Didier Deschamps est plus que détendu. Le sélectionneur tricolore est au septième ciel ce dimanche. Son équipe de France est championne du Monde. Pourtant, cela n’était pas forcément gagné pour les Tricolores, eux qui n’étaient pas considérés comme les favoris de ce tournoi. L’Allemagne, l’Espagne et le Brésil avaient les faveurs de bookmakers et des observateurs. Mais la bande à DD l’a fait. Comment en est-on arrivé là ? Pour le coach des Bleus, tout a commencé au moment de composer sa liste des 23. Une liste qui a été au coeur des débats et où on a surtout parlé des absents à l’image de Benzema, Lacazette, Digne ou encore Rabiot. Mais Deschamps, en bon capitaine du navire, a assumé ses décisions peu importe ce qu’on pouvait en dire. « Pour arriver à ça, les choix les plus importants sont ceux de la liste. Choisir les 23, évidemment ce sont des footballeurs qui ont des qualités, mais ce sont des choix d’hommes pour construire un groupe qui est censé aller le plus loin possible. Les joueurs me donnent raison à travers ce qu’on a fait ».

Deschamps et son staff se sont attachés à créer plus un groupe qu’une équipe. Un collectif qui fait leur fierté aujourd’hui, d’autant qu’il y a encore quelques années on mettait plus en avant des individualités comme Platini ou Zidane. « Le football a évolué. Antoine (Griezmann), au-delà de toutes ses qualités, a beaucoup d’humilité aussi. Il sait très bien qu’il existe à travers un collectif. Oui, le collectif est une chose primordiale. Mais il y a des joueurs, des individualités qui ont fait la différence. Évidemment, on peut parler d’Antoine (Griezmann), de Kylian (Mbappé), de Paul (Pogba), de Raphaël (Varane), Samuel (Umtiti), etc... Mais dans la façon de construire cette équipe, le bien-vivre ensemble était important. Ils ont vraiment tout fait ensemble, que ce soit sur ou en dehors du terrain. Ils mettent toujours ça en avant. Moi, je leur dis que je suis convaincu que ça passe par le collectif. Que des individualités ressortent, que vous les mettiez en avant, il n’y a pas de soucis. Mais c’est toujours à travers un collectif. Des les entendre parler de ça, on est dans le vrai. Après, il faut concrétiser tout ça sur le terrain. Le terrain leur donne raison aujourd’hui ».

Le déclic face à l’Argentine

Un groupe qui a su adhérer aux demandes de Deschamps. « Une grosse partie du métier d’entraîneur et de sélectionneur, c’est la psychologie, le management, les discussions, de faire en sorte d’amener les joueurs dans cet esprit collectif. Ça ne se fait pas du jour au lendemain ». Mais pour l’ancien entraîneur de l’OM, le huitième de finale face à l’Argentine a été un déclic pour sa troupe. « Oui, ça a été un élément déclencheur bien évidemment parce que c’était l’Argentine, une grande nation avec Leo Messi. On a réussi à renverser cette situation, ça donnait encore plus de force à mon groupe. À partir du moment où je viens pour une compétition, je choisis des joueurs. Oui, j’y croyais. Après savoir comment ça allait se passer. On était que qualifiés pour les quarts de finale. Il y a eu tellement d’euphorie après cette qualification contre l’Argentine. Heureusement, il y a eu suffisamment de jours entre pour que les joueurs apprécient puis s’y remettent. Parce que si c’était pour se planter cinq jours après contre l’Uruguay, ça aurait été bien mais ça n’aurait pas eu beaucoup de signification. Cette envie, cette faim de victoire, elle est venue progressivement aussi pour arriver à cette apothéose ce soir ».

Et malgré les critiques sur le jeu des Bleus, sur le fait que la France ne soit pas un beau champion du Monde, DD est fier de son groupe où les titulaires comme les remplaçants ont été importants. « La France est championne du Monde. On a fait les choses mieux que les autres. Après, j’avais un groupe qui était très jeune car il y avait 14 d’entre eux qui découvraient ce qu’était une Coupe du Monde. Mais malgré cela, la qualité est là. Ma plus grosse fierté avec ce groupe c’est qu’ils ont réussi à avoir l’état d’esprit pour une telle compétition. Je leur ai rabâché sans arrêt de ne rien lâcher. On a des imperfections et aujourd’hui (dimanche) aussi on n’a pas tout bien fait. Mais il y a ces qualités mentales, psychologiques qui ont été déterminantes dans cette Coupe du Monde où on a pu voir que les équipes qui avaient la plus grande maîtrise, ça n’a pas suffi. Nous, on n’en a pas eu tout le temps assez. En première mi-temps (contre la Croatie), on n’en a vraiment pas eu beaucoup. Mais on menait 2 à 1. Vous pouvez vous poser la question si on est un beau champion. La réponse est qu’on est champion et que la France sera sur le toit du monde pendant quatre ans ». Et ça personne ne pourra jamais lui enlever !