National

FC Bobigny 93, Sefyu : «il est hors de question de redémarrer en N2, on a obtenu notre montée en National»

Meilleur deuxième des trois groupes de National 2, le FC Bobigny 93 espère toujours récupérer la place laissée vacante par Ajaccio en National 1. Mais ce n’était pas la tendance des dernières heures, la FFF ayant opté pour repartir sur un championnat à 17 équipes, comme la saison dernière. Une décision qui suscite l’indignation du club de banlieue parisienne, bien décidé à faire valoir ses droits.

Par Jordan Pardon
5 min.
Bobigny FC93 @Maxppp

Hier après-midi, la Fédération française de football a prononcé l’exclusion de l’AC Ajaccio de tous les championnats nationaux, alors que le club avait déjà été rétrogradé de Ligue 2 en National au début de l’été. Si Boulogne a été repêché pour remplacer l’ACA en seconde division, la tendance était de repartir à 17 pour le championnat de National 1, comme la saison dernière. Une décision qui suscite l’incompréhension du FC Bobigny 93, meilleur deuxième des trois groupes de National 2 (ce sont les points récoltés contre les cinq meilleures de la poule qui sont pris en compte), et candidat légitime pour récupérer cette place. L’ancien rappeur Sefyu, aujourd’hui au cœur du projet, a décidé de prendre le sujet à bras-le-corps. Pour lui, il y a des trous dans la raquette : «ma vision est très simple : la FFF n’a toujours pas mis en place de règles fixes pour déterminer les dates limites de la composition des championnats.»

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Si la FFF se réfugie derrière cette date du 17 juillet, au-delà de laquelle un club ne pourrait pas être repêché, Youssef Soukouna (le vrai nom de Sefyu) déplore une justice à deux vitesses, alors que Boulogne a pu être repêché en Ligue 2, pas plus tard que la semaine dernière. «Nous sommes soumis au règlement de la FFF (…) La rétrogradation d’Ajaccio en N1 a été actée le 7 août, soit une vingtaine de jours après la date du 17 juillet, qui ne devrait pas être dépassée selon le règlement. On a vu le club de Boulogne obtenir son repêchage la semaine du redémarrage de la Ligue 2, ce qui veut dire que la Fédération est assez agile. On pensait pouvoir en bénéficier aussi», regrette-t-il. Surtout, le FC 93 n’aurait jamais pu être en mesure d’intégrer le N1 avant le 17 juillet, puisque dans le même temps, Ajaccio épuisait tous les recours pour essayer de gagner du temps et d’étirer les procédures administratives… Avant de finalement renoncer à saisir le CNOSF la semaine dernière.

Bobigny assure avoir les épaules pour évoluer en National

Mais alors pourquoi Boulogne a pu être repêché à la différence de Bobigny ? Lors des récentes réunions avec le Comex de la FFF, le FC 93 s’est vu signifier que son cas différait de celui de son homologue. La raison ? La montée de l’USBCO concerne le championnat de Ligue 2, et la LFP a ainsi pu obtenir une dérogation pour intervenir dans ce dossier. Un argument difficile à accepter, alors que la Ligue 3 professionnelle aurait pu (dû?) voir le jour bien avant, et donc éviter ce couac administratif. «Si on a le sentiment d’être monté la mauvaise année (par rapport à la Ligue 3 qui sera officiellement lancée en juillet 2026, ndlr) ? C’est exactement ça, c’est dingue. Les clubs de N2 sont régis par la Fédération, et la LFP ne peut donc pas intervenir actuellement dans notre cas. Je leur ai dit “vous voyez clairement qu’il y a un traitement à géométrie variable”. On m’a dit que c’était un constat et que j’avais raison de faire valoir nos droits (…)»

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Sefyu ajoute : «la FFF veut mettre en place un fonctionnement autonome, indépendant, avec ses propres règles, son propre comité… Mais elle n’est pas en mesure de faire valoir la justice, si tu veux te constituer comité indépendant, il faut instituer des règles et les respecter. » À l’heure actuelle, le FC 93 attend toujours une convocation de la FFF et de la DNCG pour présenter un nouveau budget. Si l’occasion ne se présente pas, le club se réserve le droit d’épuiser tous les recours possibles : «si on n’a pas de convocation dans la journée de la DNCG et de la Fédération, naturellement, on sera contraint de saisir le tribunal administratif et le CNOSF. Pour nous, je pense qu’il est hors de question de redémarrer en N2 sachant qu’on a obtenu notre montée. » A Bobigny, on s’interroge aussi sur l’équité de traitement entre les clubs établis, et les plus modestes : «la question qu’on se pose, c’est “quel est le jugement de la FFF et des instances du foot quant aux clubs de banlieue ?” On se rend compte que le traitement réservé aux clubs amateurs et aux clubs semi-pro voire pro comme Boulogne, n’est pas le même. Ils sont surement intervenus dans les instances, ont eu un rôle même si leur montée est méritée… On n’en veut pas à Ajaccio ni à Boulogne-sur-Mer, mais on veut que justice soit faite.»

Si le club s’estime légitime, sportivement, de récupérer le strapontin d’Ajaccio en N1, il assure aussi avoir les reins solides pour assumer le train de vie d’un club de troisième division. «Le FC 93 est prêt à monter en National, à l’échelon supérieur. On a demandé à la DNCG, bien avant la décision définitive d’hier, de nous recevoir pour leur présenter un budget viable pour le National, chose qui ne nous a pas été accordée. » Pour un club qui aspirait à tutoyer la Ligue 2 d’ici à 2027, obtenir cette place le rapprocherait de ses objectifs. Pour ça, il peut déjà compter sur un soutien populaire d’envergure : le District parisien, le département de Seine-Saint-Denis, la région, les villes de Bobigny, Bagnolet ou Pantin, ou même les politiques, à l’image du député Aly Diouara ou du maire de Bobigny, Abdel Sadi, se sont tous mobilisés. D’autres personnalités influentes devraient se joindre au mouvement. Ce soir, le FC93 a saisi le comex de la FFF pour demander son intégration en National.

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