Pour cette 4e journée de la Ligue des Nations, la France accueille, au Stade de France, une sélection nationale allemande moribonde. Sévèrement défaits aux Pays-Bas par trois buts à zéro, les Allemands ont subi les foudres de la presse. La majorité des critiques s’abattent sur le sélectionneur, Joachim Löw, qu’on annonce sur la sellette. En effet, son bilan, sur année civile, est déjà de cinq défaites et ce n’était plus arrivé à Die Adler depuis des décennies. En face, Didier Deschamps décidait d’aligner 10 des 11 titulaires de la rencontre - victorieuse - contre la Croatie en finale de la Coupe du Monde. Seul Kimpembe prenait place dans le onze en lieu et place de Samuel Umtiti, blessé au genou. L’objectif de cette rencontre pour les Bleus ? Jouer la tête du groupe avant d’affronter les Pays-Bas dans une sorte de petite finale.

On s’attendait donc, comme d’habitude avec les Tricolores, à une défense solide et des banderilles posées en contre avec la vitesse de Kylian Mbappé et la malice d’Antoine Griezmann. Il y eut, ce soir un léger round d’observation, mais celui-ci fut stoppé par Hugo Lloris. Le portier de Tottenham taclait in extremis un ballon venu de la gauche, mais contré par N’Golo Kanté (11e). Le gardien français n’était pas loin non plus de stopper le penalty tiré par Toni Kroos (0-1, 14e). Lancé sur le côté, Leroy Sané faisait du mal à la défense des Bleus. Le Citizen tentait de centrer en retrait, mais Kimpembe, déjà pas à son aise contre l’Islande, coupait la trajectoire de la main en taclant (13e). Dès lors, on pouvait imaginer que les Allemands allaient prendre les Bleus à leur propre jeu en contre. C’est ainsi que Leroy Sané, encore lui, tentait de centrer vers Timo Werner. Une nouvelle fois, Hugo Lloris en sortant de manière peu académique repoussait le danger (19e). Décidément l’ancien Aiglon avait du travail puisqu’il s’interposait à nouveau, de façon improbable, devant Ginter (24e).

Le changement payant de Didier Deschamps

Les Bleus malmenés, Didier Deschamps décidait de faire reculer Blaise Matuidi au milieu de terrain et donc les Tricolores passaient en 4-3-3 avec Griezmann sur l’aile droite et Mbappé à gauche. Le Parisien n’était d’ailleurs pas loin de reprendre une belle offrande de Griezmann (40e). En toute fin de période, Lucas Hernandez accélérait, éliminait trois adversaires avant de centrer en retrait pour Giroud qui ne cadrait pas sa reprise (45e). À la pause, les Bleus étaient logiquement menés. Au retour sur le rectangle vert, les Bleus repartaient avec de meilleures intentions, jouant plus haut. Toutefois, Didier Deschamps envoyait Tanguy Ndombélé, Dimitri Payet et Ousmane Dembélé s’échauffer. Sur une passe assez surprenante de Theo Hernandez, Kylian Mbappé prenait de vitesse Mats Hummels, mais ne parvenait pas, d’un extérieur du pied, à tromper Manuel Neuer (52e).

Les Bleus avaient le pied sur le ballon. Et ce qui devait arriver arriva. Sur un bon décalage de Paul Pogba, Lucas Hernandez envoyait un centre très fort. Au premier poteau, Antoine Griezmann surgissait pour mettre la balle en pleine lucarne (1-1, 62e). Il est à noter que le Colchonero a inscrit les trois derniers buts des Bleus contre l’Allemagne. Alors que les Allemands peinaient, les Tricolores tentaient d’appuyer, mais, c’est finalement la Mannschaft qui tentait, avec une frappe de Gnabry bien repoussée par Lloris (67e). Mais les Bleus étaient trop forts dans ce nouveau schéma de jeu. Mbappé envoyait le ballon dans la surface vers Matuidi, celui-ci glissait sur le pied de Mats Hummels et l’arbitre désignait le point de penalty (68e). Antoine Griezmann ne se privait pas et s’offrait un doublé (2-1, 79e). Dembélé entrait en jeu à la place de Mbappé et aurait pu alourdir le score si Neuer n’avait pas lu la trajectoire de la frappe (88e). Malgré un ultime coup franc, botté par Toni Kroos, les Allemands furent défaits (90e +5). Grâce à cette victoire, les Bleus ne sont plus qu’à un point du tournoi final de cette Ligue des Nations. L’Allemagne elle, est au bord de la relégation.

