Juventus - OL : les notes du match

Plusieurs mois après sa victoire à l'aller au Groupama Stadium, l'Olympique Lyonnais retrouvait la Juventus ce vendredi soir, à l'Allianz Stadium, dans le cadre des huitièmes de finale retour de Ligue des Champions. Malgré leur défaite 2-1, les hommes de Rudi Garcia se sont qualifiés pour les quarts de finale, et défieront Manchester City.

Marcelo et les Gones en Ligue des Champions
Marcelo et les Gones en Ligue des Champions ©Maxppp
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C'était le grand jour ! La Ligue des Champions effectuait son retour ce vendredi soir avec deux rencontres au programme dans le cadre des huitièmes de finale retour : Manchester City-Real Madrid et Juventus-Olympique Lyonnais. Vainqueurs 1-0 à l'aller au Groupama Stadium (but de Tousart, parti au Hertha Berlin depuis), les Gones étaient en bonne posture pour décrocher un billet pour le prochain tour. Mais il restait encore un match et il fallait contenir les Bianconeri, qui devaient inverser la tendance quelques jours après avoir remporté la Serie A pour la neuvième fois d'affilée. Côté lyonnais, Rudi Garcia optait pour un 3-5-2 avec un duo Toko Ekambi-Depay aux avant-postes. Un choix qui poussait ainsi Dembélé sur le banc de touche. Le jeune Caqueret était également titulaire au milieu. En face, Maurizio Sarri sortait son 4-3-3 et titularisait Cuadrado au poste de latéral droit. Cristiano Ronaldo était titulaire mais pas Dybala, incertain et donc remplaçant.

Sous une chaleur accablante avec 31°C à Turin, les deux équipes nous offraient un petit round d'observation. Les Bianconeri se procuraient quelques occasions, comme cette frappe de Ronaldo à la 8e minute, mais un hors-jeu était signalé à chaque fois. Finalement, les Gones frappaient les premiers avec une tentative d'Aouar envoyée en corner par Szczesny (9e). Mais l'action suivante était la bonne. Après un bon mouvement, Aouar rentrait dans la surface et tombait au duel avec Bentancur, qui avait pris le ballon. La VAR validait ce penalty litigieux, et Depay ne tremblait pas pour transformer : l'attaquant néerlandais plaçait tranquillement une panenka (12, 0-1). Avec cette ouverture du score, les Turinois devaient donc marquer trois buts, sans en prendre un de plus. Les locaux repartaient alors à l'offensive mais CR7 était encore signalé hors-jeu (17e) avant un autre coup de tête (21e), tandis que Marcelo sauvait la baraque devant Bernardeschi (19e).

Cristiano Ronaldo toujours présent mais ça n'a pas suffi

La pause fraîcheur devait alors redonner de la force aux Bianconeri, pas très séduisants en première période. Et petit à petit, les locaux montraient de bonnes choses mais Lopes veillait devant Higuain (37e) et Ronaldo (40e). Et l'OL craquait peu de temps avant la pause. Sur un coup-franc de Pjanic, Depay déviait du bras dans la surface. L'arbitre offrait un penalty généreux à la Juve et Ronaldo égalisait tranquillement en prenant Lopes à contre-pied (43e, 1-1). Le score était donc de 1-1 à la pause après ces deux penaltys. En début de seconde période, les Bianconeri repartaient balle au pied alors que les Gones attendaient les opportunités en contre. Mais même s'ils avaient le ballon, les hommes de Maurizio Sarri avaient du mal à approcher le but de Lopes. Jusqu'à l'heure de jeu. Pas attaqué par les défenseurs rhodaniens, Ronaldo se mettait sur son pied gauche et envoyait une magnifique frappe que Lopes n'arrivait pas à sortir, même s'il touchait le cuir du bout des doigts (60e, 2-1).

Avec moins de matches dans les jambes et un manque de compétition, les Gones commençaient alors à souffrir physiquement. Si Maurizio Sarri lançait Ramsey à la place de Pjanic (60e), Rudi Garcia faisait lui entrer en jeu Andersen, Reine-Adélaïde et Dembélé (Denayer, Toko-Ekambi et Depay sortaient). Mais sur la pelouse, les Turinois continuaient leur travail offensif. De la tête, Bonucci (64e) et Higuain (69e) ne trouvaient pas le cadre. Celle de CR7 connaissait le même sort (76e). De l'autre côté du terrain, les Gones pensaient obtenir un nouveau penalty pour une éventuelle main mais l'arbitre ne disait rien (78e). Le chrono défilait et les joueurs de Rudi Garcia se rapprochaient du but malgré la défaite. Le dernier coup-franc de Ronaldo était dévié par le mur (90e+3) et les Lyonnais pouvaient laisser éclater leur joie. Avec un score cumulé de 2-2 et ce but inscrit à l'extérieur, l'OL éliminait la Juventus et défiera Manchester City en quarts de finale la semaine prochaine !

