Lautaro Martinez, Angel Di Maria, Lionel Messi ou encore Mauro Icardi, les joueurs argentins pullulent dans nos chers cinq grands championnats (France, Angleterre, Epagne, Italie, Allemagne). Pourtant, un chiffre est venu titiller nos convictions récemment. Le Centre international d’étude du sport (CIES) de Neuchâtel (Suisse) a récemment publié une lettre hebdomadaire sur les clubs formateurs qui fournissaient le plus de joueurs dans le top 5.

L’Olympique Lyonnais est donc bien placé (3e avec 30 éléments formés au club et qui évoluent dans le top 5), juste derrière le Barça et le Real Madrid. On s’est donc mis à chercher les clubs argentins et, surprise, il en existe qu’un seul dans le top 60. Il s’agit du club de Buenos Aires, River Plate, qui compte cette année 10 joueurs ayant été formés au club et qui prennent part aux joutes dans les cinq grands championnats du Vieux Continent cette année.

Le jeu au centre

Si Leo Messi et Mauro Icardi sont formés au Barça, on s’est alors demandé pourquoi nous pensions que beaucoup de joueurs argentins ou en tout cas formés dans le pays de Maradona gambadaient sur les pelouses européennes. Est-ce que ce chiffre est inférieur au passé et si oui pourquoi. Est-ce un problème d’exportation ? Est-ce un problème de niveau et donc de formation ? C’est ce à quoi Foot Mercato s’est attelé ces dernières semaines. Pour commencer l’explication, revenons aux bases.

« En Argentine tout le monde joue, on aime le jeu. On aime cette adrénaline qui monte quand on peut gagner. Même les grands-mères jouent au Bingo au pays ! Et le foot reste un secteur à part, où économiquement, on peut s’en sortir. On vit football, il y a des chaînes, qui montrent tout, qui font du 24 heures sur 24. On joue partout, tout le temps, même des trois contre trois dans la rue », nous explique Omar da Fonseca, qui commente La Liga sur beIN Sports.

Geffroy Lombard, formateur à Argentinos Juniors, dont nous vous faisions le portrait récemment, évoque aussi cette passion pour le jeu et accessoirement la différence de mentalité. « L’Argentin est beaucoup plus déterminé que le Français. L’Argentin est brutal. Ils vont à l’école, mais je te le dis, ils y vont, mais... ils n’ont aucune idée de se dire : j’étudie au cas où. Ça passe ou ça casse pour eux. Les Bingos sont remplis ici. C’est à la carte ici... Je joue bien au foot donc je vais jouer cette carte et si ça ne marche pas je jouerai une autre carte. Il n’y a aucun plan », détaille-t-il.

Dualité et identité

Pour qu’une formation fonctionne, il convient que celle-ci soit uniforme. Sauf qu’en Argentine, on est toujours partagé entre deux idées. « En Argentine, il n’existe pas de formation ciblée. Il existe encore une contradiction entre l’Argentine de Luis Menotti (champion du Monde 1978, ndlr), qui est le football romantique, le football tango avec le ballon et celui, champion du Monde en 86 avec Carlos Bilardo. C’était plus un football courage, un football rusé qui voulait faire la différence sur des détails même si ça revenait à tricher », raconte celui qui a son émission « OMAR C’EST FOOT » les lundis et jeudis à 22h30 sur beIN SPORTS 1.

Une idée qui n’est qu’à moitié partagée par Nicolas De la Rua, qui anime l’excellent compte Twitter la Cancha Argentina et aussi spécialiste de l’Argentine pour Lucarne Opposée : « ce conflit est historique entre romantiques (Menotti, Bielsa, ndlr) et pragmatisme (Bilardo, Cholo Simeone, ndlr). Mais la tendance dans les clubs du Top 5 est plutôt tournée vers le jeu avec des coaches comme Gallardo, Coudet, Heinze. Seul Alfaro à Boca ne prend pas de risque. La sélection prône de plus en plus le jeu et la présence du Menotti comme directeur des sélections va en ce sens. Ce n’est pas le fond du problème pour expliquer le niveau des jeunes selon moi même si des profils à la Riquelme disparaissent peu à peu, comme en Europe, d’ailleurs ».

