Dans le football moderne, il y a ceux qui décident de suivre le chemin classique (centre de formation, début en pro au sein du club formateur, passage dans un club intermédiaire et dans le meilleur des cas signature dans un club de très haut niveau). Mais parfois, certains joueurs décident de suivre d’autres voies. C’est le cas de Iheb Hadj Khalifa. Ce milieu de terrain offensif tunisien de 21 ans, capable également d’évoluer au poste de second attaquant, a été formé à l’AS Marsa (D1 tunisienne). Mais ce joueur, dont les qualités principales sont la technique, la qualité de dribble et la dernière passe, a décidé de forcer le destin et a quitté son pays natal.

L’AS Marsa puis... le Real Madrid

Interrogé par nos soins, Iheb Hadj Khalifa nous explique les raisons de son choix. « J’ai fait toute ma formation avec l’AS Marsa, mais j’ai décidé de quitter la Tunisie parce que là-bas on ne fait pas confiance aux jeunes joueurs et on attend qu’il aient 22 ou 23 ans avant de les lancer. Pourtant il y a de super joueurs dans nos centres de formation. Mais fort heureusement, la mentalité est en train de changer ces derniers temps, notamment à cause de la crise financière que subi de la plupart des clubs. Malgré tout, j’ai préféré quitter le pays pour tenter ma chance à l’étranger. » C’est là qu’il débarque en Espagne. Il déboule ainsi avec sa valise à San Sebastian Los Reyes, ville de la banlieue de Madrid qui évolue en Segunda B. « Je suis arrivé en Espagne et j’ai eu la chance de m’entraîner avec une équipe de Segunda B, San Sebastian Los Reyes. Mais je ne pouvais pas y signer. Malgré tout, ils m’ont laissé m’entraîner avec eux quelque temps. À partir de là, des agents et aussi des recruteurs du Real Madrid ont entendu parler de moi et ils m’ont proposé un essai au Real ».

Et là forcément, le jeune attaquant tunisien change de monde et s’entraîne avec la Castilla de Santiago Solari, alors coach de l’équipe. « Franchement, j’ai été super bien accueilli par les joueurs de la Castilla et tout le staff, c’était une super expérience, j’ai beaucoup appris. J’ai échangé avec plusieurs joueurs et j’ai eu la chance de m’entraîner sous les ordres de Santiago Solari. » Mais le niveau est trop élevé pour Khalifa qui quitte l’emblématique club espagnol après quelques semaines… Sans regret, mais avec beaucoup d’espoirs : « le niveau est très élevé, ce sont les meilleurs joueurs du monde, ce n’est pas facile de rester et de jouer. Ils m’ont dit que je n’étais pas encore prêt pour l’équipe première. »

Une expérience difficile au Borussia Dortmund

Qu’à cela ne tienne, l’ancien de l’AS Marsa n’a pas dit adieu à ses rêves de grandeur. Il débarque quelques semaines plus tard au Borussia Dortmund, là aussi pour un nouvel essai. Mais cette fois, cela ne se passe pas bien. « À Dortmund c’était différent, et ça ne s’est pas très bien passé », explique-t-il. « Je n’étais pas du tout habitué à des entraînements de cette intensité. La plupart des séances sont faites de courses et de musculation. Comme mes principales qualités sont plus techniques et avec le ballon, je n’ai pas pu montrer ce que je savais faire. Malgré tout, j’en garde de bons souvenirs, ça m’a permis d’être plus costaud mentalement. Le haut niveau c’est avant tout un mental à toute épreuve et je crois que mentalement je suis beaucoup plus fort désormais. » Un essai salvateur donc à défaut d’être décisif et durant lequel il a pu croiser un certain Azzedine Toufiqui, espoir du PSG, mis à l’essai en même temps au sein du club allemand.

Les qualités du joueur sont là, mais la dure réalité du très haut niveau le ramène sur terre. Mais une fois encore, Khalifa suit sa bonne étoile et s’engage dans un club, le Lokomotiv Zagreb chez qui il s’est engagé pour deux saisons il y a quelques jours. Un choix raisonné chez le sixième de première division croate dont il est sûr qu’il va rapidement s’avérer salvateur. « J’ai choisi le Lokomotiv Zagreb parce que j’avais la possibilité de faire une année complète avec plusieurs matches. Il y avait aussi la perspective de disputer l’Europa League, j’espère qu’on pourra se qualifier et accéder aux phases de poules. Aussi, le Lokomotiv est un club où beaucoup de grands joueurs croates ont joué avant d’aller dans de grands championnats, comme Andrej Kramaric (TSG Hoffenheim), Marko Pjaca (prêté par la Juve à la Fiorentina) ou encore Marcelo Brozovic (Inter Milan). J’espère suivre la même trajectoire. »

Le Lokomotiv, tremplin pour rejoindre un grand championnat

L’idée est donc de se montrer, lui qui est toujours sur les tablettes de grosses écuries européennes qui suivent avec attention son évolution. Car l’attaquant tunisien, qui rêve de sélection nationale et de Ligue 1 sait déjà ce qu’il souhaite pour sa carrière. « Oui, je suis le championnat de France, c’est un championnat que j’apprécie beaucoup. Bien sûr, j’aimerais beaucoup évoluer dans un club français. Pourquoi pas après mon expérience en Croatie au Lokomotiv. Après franchement, je n’ai pas de plan bien défini, mais mon objectif à court terme est de rejoindre un club qui joue l’Europe (Champions League- Europa League) dans un des 5 grands championnats. Et bien sûr devenir international A avec la Tunisie. C’est un objectif et je suis sûr d’y arriver très prochainement. » C’est tout le mal qu’on lui souhaite. Réponse dès le mois de juin dès qu’il sera qualifié avec le club croate.