Retrouvez le film du match sur notre live commenté.

- L’homme du match : Griezmann (7) : celui qui rêve du Ballon d’Or a eu bien du mal à exister en première période. À sa décharge, il a beaucoup défendu pour aider ses coéquipiers à ne pas prendre l’eau sur les offensives allemandes. Du mieux lorsqu’il s’est exilé sur l’aile droite en fin de première période. Il offre, d’une somptueuse tête, l’égalisation aux siens (62e). Avant d’inscrire un doublé sur un penalty (69e). S’il n’a pas été parfait dans le jeu, il marque deux buts face à une grande nation et surtout offre la victoire aux Bleus. Il devient, avec ces deux buts, à la dixième position des meilleurs buteurs de l’équipe de France, à égalité avec Sylvain Wiltord (26 buts). Remplacé, sous une ovation qui a fait vibrer les tôles de l’enceinte dionysienne, par Tanguy Ndombélé (90e +1) pour sa deuxième sélection.

France :

- Lloris (7) : le capitaine de l’équipe de France a quasiment été impeccable lors de cette première période. S’il ne peut pas repousser le penalty de Kroos (14e), il a maintenu la tête des Bleus hors de l’eau à plusieurs reprises que ce soit par des arrêts ou des sorties. En deuxième période, il n’a pas eu grand-chose à faire, mais il l’a bien fait en repoussant une frappe lourde de Gnabry (67e).

- Pavard (5) : le latéral droit champion du Monde est sur la lancée de ses prestations avec les Bleus : faible défensivement. Il a pris complètement l’eau en première période, pas franchement aidé non plus par Mbappé, pour changer. Bref, si les Tricolores n’ont pas encaissé de buts venant de la droite c’est grâce à Raphaël Varane. Du mieux en seconde période, mais toujours à la limite...

- Kimpembe (2) : le défenseur du Paris Saint-Germain a eu déjà beaucoup de mal contre l’Islande, mais que dire de ce soir ? En première période, il a été totalement dépassé et c’est lui qui fait la faute de main sur le penalty (13e). Défensivement brouillon il a aussi pêché à la relance. Une trêve internationale à oublier pour le Titi Parisien. Une nouvelle relance catastrophique en seconde période aurait pu coûter cher.

- Varane (6,5) : si quelqu’un en doutait encore, c’est bien lui le patron de la défense de l’équipe de France. Il a réussi à colmater toutes les brèches et surtout à réussi à presque sauver la première période de Pavard et de Mbappé (défensivement). Sa lecture du jeu est absolument parfaite et on ne parle même pas de sa relance qui est absolument excellente. Ce soir, la Ligne Maginot, c’était lui, et, cette fois, cela a marché.

- Hernandez (7) : le joueur de l’Atlético Madrid a donné son corps à la science pour cette première période. Il a été relativement bon défensivement, se jetant quand il le fallait. C’est de lui que vient la plus grosse occasion des Bleus juste avant la mi-temps. Le Colchonero accélérait et transmettait à Giroud qui frappait au-dessus (45e). Il est à sauver. Il offre, d’un centre magnifique, le but de l’égalisation à Antoine Griezmann (62e).

- Pogba (6,5) : la Pioche a alterné le bon et le moins bon. Le moins bon pour commencer : il perd la balle trop facilement sur l’action qui amène le penalty (13e). En revanche, il a souvent été au départ des actions et a tenté de jouer juste. Pas toujours évident. Beaucoup mieux après le passage en 4-3-3. À l’image de ses coéquipiers, il s’est plus amusé en seconde période.