Mais le véritable ennui, c’est qu’il n’existe pas vraiment d’uniformisation des modèles d’entraînements, c’est ce que nous explique le coach d’Argentinos Juniors : « le football argentin est en perpétuel mouvement, il n’a pas trouvé son identité, sa routine. Ils ne savent s’ils doivent faire des championnats à 20 ou en allers-retours. La formation c’est dans la même idée, ils sont toujours en train de chercher le bon modèle. Ce que je vois, c’est qu’il y a cinq-six clubs qui veulent faire les choses bien et le reste comme ils peuvent quoi ».

Le Futsal d’abord

Pour comprendre le phénomène, il faut expliquer les particularités de la formation dans le pays. « Dès 6-7 ans, la première étape du footballeur en herbe, c’est le futsal, le club de quartier. Il y a l’exemple de Riquelme, de Maradona. Je casse tout en futsal et mon entraîneur m’emmène au foot à 11. C’est un championnat bien formé. C’est la compétition déjà. Je blesse l’adversaire, j’ai mon papa qui crie qu’il faut tuer l’adversaire, j’ai le club qui me paye le taxi pour que je vienne jouer alors que j’ai neuf ans. C’est un sacré folklore », détaille le formateur. Sauf que là, ça devient surprenant.

Dès leur arrivée dans les centres de formation, même les très jeunes découvrent les grands terrains. À Argentinos Juniors, par exemple, les buts sont avancés un petit peu, mais les enfants évoluent sur une surface relativement comparable, à dix mètres près de chaque côté, à ceux sur lesquels évoluent leurs idoles. Cela est plutôt un bon point et ce n’est pas là que pêche le plus l’Argentin. En effet, trois coordinateurs existent pour aider les formateurs, mais ces derniers ne remplissent guère leurs tâches. « Après l’Argentine en termes de suivi, ce n’est pas trop ça. Dans d’autres clubs, c’est chacun fait ce qu’il veut. Il y a deux coordinateurs en infantil et juvenil et un troisième qui est responsable des deux », analyse Geoffroy Lombard.

Le niveau des formateurs

Justement, si on se pose la question sur coordinateurs, on doit aussi se la poser sur le niveau des formateurs. Jean-Claude Abeddou, ancien scout, nous donne son diagnostic : « c’est un fait que les joueurs argentins s’exportent moins bien qu’avant, ça a beaucoup changé. Le problème vient de la fédération et de la qualité des formateurs. Tout ça a diminué, comme au Brésil. Rodrygo par exemple, par rapport à Vinicius. Excepté ces deux-là et Eder Militão, je dois en oublier un ou deux, de promesses brésiliennes actuellement, il n’y en a pas beaucoup, par rapport à avant ».

Pourtant, les nouveaux entraîneurs sont plutôt bien formés, normalement. River Plate, club phare au possible, délivre un diplôme qu’on peut obtenir en deux années. Celui-ci se déroule sur deux fois dix mois, avec six heures par semaines. À l’école ATFA (AFA, la fédération plus le "T" de Tecnico), on y retrouve des cours donnés par le directeur du centre de formation d’Argentinos Juniors, des entraîneurs de seconde division, mais le contenu est décevant selon Geoffroy Lombard.

Sur le papier donc, on a de gros formateurs, mais dans le contenu, un Français serait déçu. « Quelqu’un qui a l’habitude des écoles ici avec un contenu bien européen, bien formé... Il faut aller le cherche le contenu. C’est beaucoup de vidéo analyse technique, tactique. Il y a beaucoup de psychologie. La psy était à l’OL. Franchement, l’école c’est deux ans après, ils modifient pour faire trois ans pour unifier avec les autres pays de la CONMEBOL (UEFA sud-américaine, ndlr) », avance-t-il, un brin pensif.

