Battu lors de deux dernières journées, l’OM s’est relancé ce vendredi à domicile face au FC Metz (3-1). Voilà les notes de cette victoire laborieuse pour les Phocéens.
Défait par l’AS Monaco le week-end dernier, l’Olympique de Marseille se devait de l’emporter, ce vendredi soir, face au FC Metz en ouverture de la 29e journée de Ligue 1. Après la victoire surprise du Paris FC contre les Asémistes (4-1), les hommes d’Habib Beye avaient une belle opportunité de recréer l’écart sur leur récent bourreau et surtout de regrimper provisoirement sur le podium. Pour cette affiche, les Phocéens se présentaient en 3-4-2-1 avec le retour de Greenwood associé à Gouiri et Aubameyang sur le front de l’attaque. En face, les Grenats, qui restaient sur deux nuls, optaient eux pour un 4-2-3-1 où Diallo officiait en pointe. Et les Marseillais ne tardaient pas à se montrer dangereux… Profitant des erreurs individuelles messines, les Phocéens se procuraient une première énorme occasion mais Aubameyang, auteur d’une frappe trop molle, ne punissait pas la terrible bévue de Sané (8e).
Le Gabonais allait pourtant se faire pardonner quelques minutes plus tard sur une nouvelle passe totalement manquée de Touré. Au terme d’un contre splendide, l’ancien joueur du Borussia Dortmund trompait Pape Sy d’une magnifique frappe dans la lucarne (1-0, 13e). En difficulté, le FC Metz subissait la pression olympienne et passait tout proche de la correctionnelle. Sur une nouvelle projection rapide de l’OM, Gouiri, servi par Greenwood, était trouvé en position idéale au coeur de la surface mais le buteur algérien manquait le cadre (21e). Dominateur, Marseille poursuivait son entreprise et passait proche du break à plusieurs reprises, à l’instar des frappes de Greenwood (30) et Gouiri (31e). Dans un fauteuil, le club phocéen pensait enfin doubler la mise mais le but d’Aubameyang, servi par Timber dans le dos de la défense, était refusé pour une position de hors-jeu (33e).
L’OM se relance
De retour sur les pelouses, Greenwood continuait lui de faire mal aux défenseurs messins mais Sy restait vigilant (39e). Malgré une domination XXL, l’OM se faisait une grosse frayeur juste avant la pause après une frappe de Hein qui touchait le poteau de Rulli (44e). Au retour des vestiaires, la rencontre s’enflammait un peu plus. Sur un corner de Hein, repoussé par la défense, Greenwood progressait jusqu’au milieu de terrain puis glissait le ballon en profondeur, plein axe, à Paixao, qui lobait Sy d’un ballon piqué du droit à l’entrée de la surface (2-0, 48e). Break fait, l’OM pensait avoir fait le plus dur mais Tsitaichvili redonnait espoir aux Grenats dans la foulée. Profitant du laxisme de la défense marseillaise et d’une réussite certaine, le milieu géorgien de 25 ans réduisait la marque d’une frappe déviée (2-1, 49e). Toujours pas à l’abri, l’OM repartait à l’attaque mais tombait sur un très grand Sy (58e, 59e).
Sauvé par son portier, le FC Metz ne lâchait rien et frôlait l’égalisation mais Rulli veillait au grain en sortant parfaitement dans les pieds de Deminguet (62e). Dans la dernière demi-heure, l’OM poussait encore mais manquait de réussite. Greenwood (64e), Gouiri (65e) ou encore Paixao (67e) ne trouvaient pas le cadre. Si Traoré et Nnadi faisaient ensuite leur entrée en jeu, Metz continuait de jouer sa carte à fond mais c’est finalement Traoré qui scellait la victoire de l’OM sur un service parfait de Gouiri (3-1, 90+3e). Avec cette précieuse victoire (3-1), l’OM retrouve provisoirement le podium en attendant les autres rencontres de cette journée. De son côté, Metz, plus que jamais lanterne rouge, file un peu plus vers la Ligue 2…
L’homme du match : Mason Greenwood (7,5) : suspendu contre Monaco, l’Anglais était de retour ce vendredi et il a fait beaucoup de mal aux Messins. Dans tous les bons coups offensifs de son équipe, il s’est montré très altruiste. Sur un contre éclair, c’est lui qui distille une passe parfaite pour l’ouverture du score de Pierre-Emerick Aubameyang. Alors qu’il aurait pu ajouter une deuxième passe décisive sans un gros raté de Gouiri (21e), l’ancien de Manchester United s’est ensuite essayé à la frappe, mais il a été éconduit à deux reprises par Sy (31e, 39e). Au retour des vestiaires, Greenwood s’est illustré avec une deuxième passe décisive sur un nouveau contre avec un caviar délivré dans la profondeur pour Igor Paixao. A l’initiative de toutes les actions marseillaises, il s’est encore heurté à Sy au retour des vestiaires (59e). Jusqu’à sa sortie à la 82e minute, il a été l’artificier des Phocéens et aurait mérité de parachever sa bonne prestation par un but. Gêné à sa sortie, il a été remplacé par Hamed Junior Traoré (82e), qui a parachevé le succès des siens en fin de match.
