Le Havre - PSG : les notes du match

Par La Rédaction FM
14 min.
Kylian Mbappé sous les couleurs du PSG face au Havre @Maxppp

En déplacement au Havre ce dimanche, le PSG s’est imposé (2-0) au terme d’un match qui avait pourtant démarré à l’envers, avec la sortie sur blessure de Fabian Ruiz et l’expulsion de Gianluigi Donnarumma. Mais au bout du compte, les Parisiens confortent leur place de leader et distancent Nice de quatre unités.

Après avoir arraché un point du match nul inespéré au Parc des Princes face à Newcastle en Ligue des champions (1-1), le Paris Saint-Germain devait conforter son trône de leader et ainsi creuser l’écart avec son dauphin, l’OGC Nice, battu à Nantes samedi soir. Cela passait par un déplacement au stade Océane pour y affronter Le Havre, neuvième avant cette rencontre. Le technicien espagnol Luis Enrique alignait un onze inédit, avec une défense bricolée : Nordi Mukiele rejoignait Danilo Pereira en défense centrale tandis que Carlos Soler, devenu le couteau de son coach et compatriote, occupait le poste de latéral gauche. Et le début de match pour le club de la capitale était proche du cauchemar. Sur un corner mal géré par la défense parisienne, Gautier Lloris était mis en échec par Soler, héroïque devant sa ligne (7e). Le milieu de terrain espagnol Fabián Ruiz se tordait l’épaule et devait quitter les siens quelques instants plus tôt, avant d’être sorti des bords du terrain sur civière (8e).

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Deux minutes minutes plus tard, Gianluigi Donnarumma était coupable d’une sortie assassine sur Josue Casimir en dehors de la surface, obligeant l’arbitre à sortir le rouge pour réduire le PSG à 10. Pour avoir un dernier rempart, le coach parisien sortait Bradley Barcola, titulaire pour la cinquième fois seulement en L1, pour offrir sa première à Arnau Tenas, arrivé cet été libre en provenance du FC Barcelone. Et si le club de la capitale pouvait sembler diminué face aux locaux, Ousmane Dembélé trouvait un Kylian Mbappé létal à l’entrée de la zone de vérité. Le capitaine parisien s’aidait du poteau gauche d’Arthur Desmas, pourtant décisif devant Dembélé (20e), pour faire trembler les filets et ouvrir le score pour les siens (1-0, 23e), pour son 15e but en championnat. L’attaquant-vedette était même proche d’inscrire un doublé après la première demi-heure, mais sa position illicite au départ de l’action annulait le but du break (32e).

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Les Ciel et Marine mal payés

Dans l’autre surface avant la pause, Casimir se jouait d’Achraf Hakimi d’un joli contrôle mais croisait trop sa frappe du gauche face à un Tenas (42e). Au retour des vestiaires, le portier catalan se montrait enfin décisif devant sa ligne en claquant la tentative en demi-volée de Yassine Kechta (51e). Les Hacmen mettaient le pied sur le ballon (plus de 80% de possession de la 45e à la 55e) tentaient plusieurs centres dans cette entame de seconde période, dans le jeu ou sur coups de pied arrêtés, mais aucun offensif n’était vraiment présent pour couper la trajectoire et mettre à mal l’arrière-garde rouge-et-bleu. Contrairement à son homologue italien, Desmas sortait bien de sa surface pour couvrir la profondeur et anticiper l’appel de Mbappé (57e). L’ancien Clermontois était ensuite heureux de voir le tir croisé de Dembélé heurter son poteau droit (60e). Sur un centre rentrant dévié par Danilo, Tenas réalisait une parade réflexe pour calmer les ardeurs normandes (64e).

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Le défenseur portugais jouait son rôle de sauveur à la perfection, présent pour s’interposer avant le dernier geste adverse (68e, 69e). Toujours dangereux en contre, Vitinha voyait Christopher Operi couper son centre au dernier moment pour Dembélé (70e). Durant le dernier quart d’heure, Nabil Alioui (76e) et Antoine Joujou (83e) rataient le cadre parisien de peu, tandis que Tenas s’employait à trois reprises pour garder ses cages inviolées (77e, 85e). Mbappé était encore tenu en échec par le pied gauche de Desmas dans un angle fermé dans la surface (88e), avant que Vitinha ne scelle enfin la victoire parisienne d’une belle frappe légèrement déviée en dehors de la surface (2-0, 89e). Les quatre minutes de temps additionnel ne changeaient rien au score final (2-0). En infériorité numérique pendant plus de 80 minutes, le PSG s’impose en Normandie et prend désormais quatre points d’avance sur Nice. Le Havre, quant à lui, enchaîne un troisième match sans victoire et reste bloqué en bas de première partie de tableau.