Les qualités des jeunes argentins

« Le joueur brésilien a toujours été surévalué et c’est très cher et les très jeunes ont du mal à s’exporter. En Argentine, c’est pire encore », nous lâche, en guise d’amuse-gueule Jean-Claude Abeddou. Parce qu’en réalité, lorsqu’on imagine le joueur sud-américain, on pense avant tout à l’intensité, à la fameuse grinta qu’il mettrait dans ses duels et dans toutes ses actions. Mais c’est aussi ce que le jeune joueur argentin pense de lui, comme nous le confirme l’entraîneur des jeunes d’Argentinos Juniors.

« Il y a aussi des gamins de quinze ans qui me disent : "t’es français, tu ne peux pas m’emmener faire un essai à Toulouse ?" Ils sont matraqués par l’idée que la formation argentine ici, c’est la meilleure, qu’ils ont la grinta. L’Argentin, ici, on pense qu’on en veut dans toute l’Europe. Mais on ne sait pas si l’Europe veut vraiment ça. Ils me disent "si je vais en France, je suis l’Argentin, ils ne vont pas en voir deux des comme moi, y’a rien qui passe", mais je leur explique que quand ils vont tomber sur des mecs au milieu de terrain, quand ils vont leur rentrer dedans ils vont rebondir ! La grinta, ça ne suffit pas. La formation est coupée du reste. Ils rêvent d’Europe et personne ne rêve du championnat argentin, mais ils n’ont aucune idée de ce qui les attend là-bas », philosophe-t-il.

Sauf qu’il faut quand même admettre que le label argentin ou brésilien reste très vendeur pour les clubs européens qui ne lésineront pas sur les moyens pour récupérer la nouvelle pépite sud-américaine. C’est ce pour quoi s’enflamme Omar Da Fonseca : « après, c’est toujours un label l’Argentine. Regardez Martin Ødegaard, j’adore ! Mais être Norvégien, c’est un handicap pour lui, alors que s’il avait été Argentin ou Brésilien... ».

De nouveaux débouchés

Nicolas De la Rua, en tant que fidèle observateur, nous explique aussi que les débouchés pour les joueurs sont plus nombreux qu’auparavant : « l’Europe n’est plus l’unique destination, la Major League Soccer et le Mexique comptent énormément de joueurs. Dans les pays du Golf aussi... les joueurs sont poussés dehors par des dirigeants et agents à la recherche de billets ». Une idée assez largement partagée par Geoffroy Lombard, qui a vu certains jeunes se perdre assez rapidement alors qu’il y avait la place pour rester encore au pays.

« Ce que j’ai vu ces cinq dernières années, il n’y a pas de débouché. Il y a les cracks qui arrivent en première division et ils partent en Europe, mais ce n’est plus les mêmes clubs et ensuite il y a la concurrence de la MLS. J’étais tombé amoureux de Kranevitter, qui était arrivé en sélection, et il est mort au Zenit comme la moitié de cette génération, avec Driussi », se remémore-t-il.

Une pensée commune pour Jean-Claude Abeddou, à l’époque recruteur pour Benfica : « l’Argentine a toujours de très très bons jeunes. J’étais amoureux d’un jeune en 2015, Tomás Conechny. C’était un très bon jeune qui jouait à San Lorenzo, incroyable. Finalement, il n’a jamais percé (il joue aux Timbers de Portland, ndlr). Conechny, c’était flagrant. Régulier depuis tout jeune. Ce qui a fait qu’il a perdu sa progression, c’est qu’il avait un problème avec ses coaches, puis il est parti dans un petit club, pas à Atlanta. Il est parti pour l’argent ».

