« On me surnomme David Luiz ou Carlos Valderrama par rapport à ma coupe de cheveux afro ». Sur un terrain de football, Bilal Brahimi n’est pas du tout du genre à passer inaperçu. Mais en plus de son style capillaire, ses qualités de footballeur sautent aussi aux yeux quand vous le regardez jouer. Rapide et puissant, ce milieu offensif de 18 ans, capable de jouer à droite comme à gauche, fait le bonheur de Middlesbrough. Un club qu’il a rejoint il y a maintenant un an après un parcours atypique que le joueur né en 2000 nous raconte. « Mon père m’a donné la passion du football. C’est un amoureux du ballon rond. Dès mon plus jeune âge, il m’a mis dans le bain (...) J’ai commencé le foot en club à l’âge de 10 ans à Cergy Pontoise. Je suis passé par toutes les catégories avant de rejoindre les U16 de Saint-Ouen l’Aumône. Après trois ou quatre mois avec les U16, j’ai été surclassé en U17. En fin de saison, j’ai fait des tests au Racing Colombes 92. Le coach me voulait et m’avait préparé des papiers. Mais entre temps, une équipe portugaise m’avait contacté durant l’été. Et finalement, j’ai signé en faveur de Leiria. J’y ai fait une année, qui a d’ailleurs été très enrichissante ».

Une expérience qui lui a permis d’évoluer à tous les niveaux. « J’ai quitté la maison à l’âge de 16 ans. Je ne vous cache pas que c’était très dur. J’ai dû quitter ma famille, mes amis, mes proches, ma vie tout simplement. Je devais aller dans un autre pays, où on parle une autre langue, avec une autre culture et où je ne connaissais personne. Ce n’était pas évident. Mais c’est une expérience qui m’a permis de grandir plus vite et d’être plus mature. J’ai beaucoup appris. Ça m’a mis dans le bain plus rapidement que d’autres je pense ». Fort de cette expérience, Bilal Brahimi a pu tenter l’aventure en Angleterre quelques mois plus tard. « Middlesbrough m’a contacté pour faire un essai de dix jours. En quatre matches, j’ai marqué trois buts et j’ai fait deux passes décisives. Ils m’ont rappelé en début de saison pour me proposer un contrat Scholarship de deux années. J’ai accepté ». Un nouveau départ pour ce Franco-Algérien. Pour sa première saison avec Boro en U18, il a planté 8 buts et délivré 14 passes décisives en 25 rencontres jouées. Il a aussi été surclassé avec les U23 (5 matches).

Une année charnière pour le prometteur Brahimi

Pour cette nouvelle saison, le natif de Paris espère bien poursuivre sur cette lancée. « J’ai repris avec les U23 cette saison. Mais je m’entraîne avec les pros. Il me reste une année de contrat. Donc mon but est de faire une grosse saison et de signer un contrat professionnel avec Boro. Je veux monter le plus vite possible avec les pros. C’est une année décisive pour moi ». Le 28 août, il a d’ailleurs eu l’occasion de disputer son premier match avec l’équipe professionnelle de Middlesbrough (victoire 2 à 1 face à Rochdale). Un vrai rêve comme il nous le raconte. « J’ai été un peu surpris quand j’ai appris que j’étais convoqué avec les pros. J’avais match avec les U23. A mon arrivée, on me dit que je ne joue pas avec les U23 mais avec les pros. J’étais excité comme un gosse. Toute la nuit, j’étais impatient d’être au lendemain. J’ai débuté sur le banc. Dans ma tête, je me disais que c’était déjà fou d’être dans le groupe. Avant le match, le coach est venu me voir pour me dire : "prépare-toi, tu vas rentrer". Moi, je pensais qu’il allait me faire rentrer dix ou quinze minutes à la fin. A la mi-temps, il m’a dit que j’allais rentrer. Je n’étais pas prêt pour ça (rires). Le premier ballon que j’ai touché, j’ai eu peur. Ensuite, c’est parti tout seul. J’ai joué 45 minutes. J’ai fait une bonne entrée. J’ai laissé une bonne image de moi je pense »..

Effectivement, c’est ce qui est ressorti dans la presse après la rencontre. Bilal Brahimi a été plutôt intéressant lui qui a vécu un moment fort de sa jeune carrière. « J’ai ressenti beaucoup de fierté, pour mes parents, pour mes proches mais aussi pour moi. Faire une entrée en pros à 18 ans, ça n’arrive pas à tout le monde. Le coach m’a mis en confiance. C’est une grande fierté. J’ai fait beaucoup de sacrifices pour en arriver là ». Et il ne compte pas s’arrêter ici. « Mon rêve est de gagner une Ligue des Champions et une Coupe du Monde ». Le Franco-Algérien, qui est en pleine réflexion concernant sa nationalité sportive, a d’autres ambitions pour le moment. « Si je travaille dur et bien, j’espère pouvoir jouer un jour en Premier League ». Il aura ainsi l’occasion de croiser certains de ses exemples. « J’ai trois modèles. Riyad Mahrez (Man City), Leroy Sané (Man City) et Gareth Bale (Real Madrid) ». En attendant, le jeune homme, courtisé par Everton, Newcastle et Liverpool l’été dernier, jongle entre les terrains et les bancs de l’école. « J’ai arrêté mes études rapidement en France. Je n’ai pas de Bac. Mais je continue l’école en Angleterre. J’ai des cours, deux fois par semaine au centre de formation et une fois au lycée. Je passe des petits diplômes en anglais ». Sur tous les terrains, Bilal Brahimi est donc attendu au tournant cette année !