Que sont devenus les héros de l'épopée 2018-2019 de l'Ajax en Ligue des champions ?

Il y a un petit peu plus d'un an, l'Ajax Amsterdam réalisait l'un des plus beaux parcours de son Histoire en Ligue des champions, étrillant le Real Madrid 4 buts à 1 au Bernabéu puis éliminant la Juventus en quarts de finale. Plus de 365 jours plus tard, où en sont les héros de cette épopée qui a marqué l'Europe ?

Certains héros de la saison 2018-2019 sont partis l'été dernier, d'autres sont restés
Certains héros de la saison 2018-2019 sont partis l'été dernier, d'autres sont restés ©Maxppp
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L'Ajax Amsterdam n'oubliera pas cette saison 2018/2019 de sitôt. Auteurs du doublé coupe-championnat, les Lanciers ont également émerveillé toute l'Europe du football en réalisant une sublime campagne de Ligue des Champions avec une équipe composée en grande partie de jeunes talents. S'ils ont été stoppés à la dernière seconde par Tottenham et Lucas Moura en demi-finale (1-0, 2-3), les hommes d'Erik ten Hag ont acquis le respect de tous grâce à leurs performances face au Bayern Munich (en phase de poules), au Real Madrid (1-2, 4-1) et à la Juventus (1-1, 2-1).

Que ce soit lors du 4 buts à 1 infligé aux tenants du titre merengues sur leur pelouse du Santiago Bernabéu ou dans l'antre de la Juventus en quarts de finale, le 11 de départ faisait la part belle aux jeunes joueurs, techniques et insouciants : Onana, Mazraoui, de Ligt (cap), van de Beek, F.de Jong, Ziyech, Neres. Un an plus tard, que sont devenus les héros de cette épopée qui a marqué les esprits ? Certains comme Lasse Schöne, Frenkie de Jong et Matthijs de Ligt sont allés naviguer vers d'autres cieux. Parti vivre sa première expérience hors des Pays-Bas, le Danois Schöne (33 ans) a atterri du côté du Genoa.

Des cadres partis qui doivent encore prouver

Titulaire en Ligurie (22 matches de Serie A, 1 but), le Scandinave, qui avait inscrit le 4e but face au Real Madrid, ne livre plus bataille pour remporter des titres, mais pour sauver la formation entraînée par Davide Nicola de la relégation (17e du classement avant l'arrêt du championnat). Ce qui ne le dérange pas. « À Gênes, j'ai retrouvé le même sentiment : c'est un club où l'on ressent la même fierté de travailler pour ses couleurs. Je ne suis ici que depuis six mois, mais je l'ai tout de suite ressenti », a-t-il déclaré à la Gazzetta dello Sport le 7 février dernier. Ancien capitaine de l'Ajax, Matthijs de Ligt a lui aussi découvert l'Italie, mais à la Juventus. Une montée en gamme qui ne s'est pas faite facilement pour le jeune défenseur de 20 ans. Recruté par la Vieille Dame pour 75 M€, de Ligt n'a pas vraiment profité du coût élevé de son transfert pour s'octroyer une place dans le onze de départ de Maurizio Sarri.

Remplaçant, il a vécu une première compliquée face au Napoli (4-3) pour ses débuts sous la tunique bianconera. Des premiers pas difficiles qu'il n'avait pas niés. «À l’Ajax, j’étais le leader et j’avais beaucoup à dire. Mais ici, je dois trouver ma place. Aujourd’hui, je sens que je commence à la trouver. Bien sûr que j’aurais préféré débuter autrement (face au Napoli). Peut-être qu’au final, ça été bon pour moi de commencer par ce genre de match. Ça m’a donné un coup d’accélérateur pour retrouver mon niveau. L’Italie est connue pour être un pays où ça ne joue pas de manière très offensive, mais je pense qu’ils sont en train de changer. Je vais de mieux en mieux chaque jour», indiquait-il en octobre dernier. Depuis, il a conservé sa place de titulaire, mais il est encore loin d'avoir le même rendement qu'à l'Ajax.

