Ligue Europa : le retour au sommet des Glasgow Rangers

Entre leur finale de Ligue Europa face à l'Eintracht Francfort ce mercredi soir et celle disputée en Coupe de l'UEFA en 2008 face au Zénith Saint-Petersbourg, les Glasgow Rangers ont eu le temps de mourir puis de renaître de leurs cendres, après avoir été rétrogradés en quatrième division.

La joie des Rangers après leur sacre en championnat
La joie des Rangers après leur sacre en championnat ©Maxppp
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Un grand club ne tombe jamais dans l'oubli. Il peut trébucher, mais il se relèvera toujours. C'est le cas des Glasgow Rangers, détenteurs, avec leurs 55 titres de champion d'Ecosse, du record mondial de championnats nationaux remportés. Ayant également glané 27 Coupes de la Ligue Ecossaise et 33 Coupes d'Ecosse, The Gers sont une référence absolue dans leur pays, mais également dans tout le Royaume-Uni, car les Rangers sont le premier club britannique à avoir accédé à une finale européenne. C'était en 1961 lors de la défaite face à la Fiorentina en finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe. Ils remporteront d'ailleurs ce trophée en 1972 face au Dynamo Moscou, après s'être inclinés une seconde fois en finale en 1967 (face au Bayern).

Un cador déchu

Accompagnés de leurs fidèles supporters toujours prêts à retourner le mythique et incandescent Ibrox Park - qui, pour l'anecdote, regroupait 118 567 personnes le 2 février 1939 lors du Old Firm face au Celtic, un record pour un match de championnat britannique - the Light Blues n'ont pu empêcher, malgré ce pedigree national et international construit au cours d'une longue histoire, la rétrogradation du club en quatrième division pour cause de trop grosses dettes auprès du fisc britannique. Envoyés jouer à travers les Highlands, quelques années seulement après avoir disputé, mais perdu face au Zenith Saint Pétersbourg, une finale de Coupe de l'UEFA, ancêtre de la Ligue Europa, les Rangers ne perdaient pas de temps dans leur quête de la gloire perdue.

Logiquement, avant de démarrer une incroyable ascension, il faut être au pied de la montagne. Les Rangers chutèrent donc de leur sommet de manière aussi soudaine qu'extrême. En effet, les problèmes commençaient sérieusement lors de la saison 2011-2012, alors que le club avait accumulé des dettes colossales, à hauteur de 166 millions d'euros, dont 115 auprès du fisc britannique. En février 2012, les Rangers demandaient le redressement judiciaire, mais après une liquidation, des ventes d'actifs et un consortium rejeté, The Gers, qui n'avaient connu que la première division, depuis leur accession en 1890, étaient envoyés, après le vote de 25 des 30 clubs professionnels, au quatrième échelon du football écossais.

Une remontée express

Démarrant ainsi la saison 2012-2013 en League Two en étant interdits de recrutement, the Teddy Bears, surnom donné pour la rime avec le mot Rangers prononcé avec l'accent écossais, se débrouillaient pour constituer un effectif compétitif. Alors que seulement trois joueurs acceptaient d'accompagner le club de la D1 à la D4, l'équipe était composée de jeunes formés au club, de joueurs sans contrat souhaitant relancer leur carrière, ou encore d'amoureux du club désirant l'aider à retrouver sa gloire d'antan. Les deux premières saisons se passèrent sans accroc puisque le club enchainait deux montées consécutives grâce à un niveau de jeu supérieur à celui de ses adversaires, et à un soutien toujours infaillible des Glaswégien, qui étaient près de 50 000 à Ibrox pour un match de D3. Un record mondial.

Après avoir été battus dans la course à la montée par Heart of Midlothian lors de leur première saison en Scottish Championship (D2), les Rangers, devenaient la saison suivante, le premier club écossais à remporter le titre dans les quatre premières divisions. Ils retrouvaient donc l'élite à l'issue de la saison 2015-2016, après quatre ans d'absence. Les deux premières années étaient correctes : le club terminait à chaque fois sur la 3e marche du podium. Cependant le rival, le Celtic Glasgow, dominait encore largement les débats. Consciente qu'il fallait changer quelque chose pour impulser un nouveau cycle, la direction plaçait alors la légende de Liverpool, Steven Gerrard, sur son banc. Grâce à son aura, l'ancien milieu de terrain parvenait à convaincre des joueurs aguerris comme Jon Flanagan ou encore Jermain Defoe de le rejoindre dans le sud de l'Ecosse.

