L’indice UEFA pour les nuls. Tel pourrait être la prochaine édition de l’une des collections les plus achetées au monde. Car, il faut bien le dire, si tout le monde loue l’importance pour les principales nations du football d’être toujours bien placé dans cet indice, peu de gens connaissent véritablement son mode de fonctionnement. Nous allons tenter de vous l’expliquer en prenant exemple sur l’indice de la France en ce début de compétition européenne qui a déjà vu plusieurs tours qualificatifs de Ligue des Champions et de Ligue Europa se dérouler.

Tout d’abord à quoi sert-il exactement ? L’indice UEFA est utilisé par l’organisation européenne pour attribuer le nombre de places de chaque pays dans les diverses compétitions européennes (en Ligue des Champions et en Ligue Europa), il prend en compte chaque match joué en Coupe d’Europe, tour de qualifications inclus sur les cinq dernières saisons.

Passons au mode de calcul, et prenons l’exemple de la France, actuel 16e de l’indice avec un score de 2,750. Un score qui s’explique par la qualification des trois représentants en Ligue des Champions qui apportent 12 points de bonus (Pts B) (4 par club qualifié pour le premier tour de la LdC) et par les performances des clubs qualifiés pour le tour préliminaire de la Ligue Europa. L’élimination prématurée de Montpellier a déjà couté quelques dizièmes de points à la France qui récupère 4,5 points de qualification (Pts Q) (4 victoires du PSG, de Lille, d’Auxerre et de Montpellier et un match nul de Lille en Roumanie). Lors des premiers tours de compétitions, il faudra ajouter des points de compétition (Pts C). Avant d’entamer les différentes phrases de poules, le calcul donne :

- (Pts Q + Pts C + Pts B) / nombre de clubs qualifiés en début de saison = coefficient du pays

- (4,5+ 0 + 12) / 6 = 2,750, soit exactement le coefficient de la France.

Classement des nations au coefficient UEFA (entre parenthèses, le nombre de clubs restants en compétition et le nombre de clubs qualifiés cette saison pour les compétitions européennes) arrêté au 27 août 2010 :

1- Portugal 4,000 points (4/5)

2- Israël 3,625 points (1/4)

2- Belarus 3,625 points (1/4)

4- Serbie 3,500 points (1/4)

4- Danemark 3,500 points (2/5)

…...

7- Angleterre 3,357 points (6/7)

8- Allemagne 3,333 points (6/6)

…...

14- Italie 2,857 points (7/7)

…...

16- France 2,750 points (5/6)

…...

23- Espagne 2,214 points (7/7)

Un classement très surprenant, mais dont la hiérarchie s’explique par la méthode de calcul des points. Le coefficient UEFA d’un pays pour une saison est égal à la somme des points de ses clubs divisés par le nombre de clubs ayant participé à une compétition européenne durant cette saison. Cette somme de points se calcule sur la base de points obtenus lors du passage des tours de qualification et lors de la compétition à proprement parlé. Des points bonus sont également récoltés à chaque passage à un niveau supérieur à partir de la phase de poule de la Ligue des Champions ou en Europa League.

Il est donc logique de voir dans ce classement des petits pays tenir tête aux cadors européens : Israël ou le Belarus sont idéalement placés car ils ont dû passer un certain nombre de tours préliminaires avant d’atteindre les phases de poules, engrangeant ainsi des points bien plus tôt que la plupart des clubs espagnols ou anglais, qui débutent tout juste leur saison européenne. Mais vu le peu de clubs encore qualifiés, leur indice ne devrait plus beaucoup bouger durant le reste de la saison. À noter la première place du Portugal qui parvient à tirer son épingle du jeu, notamment grâce à la brillante qualification du Sporting Braga face au FC Séville. D’ailleurs, l’Espagne paie cash la contre-performance de son club puisqu’elle n’occupe que la 23e place de l’indice, et possède déjà un point de retard face à son rival anglais.

Les premiers matches européens du mois de septembre devraient opérer un certain retour d’une hiérarchie plutôt classique. L’indice UEFA 2010/11 remplace donc celui de la saison 2005/06, plutôt favorable à la France avec 10,812. Pour tenter de conforter sa cinquième place, l’intérêt pour nos clubs français serait d’atteindre le niveau de la saison passée, à savoir un indice de 15,000. Pas une mince affaire pour l’OL, l’OM, l’AJA, le PSG et le LOSC.

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