OM
- Rulli (5,5) : une soirée paradoxale. Même s’il ne peut pas faire forcément mieux sur le but du FC Metz au retour des vestiaires, il a été important sur de nombreuses interventions à l’image de son face-à-face remporté contre Deminguet (67e). Dans les relances, l’ancien de Montpellier n’a pas fait de folies et a été propre.
- Weah (4) : depuis le départ de De Zerbi, l’Américain peine à convaincre. Très fatigué par l’enchaînement de matches et l’absence de doublure pour l’épauler, l’ancien Parisien a été inexistant offensivement. En phase défensive, il a été mis en grande difficulté par la pile Tsitaishvili et a très mal défendu sur le but du Géorgien. Un match insatisfaisant dans l’ensemble.
- Balerdi (5) : laissé sur le banc contre Monaco, l’Argentin était relancé ce vendredi. Lors du premier acte, il a été le défenseur marseillais le plus solide. Intéressant avec de nombreux dégagements et un sens de l’interception aiguisé, il s’est parfois raté et a été mis en difficulté par la vivacité de ses adversaires. Précis dans ses relances, il s’est offert quelques percées et a été solide dans les duels aériens ce soir. Un match globalement bon pour l’Argentin même s’il peut encore plus être rassurant.
- Pavard (4) : les matches passent et se ressemblent pour le champion du monde 2018. Incertain dans certaines interventions et peureux sur d’autres, il n’a clairement pas rassuré. Son recul-frein permanent a coûté le but de la réduction de l’écart à l’OM. Même s’il s’est fait violence sur certaines situations et qu’il a su être vigoureux dans quelques duels, son manque d’assurance n’est pas de bon augure ce soir.
- Medina (4,5) : dans un rôle de défenseur gauche, l’ancien du RC Lens a réalisé un match inconstant. Assez solide défensivement malgré un Bouna Sarr dur à cerner, il a parfois été pris de vitesse et a failli coûter cher à son équipe en seconde période. D’une lenteur parfois déconcertante, il s’est souvent mal placé en phase défensive et a été souvent très agacé. Ses projections offensives ont été intéressantes et il a été un relais fiable pour ses coéquipiers dans la moitié de terrain adverse malgré quelques pertes de balles stupides. Frôlant parfois le rouge, il a été averti à la 47e minute.
- Højbjerg © (3) : en première période, il a sûrement été le joueur le plus faible du onze olympien. Lent et très incertain dans ses prises de décision, il a souvent ralenti le jeu. En plus de nombreuses pertes de balle assez honteuses pour un joueur avec son expérience, il a été bousculé dans de nombreux duels. Sur certaines séquences, il a su gratter quelques ballons. Au retour des vestiaires, il est fautif sur le but messin en ne venant pas épauler son couloir droit. Un match très compliqué même s’il a été propre sur certaines transmissions.
- Timber (6) : aux côtés du laborieux Hojbjerg, le Néerlandais a réalisé un match complet. Si l’on retire ses nombreuses possessions perdues, il a été d’une belle combativité pour la conquête du ballon et a fait parler sa technique sur de nombreuses projections. Même s’il aurait pu prendre plus d’initiatives, il a réalisé un match très consistant dans l’ensemble. Remplacé par Nnadi (82e).
- Paixão (7) : revigoré depuis l’arrivée de Beye sur le banc, le Brésilien a encore réalisé une prestation aboutie. En jambes, il a souvent pris de vitesse Kouao même s’il a souvent cherché à combiner dans l’axe. Technique, il a brillé sur quelques situations même s’il s’est enflammé quelques fois. Lancé dans la profondeur par Greenwood, il n’a pas tremblé au moment de marquer avec un superbe lob au-dessus de Sy (48e). Au-delà de sa grande activité en phase offensive, il a montré un état d’esprit irréprochable en venant prêter main forte à Medina en phase défensive et ses replis lui ont permis de gratter quelques ballons et de dégager quand les Messins devenaient de plus en plus dangereux.
