Pour beaucoup, à Barcelone, il s’agissait d’un signe, d’une volonté du dieu local. Amené à voter pour le concours The Best du meilleur entraîneur, Lionel Messi a placé son compatriote, Marcelo Gallardo (43 ans), parmi les trois meilleurs coaches de l’année. Il n’en fallait pas plus pour les observateurs catalans pour faire de l’homme fort des Millonarios l’un des grands favoris (avec Erik ten Hag et Ronald Koeman) à la succession d’un Ernesto Valverde de plus en plus critiqué. Une rumeur qui n’a cessé d’enfler, obligeant le clan Messi à démentir toute volonté de placer Gallardo au Camp Nou dans les colonnes de la presse pro Barça.

Lié au club porteño jusqu’en 2021, Gallardo aurait lui aussi fait savoir qu’il n’aurait aucunement l’intention de plier bagage. Tout du moins pas avant le mois de décembre. La raison est simple : River Plate est encore en lice en Copa Argentina (demi-finale contre Estudiantes) et doit surtout jouer la finale de la Copa Libertadores le 23 novembre prochain face aux Cariocas de Flamengo. Le voir filer à l’anglaise avant ces deux grands rendez-vous (sans parler du Mondial des Clubs si River gagne son duel contre les Brésiliens) semble donc totalement exclu. Pourtant, la cote de Gallardo dans la Ciudad condal reste élevée. Et pour cause.

Des démentis, mais...

Bien connu en Ligue 1, El Muñeco est le coach de River Plate depuis juin 2014. Et à Buenos Aires, l’ancien joueur de l’AS Monaco et du Paris Saint-Germain fait des merveilles. En remportant la Copa Sudamericana en 2014, Gallardo a, dans un premier temps, mis fin à de longues années de disette sur le plan international. Ensuite, il a remis les Millonarios sur le toit de l’Amérique du Sud en remportant deux Copas Libertadores en 2015 et en 2018 face à l’éternel rival, Boca Juniors. Adoré par les supporters de River Plate, l’Argentin s’est construit une très solide réputation sur son continent natal. La suite logique voudrait donc qu’il traverse à nouveau l’Atlantique pour s’imposer sur le Vieux continent, non plus comme joueur, mais comme coach.

C’est donc ce qui explique pourquoi, malgré les démentis, la rumeur d’une potentielle arrivée à Barcelone de Gallardo reste un sujet chaud dans les travées du Monumental et dans les médias locaux. « Fin d’année agitée. Un mois charnière arrive et son nom est sur toutes les lèvres », a écrit le quotidien Clarin, renforçant ainsi l’idée d’un possible adieu en décembre. « Tout d’abord, il faudra que le Barça le contacte. Ensuite, ça dépendra de lui, de ce qu’il veut faire. Je suppose qu’il fera le bilan et que ce qui se passera lors de la finale de la Copa Libertadores influencera grandement sa décision. S’il s’impose et qu’il brille au Mondial des Clubs après, peut-être qu’il se dira qu’il n’a plus rien à faire ici et qu’il se mettra en quête de nouveaux objectifs. Quoi qu’il en soit, la décision finale viendra de lui, River ne lui mettra pas les bâtons dans les roues », nous a expliqué Claudio Mauri, journaliste à La Nacion.

Le cas Gallardo déchaîne les passions en Argentine

Une tendance présente également au sein du vestiaire de River. « Gallardo a la stature pour diriger un club comme le Barça », a ainsi confié le latéral gauche expérimenté de l’équipe, Milton Casco (31 ans). Simple ressenti ou pressentiment ? Casco est en tout cas l’un des éléments qui ont fait la réussite tactique du coach. « Son style de jeu est intense, agressif, avec beaucoup de mouvements. Le schéma tactique habituel est le 4-1-3-2 avec des latéraux qui se projettent beaucoup vers l’avant comme Casco, un latéral gauche qui revient souvent vers l’intérieur comme s’il était un numéro 10. River possède un système tactique très déroutant pour ses adversaires », nous explique Mauri.

Une chose est sûre, ce sujet fait donc beaucoup parler. Et notamment de nombreuses grandes figures locales. Comme l’ancien coach de San Lorenzo, Ricardo Caruso Lombardi. « Il peut travailler à Barcelone tranquillement. Marcelo est arrivé à moment incroyable de sa carrière et si l’opportunité se présente, il devra la saisir. Il est en condition, il voit qu’il a de l’envie », a-t-il indiqué au journal Olé. Ancien joueur de River Plate aujourd’hui commentateur à la télévision, Claudio Borghi y est allé encore plus fort. « D’Onofrio (le président de River Plate, ndlr) a assuré que Gallardo ne s’en irait que s’il (D’Onofrio) n’était plus président du club. Mais il y a une information selon laquelle Gallardo sera l’entraîneur de Barcelone en décembre. Valverde n’est pas bien et Marcelo est l’un des meilleurs entraîneurs du monde. Je le sais d’une source directe », a-t-il déclaré à la chaîne chilienne CDF. Info ou intox ? Ancienne figure de River plate, Enzo Francescoli s’est montré plus mesuré en affirmant qu’il n’était « pas au courant d’un intérêt du Barça pour Gallardo » et qu’il se refusait « à penser au jour du départ du coach de River ». Parce qu’il refuse d’imaginer un scénario crève-coeur ? Preuve en est que le cas Gallardo passionne.