Avec de Ligt, Frenkie de Jong est l'autre grosse perte estivale des Lanciers. Parti au FC Barcelone, le milieu de terrain de 22 ans s'est immédiatement fait une place dans l'entrejeu blaugrana, que ce soit sous les ordres d'Ernesto Valverde ou de Quique Setién. Mais là encore, on n'a pas retrouvé le De Jong flamboyant de l'Ajax. Certains diront qu'il n'a pas été aidé par les changements de système décidés par ses coaches en Catalogne, ni par la crise ambiante régnant dans les coulisses culés. «Parfois, j’ai montré mes qualités, mais de manière générale, cela peut être beaucoup mieux. Je ne suis pas aussi dominateur qu’avec l’Ajax. À ce poste, je dois également marquer plus de buts et donner des passes décisives. Je dois vraiment avoir la vraie volonté de marquer. Cela nécessite certains réglages et donc du temps», faisait-il savoir en décembre dernier. Et ce n'est pas son bilan comptable en championnat (2 buts, 2 passes décisives) qui le contredira.

Ceux qui sont restés sont dans le dur

Enfin, il y a tous les autres qui sont restés. Et pour eux, c'est un peu la soupe à la grimace. À commencer par le virevoltant Brésilien David Neres (2e buteur à Madrid, auteur de l'égalisation à l'aller contre la Juve), blessé depuis le mois de novembre. De son côté, Hakim Ziyech (26 ans, buteur à l'aller et au retour face au Real et d'un but contre Tottenham au retour) a assuré son avenir en signant avec Chelsea pour la saison prochaine. Mais le maestro marocain n'a pas été non plus épargné par les blessures. Ce qui ne l'empêche pas d'être décisif (déjà 13 passes décisives contre 17 en 2018/2019 en championnat), même s'il a un peu perdu le chemin des filets (6 réalisations contre 16 l'an passé). Constat à peu près similaire pour Dusan Tadic (31 ans, 3e buteur à Madrid, auteur d'un doublé contre le Bayern Munich en poules). En termes d'assists, le Serbe reste le meilleur fournisseur d'Eredivisie (15) et a même fait mieux que la saison précédente (14). En revanche, si l'Ajax traverse une période compliquée, c'est parce qu'elle peine à convertir ses occasions. Et avec 11 buts inscrits contre 28 l'an dernier, Tadic doit regretter sa grosse baisse de régime.

Un manque d'efficacité qui fait donc défaut à une équipe batave en proie aux doutes depuis le début de l'année 2020. Leader de son championnat, l'Ajax a enchaîné deux revers de rang en février-mars, dont un face à l'AZ, ce qui a permis à son rival d'Alkmaar de revenir à hauteur (56 unités chacun). Mais les partenaires de Klaas-Jan Huntelaar ne pourront pas conserver leur titre en Eredivisie puisque la KNVB a décidé il y a quelques semaines de stopper le championnat à cause de la crise sanitaire du coronavirus. Et aucun champion n'a été désigné. Juste avant, l'Ajax s'était aussi fait éliminer dès les 1/16es de finale de Ligue Europa par Getafe (0-2, 2-1) et sortir de la Coupe des Pays-Bas par le FC Utrecht (2-0). Un an après cette épopée extraordinaire en Ligue des champions, les résultats n'étaient donc pas les mêmes pour le club néerlandais avant l'arrêt du foot. Mais rien n'effacera le formidable parcours d'une équipe bourrée de talents et sans complexe. Sûr qu'au retour de la compétition, les héros de l'Ajax, aux Pays-Bas ou ailleurs, brilleront de nouveau.

Article du 5 mars 2020 mis à jour et détaillé dans la vidéo se trouvant ci-dessus.

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