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L’homme du match : Tenas (8) : entré suite à l’expulsion de Donnarumma, l’Espagnol a fait voler en éclat le contexte piégeux qui se dessinait devant lui. Si sa première prise de balle est intervenue avant la pause, il a souvent été sollicité au retour des vestiaires, et a constamment rassuré. Auteur d’une belle claquette devant Kechta (51e), il est également vigilant en s’employant devant Bayo quelques instants plus tard (58e). Une nouvelle parade réflexe (64e) puis un double-arrêt exceptionnel devant Alioui (79e). Dans le jeu au pied, il s’est également apparenté à un masque à oxygène pour sa défense. Une première plus que réussie.

Le Havre :

- Desmas (6) : le portier de 29 est parfaitement rentré dans son match avec son arrêt décisif sur Mbappé où il s’étend bien (20e). Mais le génie français se venge dans la foulée en ouvrant son pied, Desmas est masqué et ne peut rien faire (0-1, 23e). Il est bien sorti avec ses gants sur le contre parisien (27e), ainsi qu’avec ses longs compas (57e). Il est sauvé par son poteau sur la frappe de Dembélé (60e). Il est déterminant sur Mbappé du bout du pied (88e), avant d’être trompé sur le tir lobé de Vitinha (0-2, 89e), malheureux.

- Operi (4) : une première mi-temps trop imprécise pour aider ses partenaires avec du déchet (18e, 45e). Il s’est cherché techniquement et s’est fait manger par Hakimi sur son couloir (28e, 30e). Operi n’a pas non plus réglé la mire sur ses centres, lisibles et téléphonés. Il a été averti après avoir touché la balle de la main, pas loin d’être volontaire (68e). Il a réalisé un magnifique retour sur Dembélé après un corner mal joué de la part du HAC (70e).

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- Lloris (5,5) : il peut s’en vouloir de ne pas avoir ouvert le score après le cafouillage dans la surface parisienne, lorsqu’il hérite du ballon et qu’il tire dans l’axe de la cage, une frappe sauvée par Soler sur sa ligne (7e). Mais le défenseur havrais s’est repris et a été impérial à de nombreuses reprises, notamment sur Dembélé (16e, 38e). Il a fait preuve d’une belle lecture pour anticiper les dribbles de ses adversaires. Il contre malheureusement le tir de Vitinha pour venir crucifier le HAC (0-2, 89e).

- Kinkoue (4) : dans l’axe de la défense du HAC, il n’a pas été très inspiré. Pire, il est mal sorti sur Mbappé et lui a laissé la profondeur avant que Desmas ne le sauve (20e). Il s’est montré particulièrement fébrile (27e) et a laissé un peu trop d’espace au Bondynois, pourtant esseulé après la sortie de Barcola dans l’axe.

- Sangante (5,5) : le capitaine havrais a livré un sacré défi à Mbappé dès les premiers instants de la rencontre (14e). Solide sur ses appuis et en forme physiquement, il a été tonique pour contrarier le buteur du PSG, même si ce dernier a tout de même trouvé la faille (0-1, 23e). Il a su casser des lignes et changer le jeu à l’aide de sa qualité de passe, toujours utile (35e). Le HAC a poussé en deuxième période et il laisse sa place à Grandsir (87e).

- Casimir (5) : il a fait preuve d’abnégation et n’a pas rechigné sur les tâches défensives pour récupérer de nombreux coups de sifflets (37e, 45e). C’est surtout lui qui fait exclure Donnarumma grâce à son appel bien pensé (10e). Il avait pourtant pris le coude de Mukiele (2e). Casimir a cependant manqué de justesse dans le dernier geste, à l’instar de sa grosse occasion avant la pause, où il réalise un joli contrôle pour éliminer Hakimi avant de croiser sa frappe, hors-cadre (42e). Il est remplacé par Sabbi après avoir tout donné (66e).