- Kanté (6) : il est la sentinelle de Didier Deschamps et il a tenté de le montrer ce soir. Il a eu beaucoup de mal à ne pas se noyer sur les vagues allemandes même s’il y a eu du mieux après le passage à trois. Beaucoup trop de passes latérales et un manque de verticalité criant en début de rencontre. Vraiment meilleur à la récupération en seconde période. Remplacé dans le temps additionnel par Steven N’Zonzi (90e +3).

- Matuidi (5,5) : le Juventino a eu beaucoup de mal sur son aile gauche en début de match. Constamment gêné par Ginter, il n’a pas su maîtriser son vis-à-vis au cours de la première partie de la première période. Dans un rôle plus défensif suite au passage au 4-3-3, l’ancien Parisien a su relever la tête et reprendre des couleurs. On retrouvait le Matuidi que l’on connaissait, celui qui se projette. C’est ainsi qu’il obtenait un penalty (68e).

- Griezmann (7) : voir ci-dessus.

- Mbappé (3) : il est l’autre qui rêve de Ballon d’Or, mais, en début de rencontre, à part faire des courses qui pourraient mettre la honte à Christophe Lemaitre, il n’a pas fait grand-chose de constructif. Un peu mieux lorsqu’il a évolué à droite vu qu’il avait beaucoup plus d’espace devant lui. Il choisit mal la surface de son pied lors d’un face à face avec Manuel Neuer (52e). C’est lui qui décale Matuidi sur l’action qui amène le penalty (68e). On est quand même loin du Mbappé qu’on avait aperçu il y a peu. Remplacé par Ousmane Dembélé (85e)., qui n’a mis que trois minutes à se mettre en jambe et obliger Neuer à se détendre (88e).

- Giroud (5) : qu’est-ce qu’il est utilisé à mauvais escient ! En tout début de rencontre, ses remises étaient parfaites puis il a, peu à peu, disparu des radars tant les offensives étaient soit dirigées vers Mbappé, soit vers lui, mais dans un combat physique seul face aux centraux allemands. Il aurait pu égaliser sur un centre en retrait d’Hernandez, mais il ne cadre pas sa frappe (45e). Il fut bien plus utile en seconde période lors que les Bleus jouaient plus haut.

Allemagne :

- Neuer (5,5) : aucune frappe cadrée du côté français en première période. Autant dire que le portier du Bayern Munich n’a pas eu l’occasion de s’employer, si ce n’est sur ce centre de Griezmann, que Mbappé n’a pu reprendre (40e). Au retour des vestiaires, il a remporté son face-à-face contre Mbappé (52e), avant de capter le centre tir du Parisien (53e). Sur l’égalisation, il a été trop court pour arrêter la tête de Griezmann (61e). Il est pris à contre-pied sur le penalty de Griezmann (79e). Il est de nouveau sollicité par Dembélé, se couchant bien (88e). Pas un mauvais pour lui match malgré ces deux buts encaissés.

- Hummels (4) : les accélérations de Mbappé lui ont fait mal (9e, 31e), mais son coéquipier Süle a veillé au grain pour le couvrir. Il a tout de même fait de bonnes interventions défensives (9e, 31e, 51e). Cependant, il a été le défenseur le moins en jambes aujourd’hui, et il a concédé un penalty sur une faute sur Matuidi, permettant aux Bleus de mener au score (79e).

- Süle (5) : le joueur du Bayern, positionné dans l’axe de la défense aujourd’hui, a bien couvert ses partenaires, notamment Hummels (31e). La deuxième période a été plus difficile. Il est dépassé par Mbappé (52e), avant de se reprendre avec deux interventions (69e, 75e). Mais les nombreux assauts adverses l’ont quelque peu mis en difficulté et il n’a pas réussi à tenir le score.