Les notes du match

L'homme du match, Marcelo (8) : une véritable tour de contrôle. Le Brésilien, tant décrié par les supporters lyonnais, s'épanouit pleinement dans ce rôle de libéro. Il s'est régalé à tout dégager de la tête en première période. Mais il s'est surtout distingué par un sauvetage magnifique devant Bernardeschi qui avait feinté Marçal, Guimarães et Lopes. Si ses relances n'ont pas été toutes soignées, loin de là, ses interventions ont été très propres et il n'a pas joué avec le feu. Une excellente prestation.

Juventus

  • Szczesny (6) : un match sérieux pour le gardien polonais qui n'a pas eu grand-chose à faire durant cette soirée. S'il a encaissé le penalty de Depay (12e), il a surtout fait le job dans le jeu en détournant une frappe d'Aouar (9e) et en s'imposant dans les airs sur les quelques centres et coups-francs lyonnais. Quasiment rien à faire après la pause.

  • Cuadrado (3,5) : placement approximatif, passes peu précises. L'international colombien, qui a énormément joué à ce poste cette saison, a semblé en manque de repères. Les dédoublements lyonnais lui ont fait très mal et il a ensuite dû se contenir après avoir été averti à la demi-heure de jeu (31e). Auteur de quelques centres depuis son côté droit, qui n'ont pas été forcément très intéressants. Remplacé par Danilo (70e) qui n'a pas eu le temps de s'imposer défensivement.

  • De Ligt (6) : titulaire aux côtés de Bonucci en charnière centrale, le Néerlandais a bien débuté en s'imposant devant Toko Ekambi (2e). Avec la vitesse du Camerounais et de Depay, l'ancien de l'Ajax a été en difficulté sur les longs ballons dans la profondeur mais dans les airs, il a fait le boulot avec son coéquipier.

  • Bonucci (6,5) : avec le brassard de capitaine autour du bras, le défenseur italien s'est imposé en patron dans sa moitié de terrain. Toujours là au bon endroit au bon moment, l'Italien a dégoûté les Gones sur quelques actions, avec des interventions plus que décisives (14e, 49e, 80e). Et une action représente bien son match : son tacle sur Depay alors qu'il y avait un énorme danger ensuite, et ce juste avant le deuxième but de Ronaldo.

  • Alex Sandro (5) : toujours présent sur le flanc gauche de la défense turinoise, le latéral brésilien a encore une fois joué assez haut pour combiner avec Ronaldo ou Higuain, et même Rabiot au milieu. Il a donc laissé un peu d'espace derrière lui et Toko-Ekambi a essayé d'en profiter. Mais Bonucci était là en deuxième rideau. Un match correct.

  • Bentancur (3,5) : dans un rôle de numéro 8, l'Uruguayen a vécu une soirée plus que difficile. Rapidement contenu par un ou même deux Gones, il a perdu beaucoup de ballons et n'a pas réussi à faire la différence entre les lignes. Trop souvent en retard, il a concédé le penalty avec son coéquipier Bernardeschi face à Aouar (11e). Ses retards à répétition dans les interventions lui ont valu un carton jaune (44e) avant la pause. Une deuxième période un peu plus séduisante mais sans plus.

  • Pjanic (4,5) : dans cette position de sentinelle devant la défense, l'international bosnien a peu été en vue. Peu trouvé par ses coéquipiers qui ont souvent joué sur Bentancur et Rabiot, le joueur qui évoluera au FC Barcelone la saison prochaine n'a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Mais balle au pied, il a joué simple en trouvant les premiers relais. Remplacé par Ramsey pour le premier changement de Sarri (60e). L'ancien joueur d'Arsenal a rapidement fait le lien entre les lignes mais il n'a pas eu assez de temps pour prendre le dessus dans l'entrejeu.

  • Rabiot (3,5) : positionné sur la gauche du milieu à trois de la Juventus, l'ancien Parisien a eu un peu trop de déchets. Auteur de mauvaises passes, le milieu de terrain français, beaucoup trouvé dans les derniers mètres, a aussi ralenti le jeu à certains moments. Et lors de certains appels dans la profondeur, ses coéquipiers n'ont pas réussi à le lancer.