- Touré (4,5) : l’ancien nantais a tout essayé pour mettre du rythme quand son équipe s’est endormie après l’ouverture du score de Mbappé (0-1, 23). Il s’est même énervé sur ses coéquipiers, à cause du manque de solutions devant lui (33e). En pointe basse, il n’a pas eu d’apport offensif et sort à la pause, pour permettre à son équipe de revenir au score (45e). Joujou (5) fait son entrée en jeu. Le jeune joueur de 20 ans a été plutôt intéressant, même s’il peut certainement mieux faire à la finition (83e).

- Kuzyaev (5) : le Russe a, comme souvent, pris des initiatives pour tenter d’apporter du danger dans la surface adverse. Il a fait plusieurs appels, sur l’aile droite, pour libérer de l’espace, mais a été neutre dans l’entrejeu. Il a perdu patience par moment en se précipitant, ce qui a eu le don de frustrer Casimir et Nego (27e). Du mieux après la pause, où il accélère et fluidifie le jeu du HAC, comme sur sa belle transmission à destination d’Alioui qui était pas loin d’égaliser (78e).

- Nego (3) : titularisé dans un système hybride, il a eu le couloir droit pour lui, mais il n’en a pas fait grand chose. Rarement dans le bon tempo, il n’a pas fait le liant avec les siens (16e, 44e). En face, Soler, milieu de terrain, n’a pas été inquiété alors qu’il évoluait en tant que latéral gauche. Nego n’en a pas profité. Il sort à la mi-temps, remplacé par Alioui (6). L’entrant a changé la donne, sans faire mouche. Il se met à l’œuvre sur ses tentatives mais tombe sur un Tenas XXL (75e, 78e). Il a gagné des points.

- Kechta (4) : beaucoup trop timide en première mi-temps, le meneur de jeu n’a pas su se mettre dans les bonnes dispositions pour faire parler sa vivacité et son audace. Il n’a jamais vraiment combiné avec Bayo, mais se met en lumière sur sa volée du gauche au retour des vestiaires (51e). Il a ensuite été plus actif en allant chercher le ballon dans les pieds et ça s’est fait ressentir pour le HAC. Il a manqué de jus sur la fin, et de coffre sans doute (77e). Il est remplacé par Ndiaye (80e).

- Bayo (4) : l’attaquant de 25 ans a été sevré de ballons. La faute à un PSG réduit à 10, retranché dans son camp, mais aussi à la passivité de l’ex-lillois. Insuffisant. Il n’a pas été disponible pour ses coéquipiers et a raté ses remises (31e). Il aurait sûrement pu mieux faire lorsqu’il ouvre son pied, directement dans les gants de Tenas (58e). Une action lisible à des kilomètres qui illustre la rencontre de Bayo, naïf dans son jeu. Pas loin d’égaliser en fin de match (85e), mais court, encore.

PSG :

- Donnarumma (non-noté) : auteur d’une sortie capitale en début de match (7e), l’Italien s’est montré nettement moins inspiré quelques instants plus tard. Sur un ballon anodin, il a découpé Casimir à ses 25 mètres (10e). Une sortie qui lui a logiquement valu d’être expulsé.

- Hakimi (6) : une rencontre ouverte aux courants d’air. Animateur de son couloir, le Marocain a fait vivre un supplice à Operi sur le côté droit. Dans le dos de son vis-à-vis, il s’est régalé en exploitant en permanence les espaces béants qui s’offraient à lui, même s’il a parfois manqué de précision dans le dernier geste. Rarement inquiété défensivement où il a livré un duel de tous les instants à Kechta, il doit en revanche se montrer moins naïf sur cette action de Casimir où il se jette et se laisse embarquer (43e). Il n’est pas loin d’être passeur décisif pour Dembélé (60e).

- Danilo Pereira (8) : infranchissable, le Portugais a tenu son rang pour apporter de la sérénité à son équipe. Auteur de plusieurs bons jaillissements (2e, 5e, 43e, 68e), notamment quand son équipe était submergée par les vagues havraises, l’ancien de Porto a également joué le pompier de service grâce à une lecture du jeu souvent impeccable (53e, 68e, 69e, 73e, 83e). Une nouvelle performance qui vient confirmer qu’il fait partie de ces hommes de l’ombre sur lesquels Luis Enrique pourra s’appuyer cette saison.

