveau des contrats. En centre de formation à Strasbourg, j’ai signé un contrat qui me mettait un peu à l'abri pendant un moment. Que je jouais ou pas, que j'étais bon ou pas, je touchais le même salaire et j’avais le temps de voir venir les choses. De me préparer pour la suite sans être dans l’urgence. Dans le rap, c’est différent. À moins d’avoir signé dans une grande maison de disques, tu reçois des avances pour réaliser ton album mais si par malheur il ne cartonne pas, ben tu ne touches rien derrière. Un rappeur est moins protégé qu’un footballeur sous contrat donc dans la musique, il faut toujours être bon et vendre. Comme Jordan l’a dit, tu peux avoir un nom mais si du jour au lendemain tu ne marches plus, on ne rate pas puis on t’oublie. Tu peux rapidement disparaître des radars. Il faut savoir que le public dans la musique peut être très ingrat. C’est-à-dire que quand tu es au top, il sera à fond derrière toi mais il suffit d’un mauvais morceau pour qu’il te lâche et te remplace par un autre rappeur. Donc si tu n’es pas un acharné de travail dans le rap, tu es foutu !

FM: On parle beaucoup de mental dans cette interview. Jordan, je crois savoir que vous avez fait appel à un préparateur mental. Qu’est-ce que ça vous a apporté et pensez-vous que ce serait aussi utile dans le rap ?

JL: J’ai effectivement fait appel à un coach/préparateur mental il y a 4/5 ans, à l’époque où j’étais en Ligue 2 à Amiens. C’était ma première année chez les pros et j’estimais en avoir besoin. Ça m’a énormément apporté au niveau de la concentration et de la confiance en soi, si bien que je pense devoir une part de mes récents succès à mon coach. J’ai travaillé avec lui régulièrement pendant un an puis j’ai refait appel à lui il y a deux ans pour faire des séances de réajustement et ça m’a vraiment aidé. Du coup, je pense que ça pourrait être utile à un rappeur et même plus généralement à tout le monde. Pour moi, le mental représente 60 à 80% de la performance d’un joueur et on peut exporter ça à d’autres univers avec les mêmes bénéfices. Je suis même sûr que certains grands noms du rap ont déjà fait appel à des coachs sans qu’on ne le sache car c’est un sujet encore tabou. Alors imaginez dans le rap, qui est un monde très machiste et où la moindre faiblesse peut être exploitée dans un clash, dans une punchline. Mais pour aborder la scène, pour préparer une tournée, il faut être fort mentalement et être accompagné sur ce plan est un atout à ne pas négliger.

JVNSY: J’ai l’impression que faire appel à un coach mental, c’est surtout tabou en France. Parce que quand tu regardes les tournées de rappeurs américains, il y a toujours un moment où la porte des loges est fermée, où les mecs se mettent dans leur bulle et peuvent être accompagnés. Mais j’ai l’impression qu’en France, le fait d’avoir son petit cocon, d’avoir un coach à ses côtés, c’est un signe de faiblesse. Pour moi, il s’agit juste de préparation et je pense que le public français a encore du mal avec ça.

FM: Et en termes d’adrénaline Junior, qu’est-ce qui est le plus stimulant ? Jouer un match de football ou se produire sur scène ou en studio ?

JVNSY: C’est à peu près la même chose car j’aime autant le football que le rap. Quand tu joues un grand match, c’est kiffant quand même. C’est le feu. Il y a le public, je suis avec mes gars et on va constamment s’encourager. En studio, ça dépend. Après, lors d’un match de football, idéalement tu dois toujours te comporter de la même façon surtout quand tu es gardien. Tu dois rester calme et concentré du début à la fin tandis qu’en studio, parfois, tu te dois d’être un peu plus fou ou triste selon le morceau. Il y a des morceaux qui nécessitent d’être complètement seul. D’autres, au contraire, invitent à s’entourer de gens et à être plus festif. Vu que je n’ai pas fait de scène, je ne peux pas vraiment comparer avec le foot mais je pense que ce sera la même chose vu que dans les deux cas, je serai dans de la performance.

FM: Jordan, même si vous ne rappez pas, vous avez une vraie passion pour le rap. Il vous arrive même de passer des après-midi en studio. Pouvez-vous nous décrire l’énergie, l’ambiance que vous ressentez dans un studio, et que vous ne retrouvez pas forcément sur un terrain ?

