Alexy Bosetti : «j’attends des nouvelles de 2 ou 3 clubs dans les prochains jours»

Alexy Bosetti a quitté El Paso Locomotive FC (USL Championship) plus vite que prévu après une longue période de confinement aux États-Unis. Désormais libre de tout contrat, l'attaquant de 27 ans est revenu en France avec l'objectif de retrouver un club et de s'y installer durablement. Pour Foot Mercato, l'ancien Niçois est revenu sur son aventure américaine et la suite qu'il souhaite donner à sa carrière.

Alexy Bosetti du temps du Stade Lavallois
Alexy Bosetti du temps du Stade Lavallois ©Maxppp

Foot Mercato : aujourd'hui, vous êtes de retour en France, mais racontez-nous comment s'est déroulée votre expérience aux États-Unis ?

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Alexy Bosetti : la première année à Oklahoma, c'est le feu. C’était top, la poule en conférence ouest, les villes qu’on a visitées... J’avais Las Vegas, deux équipes de Los Angeles, San Diego, Seattle, Portland, Austin, San Antonio... On avait une équipe de fou en plus. Après, je n’étais pas forcément dans une équipe qui correspondait à mon style de jeu. Je jouais un peu plus bas en 8, 10. On avait un très bon attaquant. Je m’attendais à une saison un peu compliquée. Je suis arrivé en fin de préparation. J’avais eu des problèmes au talon à la fin avec Laval. J’ai joué pendant 4 mois avec des douleurs. J’arrive aux États-Unis, je ne parle pas la langue. C’est un peu compliqué mais je joue mes 20 matches. Mi-juillet (en 2019), je commence à discuter avec El Paso. En deux jours, on fait l’échange avec un autre joueur.

FM : passer d'une ville importante et attractive comme Oklahoma à El Paso située à la frontière américano-mexicaine, ça ne vous a pas trop chamboulé ?

AB : c’est bon, j’avais profité d'Oklahoma. J’avais vu la NBA. Dans la salle, ils me faisaient déjà la bise (rires). Là, c’était terminé. Quand tu es étranger et que tu changes d’état, tu changes de passeport. J’ai dû attendre 6 semaines avant de rejouer. El Paso me prenait pour me faire jouer la fin de saison en play-offs et la prochaine saison. J’arrive mi-août mais je joue en octobre. Je joue les 3 derniers matchs, je marque un but. A la fin de la saison notre attaquant file à l’Inter Miami (Jerome Kiesewetter, ndlr). J’arrive pour le remplacer. On va en finale de play-off, on doit la gagner. On mène 1-0, on prend un rouge à la 50e. Ils égalisent, et on prend un but sur corner à la 122e minute. Fin de saison, je rentre à Nice et je reviens pour me préparer pour la saison cette année.

FM : vous vous préparez mais finalement la saison est stoppée nette par la pandémie de Covid-19...

AB : je suis dégoûté parce que sans le Covid et, avec une saison normale, je serais resté là bas. Je me serais régalé. Ma fille serait allée à l’école là-bas, elle aurait appris l’anglais et même l’espagnol car c’est à côté de la frontière mexicaine. Il y avait tout pour bien faire mais malheureusement ça s’est mal terminé. Il y a pire dans la vie. Il y a des gens qui se lèvent à 6h du matin pour faire un taf qu’ils n’aiment pas. Moi je suis footballeur, je gagne bien ma vie, ça va.

«Sans le Covid, je serais resté aux États-Unis»

FM : en tant que finaliste de play-off la saison passée, vous deviez nourrir quelques ambitions cette saison...

AB : j’ai eu des très grands coaches comme Favre, Puel, Manu Pirès à Nice, c’était exceptionnel. Le coach d’El Paso (Mark Lowry, ndlr), je le mets dans la même catégorie. Il a 34 ans, il est jeune, il nous faisait regarder un match de Liverpool par semaine. Ils voulaient nous faire jouer comme eux, nous faire courir 12 km par match. Il nous disait aux attaquants : «vous n'avez pas besoin de talent pour défendre, juste de courir et d’avoir envie.» Je peux vous dire que vous n'aviez pas le choix de défendre. On fait une énorme préparation de 8 semaines. Il nous attrape les 4 attaquants. Il y avait deux grands costauds et un mec un peu comme moi. Il dit : «celui qui veut jouer tous les matches titulaire, il me le dit et il va jouer ailleurs. Le premier qui fait la gueule, je le vire de l’équipe. Vous allez tous jouer, pour moi, c’est pareil, pas de préférence.» Il nous met cash au parfum. Le premier match à Los Angeles contre Orange County, on fait 0-0 et, derrière, c’est le lockdown (le confinement). Au début, c’est le prochain match qui était reporté, puis après, c’était fin avril, puis le lockdown jusqu’à nouvel ordre. La Ligue a essayé de faire baisser les salaires mais personne n’était d’accord.