- Ginter (4,5) : auteur d’une bonne heure, il a tenu son rang défensivement face à Matuidi (49e) et Mbappé (56e), même s’il a laissé Hernandez centrer avant la pause (45e). Il a placé sa tête à la 36e minute, mais elle n’a pas été cadrée. Après l’égalisation, il a eu plus de mal et il est logiquement remplacé par Julian Brandt après le deuxième but français (83e), qui ne s’est pas mis en évidence.

- Schulz (6) : le joueur d’Hoffenheim a occupé le flanc gauche de la défense à cinq mise en place par Joachim Löw. Dans le premier acte, il a été très offensif, avec beaucoup de centres à mettre à son actif (8e, 23e, 31e, 34e). Il a aussi effectué un bon retour défensif sur Pavard (39e). Il a continué à centrer (55e), mais il n’a pas été décisif. Il a été plus en danger défensivement après l’heure de jeu, mais a quand même gagné son duel face à Mbappé (60e). Un bon match malgré la défaite.

- Kehrer (4,5) : positionné à droite en tant que piston dans cette défense à cinq, le Parisien a été présent offensivement et est beaucoup monté, multipliant les centres (11e, 35e, 38e) durant la première période. Pendant la deuxième, il a été plus à la peine défensivement, réclamant l’aide de Werner, en vain. Il a également perdu quelques ballons. Il n’a pas été dans son meilleur jour.

- Kroos (5) : le maître à jouer du Real Madrid a bien organisé le jeu de son équipe lors des 45 premières minutes. Il a été très important dans la possession de balle. C’est lui qui s’est chargé de transformer le penalty pour l’ouverture du score (14e), le premier but allemand dans cette Ligue des Nations. En seconde période, il a lâché le marquage de Griezmann, qui en a profité pour placer sa tête et égaliser (61e). Il a par la suite été moins dans le tempo dans la dernière demi-heure.

- Kimmich (4,5) : aligné aux côtés de Kroos au milieu de terrain, le natif de Rottweil a été propre dans l’entre-jeu, notamment dans ses relances. Il a aussi tenté sa chance à la suite d’un corner cafouillé, mais Lloris était attentif (24e). La deuxième mi-temps a été plus compliquée, et il a baissé en intensité physique.

- Sané (6) : comme il en a l’habitude, le Citizen a percuté et amené le danger au sein de la défense tricolore. Il a de nombreuses fois centré en première mi-temps (6e, 19e, 30e), obtenant un penalty grâce à l’un d’eux (13e). Il s’est également essayé à la frappe, mais elle a été contrée (34e). Il a poursuivi sur sa lancée en reprenant un centre de Schulz, mais sa tentative n’est pas cadrée (55e). Après quelques accélérations, il a cédé sa place à Julian Draxler (75e). Le Parisien n’a pas pesé sur cette rencontre.

- Gnabry (6) : le Bavarois s’est montré très disponible et intelligent dans ses déplacements le long de l’attaque allemande. C’est lui qui a été à l’origine du penalty obtenu par Sané, en récupérant haut le ballon (13e). Il a continué à tenter en revenant sur le terrain, frappant par deux fois, sans trouver la faille (59e, 67e). Il a naturellement été moins visible ensuite, la France poussant de plus en plus. Thomas Müller l’a remplacé à la 88e. Il n’a pas eu le temps de s’exprimer.

- Werner (5) : l’attaquant du RB Leipzig a mis le feu à la défense française ce soir. Il a beaucoup alterné avec ses compères d’attaque Gnabry et Sané. À la 19e minute, il n’a pu reprendre le centre de ce dernier, trop court. Néanmoins, c’est défensivement qu’il a un peu pêché, n’aidant pas vraiment Kehrer sur le côté droit. Lors de l’égalisation, il n’a pas attaqué Pogba, à l’origine de l’action (61e). Il s’est peu à peu effacé et n’a pas su être décisif pour relancer son équipe.