  • Bernardeschi (4) : avec le jeu turinois qui a souvent penché à droite, l'ailier italien a eu l'occasion de s'illustrer en touchant plusieurs ballons. Mais lorsqu'il a été servi, l'ancien élément offensif de la Fiorentina a trouvent souvent été esseulé entre Cornet et Marçal pour ne citer qu'eux. Éventuellement fautif sur le penalty accordé à l'OL. Et il aurait pu marquer un superbe but mais Marcelo est finalement intervenu (19e). Remplacé par le numéro 10 de la Juve Dybala (71e). L'Argentin, un peu juste pour ce match, a eu le temps de frapper une fois avant de se reblesser... Il a donc laissé sa place à Olivieri (84e) qui n'a pas eu le temps de se montrer.

  • Higuain (4) : que ce soit dans l'axe ou sur le côté gauche, l'avant-centre argentin n'a pas vraiment existé ce soir, hormis sur trois actions où il a tenté de finir le travail (1ère, 36e, 69e). Concernant son impact dans le jeu, l'Argentin n'a pas forcément apporté un plus, la faute à un bon travail des Gones en défense qui l'ont bien pris dos au but.

  • C. Ronaldo (7,5) : comme souvent, l'international portugais a été le plus en vue côté turinois. D'abord discret dans son couloir (frappe en étant hors-jeu à la 8e), CR7 a ensuite changé avec Higuain pour s'installer dans l'axe. Un choix payant puisqu'il a beaucoup plus été servi. Buteur sur penalty avant la pause (43e), l'ancien du Real Madrid avait échoué à deux reprises sur coup-franc, d'abord à cause du mur (36e) et ensuite de Lopes (40e). Mais en deuxième période, il a énormément dézoné et a donné l'avantage à la Juve d'une magnifique frappe du gauche (60e) avant de rater le cadre de la tête (76e). Un bon match mais ça n'a pas suffi pour qualifier son équipe.

Olympique Lyonnais

  • Lopes (6) : un début de match plutôt tranquille. Il se fait prendre sur la feinte de Bernardeschi mais est sauvé par Marcelo (20e), il capte en deux temps une tête d'Higuain (37e) et surtout, offre un arrêt splendide sur un coup-franc de Cristiano Ronaldo. Il ne peut rien faire sur le penalty de son compatriote, pris à contre-pied (43e). Il est un peu plus coupable sur le deuxième but, où sa main n'est pas assez ferme et ne suffit pas à détourner suffisamment la frappe de CR7.

  • Denayer (6) : le défenseur belge a eu du travail en première période, devant beaucoup aider Dubois dans sa zone. Un peu de mal sur certaines relances, où il a montré une forme de lenteur. Il s'est repris peu à peu et a bien joué de son corps. Quelques bons jaillissements dès le début de la deuxième période, mais touché depuis la première période, il a dû céder sa place à Andersen (61e), qui s'est placé au coeur de la défense à trois, décalant Marcelo à droite. Le Danois s'est vite fait prendre par Ronaldo, mais cela eu le mérite de le mettre dans le bain et son jeu de tête a aussi été précieux en fin de rencontre.

  • Marcelo (8) : voir ci-dessus

  • Marçal (7) : un match de haut niveau. Lui aussi s'épanouit à ce poste d'axial gauche, où il peut exprimer à la fois ses qualités de vitesse et son amour du duel. Il a rendu la vie dure à Higuain et Cristiano Ronaldo, qui se sont plaint de poussettes régulières, mais le Brésilien a mis l'impact nécessaire pour s'imposer. On note aussi la qualité de ses relances au sol. Souvent sollicité par ses partenaires pour déclencher la première passe, il a su casser des lignes, et il a été l'un des rares à pouvoir le faire ce soir. Combatif jusqu'au bout.

  • Dubois (4) : une première période compliquée, avec des pertes de balle, notamment une qui a mis un terme à une belle séquence de possession lyonnaise. C'est sur son côté que les Turinois ont le plus déboulé, entre les montées d'Alex Sandro, les percées de Rabiot et les appels de Ronaldo. Bien aidé par Denayer, il a quand même eu du mal à récupérer le cuir efficacement. Auteur d'une grosse faute à l'entrée de la surface sur Bentancur qui aurait pu coûter cher sans un grand arrêt de Lopes. Pas vraiment mieux après la pause, on l'a peu vu et il n'a jamais été inspiré dans ses choix. Un match délicat. Remplacé par Tete à la 90+1e.

