Philipe Sampaio : «la pression la plus forte, c’était de me sortir de la favela et d’aider ma famille»

Guingamp compte les jours avant le retour de Philipe Sampaio. Le Brésilien de 25 ans, arrivé à l'été 2020 en provenance de Tondela, s'est vite imposé comme un taulier en défense centrale, mais une blessure aux adducteurs est venue stopper son excellent début de saison. Pour Foot Mercato, le Paulista a fait le point sur sa reprise, ses ambitions, son dernier mercato agité, son passé et son projet social au pays. Entretien.

Philipe Sampaio buteur contre VA
Philipe Sampaio buteur contre VA ©Maxppp

Foot Mercato : Philipe, tout d'abord comment évolue votre blessure aux adducteurs ?

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Philipe Sampaio : je reviens bien, j’ai repris le travail sur le terrain. Je travaille fort, je me donne à 100% pour bien revenir et pouvoir aider mes partenaires et être à disposition du coach.

FM : avant ce pépin, vous sortiez d'une un bon début de saison, avec six titularisations et un but au compteur. Que retenez-vous de ce bon départ ?

PS : je suis très content d’avoir marqué mon premier but après lequel je courais depuis la saison passée. Marquer dans notre stade, devant nos supporters, c’était une sensation unique. Je suis confiant, j’espère que je vais reprendre sur cette lancée pour aider mes coéquipiers et le club. C’est ce que je veux et ambitionne. Revenir à 100% et travailler fort pour poursuivre sur ma lancée.

FM : vous êtes un peu un porte-bonheur pour l'En Avant. Lorsque vous jouez, Guingamp encaisse beaucoup moins de buts (0,8 but encaissé par match avec vous, contre 1,6 sans vous). Quel est votre secret ?

PS : je donne mon maximum ici à Guingamp pour aider mes partenaires et donner de la continuité à ces bonnes statistiques. C’est mon instinct de défenseur, je veux avant tout donner de la solidité et de la stabilité à l’équipe.

FM : Guingamp a terminé 9e la saison passée. Actuellement, vous pointez à la 14e position au classement. Quelles sont les ambitions du club d'ici la fin de la saison ?

PS : les ambitions du club se dessinent au quotidien. C'est une phase de reconstruction, avec une nouvelle philosophie. Il y a beaucoup de jeunes joueurs, un entraîneur jeune aussi, avec des idées neuves. L’idée, c’est de gagner un maximum de matches possible et de faire de grandes choses cette saison, pratiquer un football agréable pour que les gens viennent au stade et que Guingamp continue à être un club fort en France.

FM : et vous, à titre personnel, que visez-vous ?

PS : mes ambitions sont de jouer et de donner mon maximum, de travailler à fond pour que le club puisse atteindre ses objectifs. Ensuite, chaque joueur ambitionne de jouer à un niveau plus élevé, dans les 5 meilleurs championnats du monde. Je crois que, si le club atteint ses objectifs et que je suis bon sur le terrain, ça viendra naturellement.

FM : vous êtes arrivé en France à l'été 2020. Comment se passe l'adaptation à la Bretagne ?

PS : la vie en France est tranquille. Il fait un peu froid et il pleut beaucoup. Mais depuis que j’ai appris à maîtriser un peu la langue, les choses se sont bien passées. Ma famille est bien. Il y a tout ce qu’il faut en ville pour que je sois tranquille et que je me concentre sur le football.

FM : existe-t-il une pression particulière à Guingamp, ancien club de l'actuel président de la Fédération Française de Football ?

Il y a de la pression dans tous les grands clubs, mais la pression la plus forte que j’ai connue, c’est quand j’étais au Brésil et que je n’avais aucune perspective. La pression la plus forte, c’était de m’en sortir et d’aider ma famille. Maintenant, c’est une pression normale liée au travail.

FM : quel est votre rapport avec le public guingampais, très chaud ?

PS : la saison passée avec la Covid, c’était très compliqué. J’ai vraiment découvert cette saison ce public qui soutient à chaque instant, quelle que soit la météo. J'ai un message à leur faire passer d'ailleurs : qu’il nous fasse confiance, car on va tout donner pour revenir en Ligue 1.

FM : quel est votre regard sur le football français ?

PS : le football français est plein de jeunesse, très exigeant en termes de force, de vitesse et de duels. C’est un football qui progresse, c’est pourquoi de grands joueurs viennent. Il colle à mes caractéristiques.

FM : pourquoi avoir accepté de rejoindre Guingamp en Ligue 2 alors que vous étiez en Liga Bwin avec Tondela et que vous n'aviez connu que la première division en Europe (à Boavista au Portugal et Akhmat en Russie) ?

PS : j’ai accepté ce défi parce que Guingamp est un grand club, habitué à la Ligue 1, qui a gagné une Coupe de France et fait une finale ces 10 dernières années, jouant l’Europe. Il y a un public et des infrastructures de haut niveau. J’y ai vu une bonne opportunité. Ils ont misé sur moi aussi, de la confiance. Je voulais sortir de ma zone de confort aussi, découvrir un nouveau pays, apprendre une nouvelle langue. L’objectif est de remonter le plus vite possible. Je suis en Ligue 2 mais dans un club de Ligue 1. Toutes les conditions sont réunies pour monter et rester en L1 longtemps. C’est notre objectif.

FM : cet été, votre nom a circulé en Turquie, à Hatayspor. Que s'est-il vraiment passé ?

PS : c’est vrai, il y a eu des approches, il y a eu du concret avec des clubs turcs. Mais en réfléchissant bien, j’ai préféré rester. Les gens ici ont confiance en mon travail. Je suis très bien ici, j’ai de la stabilité. Je veux continuer à faire un bon travail pour atteindre les objectifs collectifs et personnels.

FM : quel souvenir gardez-vous de Tondela ?

PS : Tondela a été un club très important pour moi. J’espère qu’il restera encore longtemps en première division. Je continue à les suivre, j’aime les gens que j’ai connus là-bas. C’était une belle étape de ma progression et j’espère qu’il y en aura bien d’autres encore plus haut.

FM : un mot sur votre projet social au Brésil, à São Paulo, Meninos Cohab Raposo Tavares.

PS : j’ai un projet social, c'est vrai. J’aide 70 enfants défavorisés dans ma communauté à São Paulo, avec mon père et des bénévoles. Il y a des entraînements les samedis et dimanches. L’objectif est de former des citoyens et des personnes qui font le bien. J’espère que l’un d’entre eux aura le privilège que j’ai de pouvoir aider ma famille en jouant au foot. On leur fourni les équipements, les collations, l’essentiel mais on leur exige un comportement exemplaire, des bonnes notes à l’école. On veut former des citoyens. Je suis sorti d’une favela et, aujourd’hui, je vis à l’autre bout du monde. Ce projet, c’est une partie de mon rêve.

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