Le foot a changé

Mais ces phénomènes sont relativement récents. Le football est en mouvement perpétuel et aujourd’hui, tout va plus vite. On monte plus vite, on descend plus vite. C’est pareil pour les jeunes joueurs, pour leurs formateurs et pour tous les clubs. « En Argentine, on dit que le football a changé à cause de nouveaux critères, comme le physique. On a oublié le joueur. Dans les années 90, les grands numéros dix venaient tous d’Amérique du Sud parce qu’il y avait moins de consignes tactiques pour ces joueurs. Depuis un certain temps, on mesure tout alors forcément c’est au détriment du foot de virtuoses. Je ne sais pas si la formation est moins bonne aujourd’hui, mais ce qui est sur c’est qu’on accorde plus d’importances aux aspects physiques, aux résultats. On court plus et on joue moins. Les entraîneurs veulent courir alors que le ballon, lui, veut jouer. La formation est de plus en plus stricte. On favorise et on valorise beaucoup plus le mérite et le résultat aujourd’hui », nous détaille Omar Da Fonseca.

Mais surtout, comme tout va plus vite, on crame les joueurs ou alors ils ne passent plus par des étapes par lesquelles ils passaient avant. Falcao, avant de rejoindre l’Europe, avait tout écrasé à River Plate. James Rodriguez, lui, avait décidé de casser le championnat avec Banfield. Avant, toute l’Amérique du Sud venait se former (ou finir sa formation) dans le championnat de Marcelo Gallardo. Aujourd’hui ce n’est plus le cas et cela explique aussi le fait que l’exportation de joueurs dans le top 5 est moins impressionnante. Mais parfois, les jeunes joueurs résistent aussi aux sirènes de l’argent ;

« Quand j’étais avec les 2003, j’ai eu de la chance parce que j’étais avec le fils Redondo. River voulait acheter trois jeunes joueurs à Argentinos Juniors, ils avaient douze ans, ils voulaient lâcher 1 million de dollars pour les trois. Il est resté et maintenant il est avec la réserve avant d’aller plus haut », nous informe Geoffroy Lombard. Un exemple qui montre que les jeunes joueurs ne se crament pas toujours, mais qui restent un cas tout de même assez peu fréquent comme le montre la suite de sa réflexion. Car, il faut le dire, le secteur économique argentin a déjà implosé et la crise a pointé le bout de son nez depuis de nombreuses années.

Les finances des clubs

« Pour résumer, les jeunes talents sont bien présents même s’ils sont moins nombreux. La crise argentine, les agents et dirigeants véreux poussent les joueurs vers la sortie beaucoup trop tôt. Au risque de les faire exploser comme du popcorn », avance Nicolas De la Rua. Un avis partagé par absolument tous les intervenants que nous avons joints pour ce dossier. Le football reste le secteur économique numéro un en Argentine. C’est donc l’endroit où l’argent est facile et rapide à faire et qui permet surtout aux jeunes de s’en sortir. Mais cela entraîne forcément quelques problèmes.

« Les présidents sont élus, en Agentine, ils ont des mandats. La plupart des dirigeants veulent faire du profit, car depuis toujours c’est le secteur qui dégage le plus d’argent en Argentine », se mine un petit peu celui qui commente La Liga sur beIN Sports. En revanche, un mal pour un bien pour Jean-Claude Abeddou : « c’est un très gros problème le facteur économique. C’est un problème pour les clubs en Argentine, mais aussi parce qu’ils reçoivent des grosses sommes et ils peuvent investir sur les infrastructures, la formation. River vit de ça notamment ».