- Greenwood (7,5) : voir ci-dessus.
- Gouiri (4,5) : dans un rôle d’ailier un peu axial, il a réalisé un match sans sel. Perturbé par l’apport de Paixao sur son côté, il n’a jamais su trouvé sa place jusqu’à la sortie d’Aubameyang. Vendangeant de nombreuses actions (21e, 82e), il a été d’un manque de justesse inquiétant face au but. Dans le jeu, l’international algérien n’a pas apporté grand-chose même s’il a été plus en vue à la sortie d’Aubameyang. Sa passe décisive sublime pour Hamed Junior Traoré en fin de match sauve sa prestation qui n’a pas été aidée par le choix tactique de Beye.
- Aubameyang (6) : aligné à la pointe de l’attaque, le Gabonais a mal commencé son match avec un face-à-face raté de manière grotesque face à Sy (9e). Même s’il s’est rattrapé avec une finition légèrement chanceuse quelques minutes plus tard (17e), l’ancien de Chelsea n’était pas dans un bon jour face au but. Et même quand il a réussi à marquer, l’arbitrage lui a retiré ce but pour un hors-jeu juste (32e). Peu trouvé par moment, il a perdu quelques ballons pour des initiatives trop présomptueuses et a perdu du gaz au fil des minutes.
Metz
- Sy (6) : présent dans la cage messine, le Sénégalais a tout simplement subi les assauts marseillais en essayant d’être le héros des visiteurs. Juste avant le premier quart d’heure de jeu, Aubameyang a placé le cuir dans son but en lucarne, sans se poser de questions (14e). Sous pression, le rempart a continué sa rencontre en étant sollicité par les frappes de Greenwood et du Gabonais (29e, 30e). Sur l’action suivante, le joueur de 36 ans l’a humilié dans sa surface. Heureusement, il se trouvait en position de hors-jeu (32e). Sans se laisser abattre, il a sauvé les siens sur une nouvelle frappe de Greenwood grâce à une superbe parade au sol (39e). Sa soirée s’est ensuite poursuivie dans la douleur. Paixao s’est régalé devant lui pour le mystifier grâce à un lob remarquable (48e). Sur une tête à bout portant de Balerdi, le portier a enchainé les miracles, notifiant une réelle force de caractère (57e). Il ne peut rien faire sur le troisième but en fin de match (90+3).
- Kouao (3,5) : le latéral droit a vécu une première période assez douloureuse. Sans repères ni options, il a tout simplement couru sans ballon. Devant Paixao et Timber, celui-ci est resté fébrile, comme s’il ne pouvait pas respirer. Aucune combinaison à signaler lorsque les Marseillais se découvraient, autant dire qu’il baissait la tête à la pause. Puis, les siens ont retrouvé de l’espoir et il a certainement voulu se rendre utile. S’il est resté assez inactif de manière générale, il a été au bout de son match en ayant un carton jaune au-dessus de la tête (84e).
- Sané (3) : placé dans la charnière centrale, le Mosellan était confronté à des locaux bouillonnants ce soir. Il s’est même mis en danger tout seul dès l’entame. Une passe effectuée maladroitement à Aubameyang aurait pu lui coûter l’ouverture du score (9e). Puis, lors d’une contre-attaque, il est complètement à la ramasse et laisse Aubameyang inscrire le premier but de la rencontre (14e). Ensuite, le numéro 38 manquait de réactivité dans les airs, mais se montrait un peu plus solide dans ses replis défensifs. Cependant, tout a été difficile par la suite. Les Marseillais ont persévéré pour arracher la victoire et il est resté inactif dans sa zone.
- Gbamin (3) : l’arrière-garde a eu un sacré job ce soir face aux hommes d’Habib Beye. Il a vécu un début de soirée chaotique, ne montrant rien d’enthousiasmant à l’extérieur. Il est effectivement en retard sur le premier but inscrit par Aubameyang (14e) et n’a pas su rester combattif quand les Marseillais voulaient le titiller. Si le défenseur voulait apporter sa solidité avec Sané, il ne faisait que souffrir. Celui-ci a aussi montré des signes de fatigue. Il n’osait aucune intervention brutale et se laissait avoir dans son dos. Absent sur le troisième but, sa soirée a été plus qu’affreuse pour lui.