  • Cornet (6) : le jeu lyonnais a penché à gauche sur les rares phases de conservation et ce n'est pas étranger à la présence de l'Ivoirien, qui a su assurer ses passes et des relais précieux dans le jeu en triangle. Défensivement, il a d'abord été tranquille face à Bernardeschi, avant que l'Italien se réveille subitement. Il a globalement bien tenu son couloir, qui n'a plus été vraiment emprunté par la Juve. Un match qui confirme sa capacité à devenir un pur joueur de couloir et un titulaire indiscutable à ce poste.

  • Guimarães (4,5) : il avait été épatant à l'aller, il a été plutôt décevant au retour. On l'a peu vu éclaircir le jeu sur ses premières relances, et il a surtout cherché la sécurité. Résultat, pas assez d'impact sur le jeu des siens. Défensivement, il a essayé de fermer un maximum d'espaces en coulissant toujours intelligemment. Il se fait avoir par Cristiano Ronaldo qui lui obtient un coup-franc à l'expérience (il n'y avait rien) qui aboutira au penalty. Il n'a pas su donner de l'air à son équipe quand elle souffrait en fin de première mi-temps à l'image de ce ballon bêtement rendu (45+1e). Il s'est un peu repris en début de deuxième période, à l'image d'une bonne frappe lointaine tentée. Mais c'est trop peu, et surtout bien loin du niveau du match aller, principalement sur le plan technique.

  • Caqueret (6,5) : un début de match volontaire, avec un bon pressing sur les Turinois. Mais le manque d'expérience l'a vite rattrapé, avec trop de petites fautes évitables et des pertes de balle embêtantes. Sa qualité technique s'est toutefois faite remarquer à plusieurs reprises, avec des passes osées entre les lignes. En deuxième période, il a proposé deux trois éclairs intéressants, notamment sur une action où il éliminait d'un coup trois adversaires avant de trop tergiverser. Une sacrée caisse puisque Garcia l'a maintenu sur le terrain jusqu'au bout. Pas une mauvaise idée puisqu'il courait toujours autant. S'il a des choses à revoir à ce niveau-là, ce match comptera dans son apprentissage.

  • Aouar (6,5) : une belle prestation du joueur formé à l'OL, toujours aussi motivé par les rencontres de prestige. Il a plus d'expérience que Guimarães et Caqueret et il l'a démontré en faisant preuve de calme dans plusieurs situations. Bémol, une proprension à tenter le petit pont trop souvent, ce qui peut être agaçant. Dans les points positifs, sa qualité technique, bol d'air frais pour l'OL, le penalty très généreusement obtenu, et des relais efficaces. Sa position a gêné Bentancur, forcé à défendre plus bas que prévu. Il a aussi bien contribué au maillage du terrain. Remplacé en fin de match (90+1e) par Thiago Mendes.

  • Depay (6) : un match en clair obscur pour le capitaine lyonnais. Clairement pas impressionné par l'événement, le Néerlandais affichait une sérénité appréciable en début de match. Des premiers ballons touchés qui laissaient augurer d'une bonne soirée. Confirmée ensuite par un penalty tiré en panenka pour l'ouverture du score et un ascendant psychologique. Mais ensuite, le Néerlandais est trop entré dans le combat physique et s'est peu à peu fait dominer par De Ligt notamment, qui a su gicler à bon escient dans les jambes de l'attaquant lyonnais à plusieurs reprises. Fatigué, il a cédé sa place à Moussa Dembélé à la 67e minute, qui a immédiatement amené son impact dans les duels, pour gêner De Ligt et Bonucci.

  • Toko Ekambi (5) : surprise de Rudi Garcia, l'attaquant a été choisi notamment pour sa vitesse, selon les propos de l'entraîneur. Elle a effectivement fait du bien puisque l'ancien Angevin a souvent proposé des solutions en profondeur, sur les ailes, pour offrir une solution et faire reculer la défense de la Juve. Il a utilisé intelligemment les rares ballons qui lui sont parvenus en tentant surtout de ne pas les perdre, de faire circuler le cuir en position haute. Malheureusement pour lui, son match s'est arrêté à cela et il n'a pas eu d'occasion à se mettre sous la dent. Relayé par Reine-Adelaïde (67e). L'ancien Angevin a été précieux pour conserver quelques ballons en position haute, en obtenant aussi des fautes pour relâcher la pression, une bonne entrée.

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