- Mukiele (4) : peu souverain dans sa zone, l’ancien Lavallois a été le visage de la déficience parisienne dans sa surface en première période. Il doit être plus saignant et moins attentiste devant la sortie finalement ratée de Donnarumma aux 25 mètres. Une gestion de la profondeur qui a également laissé à désirer face aux appels constants de Casimir dans son dos. Il a su rectifier le tir au retour des vestiaires avec plusieurs interventions intéressantes (48e, 54e, 66e), avant de quitter la pelouse. Remplacé par Skriniar (75e).

- Soler (3) : dans un poste de latéral gauche qui ne lui colle décidément pas à la peau, l’Espagnol a livré une prestation sans relief. Coupable d’une grossière erreur de relance en début de rencontre, il se rattrape dans la foulée avec un sauvetage sur sa ligne de but (7e). Des étourderies avec le ballon, à l’image de sa passe aérienne et très dangereuse dans l’axe (30e). Au retour des vestiaires, il a souvent tiré la langue lorsque Joujou est venu le fixer. Un couloir gauche en manque de repères avec Mukiele et un apport offensif famélique. Remplacé par Hernandez (75e).

- Vitinha (7) : le meilleur milieu de terrain parisien aujourd’hui. Comme souvent depuis le début de saison, le Portugais a su créer du liant avec ses attaquants, même quand son équipe était confrontée aux vents contraires et réduite à 10. Souvent placé entre les lignes, il s’est attelé à contrôler le jeu dans la salle des commandes et a souvent été à l’origine des situations de son équipe. Il offre un bonbon à Dembélé sur une transition rondement menée (70e) et s’offre son 4e but de la saison avec réussite sur une frappe contrée en fin de match (89e).

- Ruiz (non-noté) : sorti sur blessure, remplacé par Manuel Ugarte (6) dès la 8e minute de jeu. L’Uruguayen a d’abord confirmé sa période de moins bien, avant de monter en régime. Souvent transpercé par les transitions normandes en première période, il a également été l’auteur de plusieurs pertes de balles dangereuses, finalement sans incidence. Beaucoup mieux au retour des vestiaires avec de l’impact et une relation technique intéressante avec Vitinha.

- Lee (6) : sur le but de Mbappé, sa percée à la source créé la suite de l’action. Intéressant dans la conservation du ballon, capable de récupérer des fautes sur les temps faibles, le sud-Coréen a permis à son équipe de se donner de l’air sur certaines séquences. Comme souvent lorsque Luis Enrique lui a fait confiance cette saison, il a fait don de soi sans penser à ses intérêts.

- Dembélé (6) : on pourra toujours lui reprocher son absence d’efficacité parfois handicapante, mais l’international français a encore montré que son rôle allait au-delà de la fiche statistique. Sur le but de Mbappé, son déplacement est fondamental et c’est d’ailleurs lui qui sert son coéquipier pour sa 5e passe décisive de la saison. Dans une autre dimension, son jeu intérieur a souvent ouvert des espaces à Hakimi dans le couloir. Un poison par ses déplacements et une relation en voie de développement avec Mbappé. Il aurait également pu marquer mais a finalement vu sa frappe heurter le poteau à l’heure de jeu. Remplacé par Kolo Muani (75e), remuant mais qui doit mieux négocier ce contre avec Mbappé (81e).

- Mbappé (6) : létal. S’il a buté sur Desmas avec une frappe pas assez croisée en début de match, il a laissé le gardien havrais pantois quelques minutes plus tard. Servi par Dembélé, le natif de Bondy a déclenché une frappe soudaine et clinique à l’entrée de la surface, favorisée par l’aide du poteau (23e). Ses relais avec Dembélé ont parfois sonné les défenseurs havrais, mais l’absence d’un troisième homme l’a souvent rattrapé. Sur un rush en solitaire dont il est le seul à connaître le secret, il aurait pu être passeur décisif pour Vitinha (70e). Du déchet par séquence (63e, 86e) mais au bout du compte, il permet encore à son équipe de s’imposer avec un 15e but en 13 matches.

- Barcola (non-noté) : malheureux, l’ancien de l’OL a été remplacé par Arnau Tenas (8) suite à l’expulsion de Donnarumma. voir-ci dessus

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