- Colin (3) : sur son couloir gauche, le latéral était dans l’ombre et il a totalement été dépassé par ses adversaires. Un manque d’impact et de mouvements l’ont laissé souffrir comme son pendant du côté droit durant le premier acte. Après la pause, il a eu des sautes de concentration. Le latéral a même obtenu un carton jaune suite à un manque d’intelligence (56e). Si Weah et Greenwood se sont amusés, le joueur de couloir était complètement perdu. Très peu convaincant ce soir, il a été remplacé par Fodé Ballo-Touré (82e).
- Deminguet (4) : dans un rôle de numéro 6, le joueur de 28 ans a essayé de se mettre en jambes entre les lignes. Cependant, il a été contraint de bloquer les passes marseillaises, fermer les portes et courir sans relâche. Le milieu de terrain naviguait dans tous les sens, mais finalement celui-ci peinait à construire. Le manque de proposition était flagrant dans l’intervalle et il se confrontait à des locaux hargneux au pressing. Il n’a pas pu se projeter, prendre ses aises et mettre ses idées en place. Après l’heure de jeu, celui-ci a enfin trouvé la lumière puisqu’il a tenté une frappe face à Rulli (62e). La créativité n’a donc pas été son point fort. Remplacé par Nathan Mbala (82e) qui a tenté une frappe soudaine, terminant malheureusement dans les airs.
- Touré (3,5) : le jeune milieu de terrain n’a rien apporté entre les lignes face aux Olympiens. Certes, il est resté focus, impliqué et professionnel au Vélodrome, mais il manquait sans cesse de rythme. Il ne pouvait pas se permettre de poser le jeu et était donc dans le doute quand il fallait faire circuler les ballons. Après la pause, il a essayé d’effectuer un marquage rigoureux, mais ce n’était pas assez pour soulager les visiteurs. En fin de compte, il a souvent fait les efforts dans le vide en remisant quelques ballons en retrait. Remplacé par Lucas Michal (87e).
- Sarr (6) : le numéro 70 était de retour au bord de la Méditerranée où il avait passé cinq années. Celui-ci a d’ailleurs aidé les siens ce soir, notamment lorsque les coups de mou se profilaient face aux Phocéens. Il a effectué quelques courses vers l’avant pour apporter du surnombre, même s’il manquait cruellement de soutien. Trop seul lorsque le jeu s’orientait dans sa zone, l’ancien Marseillais a douté mais il a fait preuve d’engagement. Il a d’ailleurs montré un visage conquérant, puisque sa maîtrise balle au pied était au rendez-vous. Défensivement, il rentrait dans l’intérieur du jeu pour bloquer les passes et restait combatif.
- Hein (5,5) : titularisé en soutien de Diallo, le numéro 10 de Metz a tenté de mettre du rythme dans les transitions au cours du premier acte. Cependant, ses adversaires ont monopolisé le ballon et celui-ci n’avait que très peu d’options en phase offensive. Sa seule réalisation tranchante a été une frappe sur le poteau droit de Rulli (44e). Après la pause, c’est lui qui a délivré la passe décisive à Tsitaishvili et a pu redonner de l’espoir aux siens (49e). Capable de se projeter un peu plus qu’auparavant dans l’autre moitié de terrain, il est resté impliqué. L’expérimenté était d’ailleurs très dérangeant pour l’OM avec son pressing.
- Tsitaishvili (6) : le Géorgien de 25 ans devait faire les allers-retours sur son couloir. Assez remuant en début de match, il a d’ailleurs essayé d’apporter du danger côté gauche avec un centre, dégagé par Balerdi (13e). Puis, après une course assez folle, l’ailier est allé au duel avec l’Argentin. Il est malencontreusement sorti perdant (26e). C’est l’un des seuls qui a créé des décalages avant la pause. S’il s’est démarqué de ses coéquipiers, c’est aussi grâce à un but au retour des vestiaires. L’attaquant a frappé du gauche en donnant une trajectoire surprenante au ballon qui a donc trompé Rulli (49e). Virevoltant jusqu’au bout de la soirée, il a voulu aider les siens en offrant des situations dangereuses aux visiteurs.
- Diallo (2,5) : le buteur sénégalais a activé le mode fantôme durant les quarante-cinq premières minutes. Il n’a eu aucune occasion à se mettre sous la dent et son apport offensif laissait à désirer. Si les attaquants marseillais se trouvaient facilement, lui était dans l’ombre de la défense sudiste. Le capitaine des visiteurs a d’ailleurs poursuivi sur cette lancée par la suite. Si ses coéquipiers tentaient de déstabiliser les Olympiens en seconde période, rien ne lui a souri pour autant.