La Coupe du Monde des clubs, une compétition au surprenant succès

Par Hanif Ben Berkane
4 min.
Les supporters de Flamengo à l'aéroport de Rio avant le début du Mondial des Clubs. @Maxppp

Moins suivie par les amateurs du ballon rond, la Coupe du Monde des clubs est pourtant toujours très appréciée des supporters et clubs qui y participent. Celle de 2023 ne déroge pas à la règle.

Créée en 2000 par la FIFA, la Coupe du Monde des clubs est une compétition qui oppose les clubs champions continentaux des six confédérations ainsi que le club champion du pays organisateur. Le vainqueur de la Ligue des Champions de l’UEFA, de la Ligue des Champions de la CAF, de la Ligue des Champions de l’AFC, de la Ligue des Champions de la CONCACAF, de la Ligue des Champions de l’OFC et de la Copa Libertadores s’affrontent donc dans un mini-tournoi. Cette année, la compétition a lieu au Maroc pour l’une des dernières éditions dans le format actuel. Car dans un souci de développement et aussi certainement de rentabilité (avec les droits TV), la FIFA a annoncé une nouvelle version qui sera mise en place dès 2025. Il y aura désormais 32 clubs qualifiés pour cette compétition intercontinentale qui se jouera tous les 4 ans et l’été (elle se jouait jusqu’ici début février).

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Pourtant, cette nouvelle réforme ne fait pas l’unanimité. Car outre un calendrier encore plus surchargé, le format actuel semblait avoir une certaine cote pour les supporters. Si l’Europe domine logiquement le football mondial, ce tournoi des Champions permettait aux autres clubs nettement moins mis en lumière de pouvoir rêver de s’offrir le grand d’Europe. De quoi enflammer les supporters forcément. Cette édition 2023 au Maroc ne déroge pas à la règle puisqu’encore une fois, les supporters des équipes qualifiées ont répondu présents (Wydad Casablanca, Al Ahly, Flamengo ou encore Al Hilal) en tribunes. «Cette édition est superbe. Les stades sont pleins, il y a des beaux matches, du spectacle, des buts et des surprises avec des équipes séduisantes. Le Real Madrid est en finale face à une belle équipe d’Al Hilal. C’est une réussite et on espère que la finale sera encore plus belle. Mais je n’en doute pas», nous confie Youri Djorkaeff, Champion du monde 1998 et désormais ambassadeur de la FIFA.

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Un trophée qui compte pour les supporters

Le côté élitiste de la compétition (puisqu’elle ne concerne que les clubs qui dominent leur continent) est un aspect qui plaît aux supporters. En témoignent d’ailleurs les nombreux supporters de Flamengo qui se sont déplacés jusqu’au Maroc pour soutenir leur équipe. «C’est fantastique. On n’a pas l’occasion de jouer très souvent contre des clubs comme le Real Madrid ou d’autres. Et ça permet de juger notre niveau, car le football sud-américain est sous-estimé. Malheureusement pour nous, on est sorti en demi-finale, mais je serai à la petit-finale ce samedi», nous confie André, supporter de Flamengo et qui a attendu 2 heures pour avoir son autographe de la légende brésilienne de son club Zico, présent à Rabat pour un match de gala. Dans les rues de la capitale marocaine, si l’on croise énormément de supporters brésiliens qui devront finalement se rendre à Tanger pour voir la petite finale puisque le match a été délocalisé au dernier moment, on retrouve également bon nombre de supporters du Real Madrid.

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La formation de Carlo Ancelotti va affronter le club saoudien d’Al Hilal ce samedi soir pour tenter de s’offrir un nouveau trophée et de poursuivre sur une année historique (avec la Liga et la Ligue des Champions). Ce trophée, compte d’ailleurs tout autant que les autres pour le club madrilène. Et ce ne sont pas les supporters qui vont cracher dessus.«J’ai l’occasion de voir mon club remporter un trophée facilement, je ne vais pas m’en priver (rires). Dans un palmarès, bien sûr que ça compte. Les adversaires ne sont pas du niveau Ligue des Champions, mais ça reste une compétition intéressante à suivre», nous avoue Victor, arrivé ce vendredi en provenance de Madrid pour voir son club de cœur.

Cette pensée est d’ailleurs globalement partagée par la presse espagnole comme l’explique Juan Castro qui couvre la compétition pour Marca. «En Espagne, la Coupe du Monde des Clubs, c’est vu comme la compétition à gagner et c’est tout. S’il gagne, c’est logique, mais si le Real Madrid perd, c’est la crise. Car c’est une compétition souvent gagnée par le club européen (14 fois sur 18). Donc, c’est difficile à aborder sur ce point. Pour les supporters madrilènes, c’est la même. Quand ils viennent ici, ils s’attendent à la gagner. Sinon, c’est un désastre». Le désastre, les coéquipiers de Karim Benzema chercheront à l’éviter face à une séduisante équipe d’Al Hilal qui confirme que le football saoudien est en plein essor. Cela permettrait de gonfler le palmarès (le Real est le club le plus titré de la compétition avec 4 trophées devant le Barça qui en a 3). D’ailleurs, le vainqueur de cette rencontre aura le luxe de jouer pendant un an avec le badge Champion du Monde sur le maillot. Et ça, ça devrait faire plaisir aux supporters…

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