« Clairefontaine, c’est horrible. T’as le château et c’est tout », avait avoué Antoine Griezmann en mai 2017 dans l’hebdomadaire Le Point. Eh bien à Istra, petite ville d’un peu plus de 35 000 habitants située à 60 kilomètres au Nord-Est de Moscou, Grizi et ses coéquipiers ne mènent plus la vie de château. Installés au Hilton Garden Inn Moscou New Riga depuis dimanche en fin de journée, les Tricolores ont investi un camp de base moderne et fonctionnel à l’abri de tous les regards et en plein cœur d’une immense forêt dans la région de Kostrovo. Un peu comme à Clairefontaine au final. Sauf qu’Istra est vraiment au milieu de nulle part. Quelques maisons par-ci, par-là, une poignée de commerce au bord de longues routes et surtout des arbres à foison, voici le cadre dans lequel les coéquipiers de Hugo Lloris vont vivre durant leur séjour en Russie (à l’exception des veilles et jours de matches). Un lieu donc propice au travail et à la concentration avant un rendez-vous capital.

Ce qui plaît beaucoup à Didier Deschamps, comme il l’a expliqué lundi après-midi en conférence de presse. « On est bien installé. On a un camp de base qui est très agréable parce qu’il y a de l’espace. Les services de la Fédération ont fait un gros travail pour personnaliser ce lieu. Il y a tout ce qu’il faut. Ce n’est pas le grand luxe, mais c’est confortable et très fonctionnel pour nous. Donc les joueurs sont ravis et le staff aussi. Tout va bien ». Les joueurs sont en effet enchantés à écouter Steven Nzonzi, de passage ce mardi face aux médias. « Je pense qu’il y a une très bonne vie de groupe. On rigole. On passe forcément beaucoup de temps ensemble. Donc il y a des petits moments qui sont sympathiques. On prend beaucoup de plaisir à être ensemble au quotidien ». Si l’ambiance est bonne, les journées à Istra sont longues pour les joueurs nous a avoué un proche d’un international tricolore.

Istra ne voit pas la vie en bleu

À l’aise dans leurs nouveaux quartiers, les Bleus se plongent petit à petit dans la Coupe du Monde. Toutefois, l’atmosphère qui règne à Istra et ses alentours ne les aide pas vraiment à se mettre dans l’ambiance. Car c’est un calme absolu, limite déroutant, qui plane. La folie bleue ne s’est pas emparée d’Istra. Il faut tout de même préciser que la plupart des locaux ne sont même pas au courant que les Tricolores siègent dans le coin, nous a-t-on expliqué. Et hormis les panneaux de la FFF à l’hôtel, au centre d’entraînement et au centre média, et bien sûr la présence des forces de police, pratiquement rien n’indique qu’une nation participant au Mondial est ici. Enfin, pour ne rien arranger, les Tricolores sont limite en vase clos. Leur hôtel, isolé, est situé à 11kms du stade de Glebovets où ils s’entraînent et à 12kms du Musée de Jérusalem où se tiennent les conférences de presse.

Pourtant, Didier Deschamps assure qu’il ne veut pas couper totalement ses joueurs du monde extérieur. « Hermétique ? Surtout pas. On a besoin de tranquillité mais je ne veux surtout pas avoir un style bunker. C’est très évasé (le camp de base), il y a beaucoup d’espace ». Il a ajouté : « Vous savez, on est soumis à des règles de sécurité qui sont très élevées. Je vais vous donner un exemple. Même notre président qui a dû sortir ce matin, il n’a pas pu rentrer. Il avait sa carte. Mais, non c’est non. Est-ce que ça va s’assouplir ? Je l’espère un petit peu. Mais c’est sûr qu’on a besoin d’un petit peu de tranquillité ».Si les joueurs, qui ont fait un shooting photo pour la FIFA dans la matinée de lundi, vont devoir tuer l’ennui durant leurs moments libres, ils pourront surtout se concentrer sur le principal et l’essentiel : le football.

Travail et bonne ambiance

En ce qui concerne le terrain justement, les Bleus ont effectué un premier entraînement d’un peu plus d’une heure lundi. Démarré sous une pluie battante, il s’est déroulé en trois phases. Ambiance studieuse durant une session de courses autour du terrain, avant que les regards ne se dérident lors d’un jeu de passes. Un exercice où l’on a pu voir plusieurs binômes bien connus se former (Mbappe-Thauvin, Griezmann-Pogba en autres) et commencer à travailler avec le sourire aux lèvres. Enfin, l’entraînement s’est conclu par une opposition sur un quart de terrain. Toujours dans la bonne humeur, en témoignent les « yes » criés par Mbappe après chaque but, les grands sourires d’Antoine Griezmann ou encore le chambrage maison offert à Corentin Tolisso après un tacle jugé trop appuyé par l’ancien Lyonnais. L’ambiance était donc au beau fixe et tout ce petit monde en a terminé avec ce premier entraînement en prenant la pose devant l’objectif d’un des membres du service de presse des Bleus.

Mardi, les Bleus ont pu tester leur cote de popularité en Russie. Après avoir rencontré 23 supporters tricolores qui ont fait le voyage de Paris à Moscou, en passant par Lyon samedi (pour le match amical face aux Etats-Unis), les hommes de Didier Deschamps ont effectué une séance ouverte au public. Et les fans des Français n’ont pas hésité à donner de la voix en entonnant des chants à la gloire des joueurs. Les Russes, peu présents depuis l’arrivée des Bleus à Istra, sont venus en masse. Ce qui a d’ailleurs étonné les habitués qui nous ont avoué qu’ils ne s’attendaient pas à en voir autant. Tout ce petit monde a assisté à la deuxième séance de la semaine. Une séance qui a qui a débuté principalement par une opposition sur terrain réduit avant une deuxième à 6 contre 6 (trois équipes) sur une moitié de terrain. Des exercices qui, malgré la blessure de Kylian Mbappe, se sont déroulés dans une ambiance chaleureuse. De quoi se mettre petit à petit dans l’ambiance avant le match de samedi à Kazan.