Armand Traoré : «si personne ne me donne ma chance...»

Libre comme l'air depuis janvier, Armand Traoré espère retrouver un club pour oublier des derniers mois compliqués, entre galères en Turquie et coup du sort à Cardiff. Le latéral gauche international sénégalais de 30 ans, passé par Arsenal, la Juventus ou QPR, s'est ouvert pour Foot Mercato, espérant qu'une écurie réponde à son appel.

Armand Traoré, ici sous le maillot de Notthingham contre Leeds, s'est confié pour FM
Armand Traoré, ici sous le maillot de Notthingham contre Leeds, s'est confié pour FM ©Maxppp

Si vous êtes directeur sportif et que vous êtes à la recherche d'un latéral gauche expérimenté pour la saison prochaine, le marché vous offre une opportunité à saisir. Armand Traoré (30 ans) est en effet libre comme l'air. Le défenseur se tient prêt à relever un nouveau challenge. Revanchard, l'international sénégalais (6 sélections) souhaite oublier deux dernières années très compliquées, racontées au micro de Foot Mercato. « Je suis en train de vivre une galère totale depuis presque deux ans. En 2017/18, je monte en Premier League avec Cardiff City. Cet été-là, je signe en Turquie, à Rizespor. On m'a vendu du rêve, en me disant qu'au bout d'une saison, si j'aidais bien l'équipe, je partirais à Fenerbahçe. Je me suis fait berner », nous a-t-il confié.

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Le début du cauchemar. « Ils devaient me payer une bonne partie de mon salaire avant mon arrivée pour le stage de préparation. Ils ne m'ont pas payé pendant des mois et des mois. C'était un peu chaud, avec ma famille restée en Angleterre à charge... J'ai pris un avocat pour envoyer des lettres au club. Ils n'ont pas aimé, ils ont décidé de me dégager, de m'interdire de centre d'entraînement, de m'envoyer avec les U23 et de me faire la misère. J'ai fait une saison blanche. Je m'entraînais même parfois seul. En semaine internationale, alors que tout le monde était off, on me demandait de venir m'entraîner, seul sur un terrain... On me refusait des permissions pour rentrer voir ma famille... Ça a gâché ma carrière de signer là-bas. Ce qu'ils m'ont fait, c'était inadmissible », regrette-t-il, encore amer.

La poisse en Turquie et à Cardiff

De retour en Angleterre à l'été 2019, après avoir finalement résilié, il doit, pas franchement aidé par sa saison blanche, attendre le mois d'octobre pour retrouver un club. «Grâce à Dieu, je resigne à Cardiff jusqu'en janvier avec Neil Warnock, qui voulait voir comment je revenais. Et là, 48h après ma signature, il décide de démissionner... Son remplaçant Neil Harris, un Anglais à l'ancienne, m'a vite fait comprendre que je ne resterai pas après janvier. Depuis, je cherche un club», explique-t-il, lassé de voir ses différents interlocuteurs souligner sa longue période d'inactivité. «Si personne ne me donne ma chance...», lance-t-il. La paralysie du football mondial, liée à la pandémie de Covid-19, rebattra peut-être les cartes. Il se tient prêt.

«Je me suis mis à la boxe depuis janvier. Il y avait un vide à combler avec l'absence des entraînements auxquels j'étais habitué depuis 15 ans. Je me suis donc mis à boxer. Niveau cardio, ça n'a rien à voir. Ça me garde en forme. Je cours également beaucoup. Je fais des activités avec ballon aussi deux-trois fois par semaine», a-t-il raconté, prêt à effectuer des essais pour démontrer sa motivation. «Un essai, j'y vais direct. Je veux prouver que je suis là, que je peux m'entraîner, que je peux encore travailler. Il n'y a pas d'ego. Je veux juste travailler. Ça me fait chier de rester à la maison alors que je vois des latéraux jouer et que je me sens capable de faire aussi bien. On cherche !», a-t-il affirmé, ouvrant évidemment la porte à la Ligue 1.

«La Ligue 1 ? Ça failli se faire...»

«Je n'ai jamais joué en France au niveau professionnel. Je suis parti tôt de Monaco. J'aimerais bien jouer en France. Ça pourrait m'intéresser bien sûr. Ça a failli se faire deux fois par le passé. Une fois à Lille, j'avais rencontré Hervé Renard et visité les installations. Une fois à Marseille aussi», a-t-il lâché, désireux de partager sa riche expérience accumulée notamment à Arsenal, dont il ne garde que «des bons souvenirs avec des gars comme Sol Campbell, Thierry Henry, Fredrik Ljungberg, Dennis Bergkamp ou encore Robert Pires», à Portsmouth, où le nul contre «le grand Milan de Paolo Maldini, Ronaldinho et Filippo Inzaghi (2-2) à Fratton Park» l'avait marqué, à la Juventus, où il a beaucoup progressé aux côtés de «Leonardo Bonucci, Giorgio Chiellini, Andrea Barzagli et Gianluigi Buffon, des références en défense», ou encore à QPR.

À Loftus Road, il avait d'ailleurs retrouvé un certain Adel Taarabt. «Adel, je le connais depuis qu'on a 14 ans, on jouait ensemble en équipe de France de jeunes, c'est un très bon ami à moi. Il a tout éclaté la saison où j'étais à la Juve. Il sortait de 23 buts et 19 passes décisives en Championship. Il n'a pas fait la saison qu'on attendait en Premier League. Mais tout le monde sait qu'Adel, c'est un talent exceptionnel». Un talent aujourd'hui revenu en grâce à Benfica après plusieurs saisons de traversée du désert. Un motif d'espoir parmi d'autres pour Armand Traoré. «Il a eu la chance d'avoir quelqu'un qui lui offre une opportunité. J'espère que quelqu'un me donnera la mienne. Tout ce que je peux faire en attendant, c'est me maintenir en forme et garder espoir.» Et selon nos informations, plusieurs clubs ont déjà contacté le représentant du joueur pour manifester leur intérêt.

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