De retour sur son trône

Après avoir terminé deuxième du championnat lors de sa première saison sur le banc, l'actuel manager d'Aston Villa voyait son deuxième exercice être stoppé par la pandémie de Covid-19. Le championnat fut arrêté et ne reprit jamais, laissant les Rangers terminer la saison une nouvelle fois en seconde position derrière le Celtic. Cependant l'hégémonie des Bhoys prenait fin la saison suivante, lors de l'exercice 2020-2021. En effet, malgré les huis clos toute la saison, les Rangers réalisaient un exercice incroyable au cours duquel ils ne perdaient aucune rencontre, même s'ils ne parvenaient pas à rééditer l'exploit des 1899 et les 100% de victoires. Emmenés notamment par Alfredo Morelos, Kemar Roofe, Ianis Hagi, fils de Gheorghe, le Maradona des Carpates, et par leur capitaine et latéral droit très offensif, James Tavernier, The Gers terminaient le championnat avec 25 points d'avance sur leur rivaux.

Alors que cette saison, le Celtic récupérait sa couronne,, les Rangers se concentraient sur la Coupe d'Europe, qui aurait pu être la Ligue des Champions s'ils avaient su se défaire de Malmö lors du 3e tour de qualification. Après avoir éliminé le club arménien Alashkert Yerevan en barrage, les Ecossais se retrouvaient dans le Groupe A de Ligue Europa en compagnie de Lyon, du Sparta Prague et de Brondby. Alors qu'ils avaient perdu leur deux premiers matchs face aux Français et aux Tchèques, les hommes de Giovanni Van Bronckhorst, arrivé en novembre pour remplacer Gerrard parti à Aston Villa, parvenaient à terminer deuxième de leur poule grâce notamment à des victoires face à Prague et Brondby.

L'épopée européenne

Quand en 2007-2008, The Light and Blues étaient repêchés en Coupe de l'UEFA après avoir terminé 3es en Ligue des Champions derrière le FC Barcelone et l'Olympique Lyonnais, ils avaient ensuite éliminé successivement le Panathinaikos, le Werder Breme, le Sporting Portugal et la Fiorentina afin de se hisser en finale face au Zenith Saint Petersbourg. Cette saison, leur parcours a été tout aussi beau. Ne perdant aucun match à domicile lors de la phase à élimination directe, ils éliminaient Dortmund en 16e de finale après une belle victoire au Signal Iduna Park lors du match aller (2-4), avant de se défaire successivement de l'Etoile Rouge de Belgrade puis du Sporting Braga après une défaite au match aller face aux Portugais. Le défenseur Leon Balogun révélait d'ailleurs à l'issue de la victoire face au BVB : «avec cette relégation, on sait ce qu'ont enduré les gens ici, ils défendent leur club, peu importe les conditions.»

Opposés aux Allemands de Leipzig en demi-finale, les Rangers s'inclinaient (1-0) lors du match aller mais renversaient totalement la tendance lors du retour dans un Ibrox Park une nouvelle fois prêt à exploser (3-1). Ils retrouveront ainsi en finale un troisième club allemand cette saison, l'Eintracht Francfort, pour un remake de la demie de Coupe des Clubs Champions de 1960 remportés par les Allemands. L'ailier Ryan Kent, au club depuis 2019, indiquait à Skysports l'état d'esprit qui anime son équipe : «ce voyage a été une belle lutte, chaque année nous avons voulu progresser plus loin que l'année précédente et nous avons réussi à le faire en atteignant la finale. Nous aborderons ce match avec le même état d'esprit que celui qui nous a animés tout au long de la compétition. Nous avons affronté des adversaires de premier ordre et rien ne change avant la finale.» L'objectif est annoncé : repartir de Séville avec le deuxième titre européen de l'histoire du club afin de combler tout leurs fidèles supporters.

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