JL: Ce que j’aime dans l’ambiance studio, c’est que tu te retrouves avec tes potes dans un cocon. Je me retrouve à encourager mon gars qui doit faire une performance donc il y a une forme de solidarité qui se crée et qui peut faire penser à celle que l’on retrouve sur le terrain. Mais l’ambiance est différente, plus détendue, plus cool, sans pression. Tu peux ramener des pizzas, jouer à la play, etc. Vu que tu es enfermé, tu perds la notion du temps et ça peut durer 6, 7 heures sans que tu t’en rendes compte. Être témoin de l’enregistrement d’un morceau du premier couplet au dernier est aussi très kiffant.

FM: Junior, à partir de quand le rap est-il devenu un vrai objectif de vie pour vous ?

JVNSY: En réalité, ça fait un moment que je suis lucide et que j’ai compris que je n’allais jamais signé pro dans le sens où je suis un profil de gardien atypique, vu que je ne fais pas 1,90 m. À Strasbourg, si le club n’avait pas fait un dépôt de bilan en 2011, ça aurait pu le faire mais ailleurs c’était compliqué. En signant à Sannois-Saint-Gratien en 2018, je me suis dit qu’il ne fallait pas que je joue en dessous du niveau N2, N3 parce que j’aime trop le football. Je ne peux pas aller à l’entraînement une fois ou deux fois par semaine. C’est impossible. J’adore les périodes de préparation estivale où l'on s’entraîne quasiment tous les jours. Donc en réalité, je n’ai jamais lâché le football. Je veux rester au meilleur niveau amateur tout en entraînant, car je passe aussi mes diplômes d’entraîneur à côté. Mais pour revenir au rap, c’est à partir du lancement du morceau « Bison », sorti en mai 2020, que c’est devenu sérieux car un mois après j’ai sorti « Rampage » et le mois suivant j’ai sorti « Dose 1 ». Puis j’ai pu sortir mon projet en décembre 2020 et à partir de là, il y a eu un engouement. J’ai eu beaucoup de retours positifs. On ne m’appelle plus Junior mais JVNSY maintenant. C’est-à-dire qu’on me parle plus du rap aujourd’hui que de football.

FM: L’écriture a souvent des fins thérapeutiques. Pensez-vous que le fait d’écrire vous a aidé à extérioriser les différentes émotions, les sentiments vous ressentiez en centre de formation puis après avec les seniors ?

JL: Non, je ne pense pas que j’écris à des fins thérapeutiques. J’écris vraiment par plaisir pour manier un peu les mots et m’amuser. C’est un divertissement pour moi.

FM: Dernière question pour vous deux. Quel morceau de rap résumerait le mieux votre vie ?

JL: Question très difficile. Je fonctionne plus par période donc c’est vraiment compliqué d’en sortir une. Aujourd’hui, l’artiste qui me correspond le mieux, c’est Nekfeu. C’est quelqu’un que j’écoute énormément et je trouve que ses paroles sont censées. En tout cas, elles me parlent. Mais en réalité, il faudrait que Junior fasse un morceau qui mélange le football et le rap. Un morceau qui raconte le quotidien d’un joueur de football.

JVNSY: Là tu t’y retrouverais ?

JL: Ben carrément. En plus, tu connais vraiment les deux mondes. Si tu sors un morceau comme ça, c’est sûr que je me connaîtrais et je ne serais pas le seul. C’est vraiment un morceau que tu devrais faire !

JVNSY: Je n’y avais jamais pensé...(Rires)

JL: Junior, combien de joueurs de foot écoutent du rap ? Tout le monde, parce que les deux sont associés maintenant. Quand les joueurs pros mettent des clips d’eux sur les réseaux sociaux, les sons derrière c’est du rap français. Moi je pense qu’un morceau où le gars raconterait le quotidien d’un joueur de football, ça serait lourd !

JVNSY: Ouais, je vais le faire… Pour revenir à la question, les morceaux auxquels je m’identifie et qui me racontent sont les miens. D'ailleurs, on me dit souvent que mon rap est trop codifié voire sectaire. C’est-à-dire que je mets beaucoup de références de ma propre vie. Il y a beaucoup de messages cachés. Je pense à « Réel » par exemple. Mais Jordan m'a mis sur la piste d'un nouveau morceau...