FM : il y a eu des conflits par rapport à ça ?

AB : nous, notre proprio est blindé et il est très investi dans la franchise, très présent pour l’équipe. Il y a des mecs milliardaires mais tu ne les vois jamais. Le nôtre, il est hyper impliqué dans la ville. Il nous a toujours dit de ne pas nous inquiéter, qu’il respecterait nos contrats même si la saison s’arrêtait. Le compte alloué aux salaires, il est déjà fait, il est plein, et il n’y aura pas de problème. Il nous a rassurés là-dessus. Sauf qu’États-Unis, il y a 80 % des équipes où le contrat s’arrête au dernier match joué, en mars. Du coup, pas mal de joueurs ont commencé à paniquer et là, ce n’est pas comme en France, tu ne vas pas voir l’UNFP. Comme c’était dans les contrats, les mecs ont voté pour faire une saison avec 8 poules reparties par région mais sans voyager en avion. Aux États-Unis, tu rigoles ! Nous, par exemple, on n’allait pas à Seattle. Le plus loin pour nous, c’était Salt Lake City, mais c’est déjà 1 200 km ! En plus, ils nous font jouer 2 ou 3 fois de suite à l’extérieur donc ça fait des roads trips de 2 ou 3 semaines sans rentrer à la maison. Ça devenait trop galère pour la famille. On n'était pas venu en famille pour ça. On n'était pas venu pour que ma femme reste toute seule à la maison sans connaître personne.

FM : votre contrat se terminait en novembre, vous avez pu vous arranger avec El Paso pour partir plus tôt ?

AB : quand la nouvelle compétition a été votée, le coach nous a avertis que si nous n’étions pas à l’aise avec ce protocole, qu’il le dise et on trouvera une solution. Le protocole, c’était entraînement, match et confinement à part pour faire les courses. Je n’étais pas venu pour ça. J’ai envoyé un message au coach. Je lui ai dit que ça devenait compliqué pour la famille, ma femme en a marre. Puis, je voulais en profiter pour attraper le mercato d’été. Si je rentrais en octobre avec une saison à l’arrache, retrouver un club au mercato d’hiver, c’était compliqué. J’ai fait le choix de rentrer plus tôt. Le coach et le club ont été compréhensifs, d'un comportement exceptionnel. Le club a tout pris en charge pour que je puisse rentrer, les billets d’avion, les deux mois de préavis de la maison... Ils ont été plus que réglo parce que dans mon contrat il n’y avait pas autant pour les billets d’avion.

«Laval m'a fait une proposition»

FM : vous êtes de retour en France et désormais libre de tout contrat, où en êtes-vous durant ce mercato ?

AB : je me retrouve à Nice et ça commence à discuter avec des clubs de National 1 qui sont intéressés. Je vais m’entraîner avec le RC Grasse (National 2). L’an dernier, ils ont raté la montée de peu. Je connais pas mal de monde, mon capitaine de la Gambardella par exemple. Ils me prennent pour l’entraînement, même si je suis déjà prêt car j’ai déjà fait 2 préparations physiques, mais il faut que j’en fasse une 3e (rires). Ça discute un peu en Ligue 2 aussi. Les clubs attendent pour l’instant de savoir quels joueurs de Ligue 1 vont être prêtés pour bouger. Je cherche une équipe qui joue la montée en National 1. Il y a Laval qui est intéressé, qui m’a fait une proposition. Il y a d’autres clubs et, puis, on va essayer de signer quelque part pour ne pas rester trop longtemps sans rien. J’aimerais bien arrêter de déménager.

FM : à Laval, vous avez l'avantage de bien connaître le club...

AB : j’ai joué un an et demi (d’août 2017 à décembre 2018, ndlr), je connais bien l’environnement, puis un projet de montée en Ligue 2, ça pourrait être un beau challenge. Je me tiens prêt à toutes les propositions. J’attends encore des nouvelles de 2 ou 3 clubs dans les prochains jours. Même mon agent, il me cache des choses (rires). Il a raison. Ça devrait aller vite.

FM : revivre une expérience à l'étranger n'entre pas dans vos plans en ce moment ?

AB : j’aurais aimé aller en Italie, mais le problème c’est que le mercato ouvre le 1er septembre là bas. Je n’ai pas envie d’attendre pour me retrouver sans rien. Et puis au niveau de la famille, ma femme préférait rentrer en France après l’expérience américaine. Quand tu ne parles pas la langue, c’est tout de suite compliqué. Puis en France, avec l’aéroport de Nice, tu vas partout. Même moi, ça m’a manqué de ne pas être ici pendant un an et demi.

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