Geoffroy Lombard, qui vit tout cela de l’intérieur, nous a d’ailleurs conté quelques anecdotes croustillantes : « à Argentinos Juniors la seule et unique entrée d’argent c’est la vente des joueurs. La vente de maillots, les abonnements, la vente de place, les droits télévisuels on parle de cacahuètes. On est en train de refaire le centre d’entraînement c’est à l’imagination le financement. On finance avec les dons et on dit que les donateurs ont une parcelle de terrain. Puis, j’ai vu des scènes épiques. Les maillots qui changent dans les catégories, ce n’est pas quelque chose de prévu. Nous on a changé une fois parce qu’un mec s’est pointé et a dit qu’il voulait nous offrir des maillots avec sa marque dessus. Ça s’est fait comme ça. Du jour au lendemain on a eu des nouveaux maillots avec une marque horrible dessus. Tout se négocie un peu à l’arrache. Maintenant, les clubs vivent de la formation. Argentinos Juniors, on fait signer pro le joueur le plus vite possible et on n’a pas l’ambition de le garder le plus longtemps possible ».

Les drôles de manières de la fédération

Comme dans toute organisation, les ordres partent du sommet de la pyramide. En ce qui concerne la formation et la politique sportive générale, c’est l’Asociación del Fútbol Argentino (AFA) qui met en place ce qu’elle veut. Sauf que la Fédération et la Ligue sont souvent en guerre contre les clubs. « Le problème doit concerner la fédération, il y a beaucoup de problèmes depuis de nombreuses années », avance l’ancien recruteur, qui a de nouveaux projets.

« La fédération ici, c’est le contraire d’en Europe, ils essaient de prendre le plus d’argent possible. Il y a des guerres et l’exemple d’Huracan est parfait. Ils sont tellement énervés par la Ligue qu’ils ont arrêté de vendre des places. Pour aller voir un match, il faut être abonné ou être journaliste. Parce que la Ligue prend un pourcentage sur les places vendues et non sur l’abonnement. À Argentinos Juniors, ça fait deux ans qu’on me paye le bus, j’ai toujours pas vu centime », détaille Geoffroy Lombard. Dans cette ambiance là, on comprend peut-être un peu mieux les difficultés des joueurs argentins et surtout de l’équipe nationale qui peine un peu en termes de palmarès depuis des années.

L’Europe forme maintenant des Argentins

Enfin, il existe une autre manière de voir les choses qui expliquent aussi peut-être pourquoi les joueurs formés au pays de l’asado sont moins représentés dans le top 5 européen. On dénombre de nombreux entraîneurs argentins, sans parler des préparateurs physiques. Mauricio Pochettino, Marcelo Bielsa et Diego Simeone, pour ne citer qu’eux, sont en place en Europe. Et ils inculquent à leurs joueurs la fameuse grinta dont nous parlions un petit peu plus haut. Si les joueurs européens obtiennent cette grinta, qu’ont-ils à envier aux Argentins du pays ?

« Koke, il n’a rien à envier aux Argentins. Du coup, l’Argentin ne sert plus à rien si les Européens ont ajouté ça. Des mecs qui arrivent avec une philosophie de mettre la grinta, mais pas seulement et quand le Koke il a déjà le "pas seulement" et que tu lui apprends la grinta, c’est plus facile que lui apprendre à faire une passe. Regarde, par exemple, Vidal tu lui enlèves la grinta ça devient un joueur moyen », analyse le formateur d’Argentinos Juniors.

Pour terminer, il existe donc plusieurs paramètres qui expliquent aujourd’hui le fait que les joueurs formés en Argentine s’exportent moins bien ou même pas du tout en Europe. L’arrivée de la MLS, les pétrodollars russes et du Golfe ou encore la qualité des infrastructures et des formateurs y sont pour beaucoup. Mais l’espoir existe toujours. C’est en tout cas ce qu’essaie de continuer à penser Omar Da Fonseca : « j’ai tendance à dire que le football c’est la jungle et que le business c’est la vie civilisée. Il faut juste que le second ne prenne pas le dessus sur le premier et ça a tendance à être le cas. Le terrain devrait primer, toujours primer ». Ce n’est qu’en suivant cet exemple et en faisant un état des lieux de la situation que l’Argentine pourra, à nouveau, former et exporter les grands joueurs que nos anciens ont connus.