Les joueurs de l’Atlético de Madrid ont ressenti hier soir ce que beaucoup de joueurs de Ligue 1 ont vécu en Coupe de France. Cette saison, la Coupe du Roi a changé de format et désormais, chaque tour se dispute sur un seul match (contrairement à un aller-retour auparavant). Un nouveau scénario davantage propice aux surprises, comme on peut en voir en France. Ce fut le cas avec les éliminations du Celta Vigo (par Mirandés) et du Betis (par le Rayo Vallecano) et d’Eibar (par Badajoz).

Et c’est ce qu’il s’est passé aussi hier à Leon, dans le nord de l’Espagne. Opposé à la modeste formation de 4e division, la Cultural Leonesa, l’Atlético de Madrid a été battu 2 buts à 1. Pourtant, Correa pensait avoir fait le plus dur en ouvrant le score peu après l’heure de jeu. Mais c’était sans compter sur Castaneda (83e) et Benito en prolongation (108e). Un énorme couac, qui fait forcément sensation en Espagne, puisque l’ancien format permettait généralement aux gros calibres de se rattraper lors de la deuxième manche en cas de faux pas à l’aller. Cette fois, plus de droit à l’erreur. Et à Leon, on a fêté ça.

« Je suis très fier de mon effectif. Ce sont eux les héros. La clé a été de croire qu’on pouvait revenir au score. Avant l’ouverture du score, nous n’avons pas trop souffert, mais après, on a subi plusieurs occasions. Ce n’est pas facile de revenir face à une équipe de ce calibre », a déclaré l’entraîneur de Leonesa, José Manuel Aira. Mais hier, les médias attendaient surtout le passage des Madrilènes devant les micros. Sortis de la Coupe, distancés en championnat par le duo Real-Barça (l’Atlético est à 8 points) et moins effrayants, les Colchoneros vivent une saison plutôt fade. Mais comme à son habitude, Diego Simeone n’a pas sombré dans le défaitisme.

Un nouveau format qui change tout

« On n’a pas pu marquer et c’est entièrement ma responsabilité. Nous sommes éliminés d’une belle compétition, qui ne vous permettait plus de perdre. Il y a eu d’autres moments difficiles dans d’autres saisons. Ça ne m’a changé de perdre deux finales de Ligue des Champions. Je ne vais pas changer maintenant. Je crois en mes joueurs. Ce genre de chose ne devrait pas arriver. J’ai un gros effectif et je suis sûr que les résultats arriveront », a-t-il déclaré, avant de répondre à un journaliste lui demandant s’il s’agissait de la fin d’un cycle. « Vous êtes dans une position où il faut absolument juger. Nous, on doit travailler. »

Également venu à la rencontre des journalistes, Saúl Ñiguez n’a pas eu d’autre choix que de se confondre en excuses. « C’est le moment de rester unis, d’être plus forts que jamais. Ça ne peut pas se répéter. Je le dis et je continue à le dire, ce n’était pas l’Atlético que je connais. On ne représente pas cette équipe de cette façon. Nos supporters ne méritent pas ça. Les joueurs sont coupables. Nous le voyons depuis le début de la saison. On sait être compétitif face aux gros, mais dès qu’on joue contre une équipe de même niveau ou moins forte, nous ne sommes pas capables de faire le jeu. Je suis ici depuis sept ans, et ça n’était jamais arrivé. » Il y a une première à tout. Et ce nouveau format nous réservera encore bien d’autres surprises de la sorte !