Tout va très vite en football. Il y a un an, sur le banc de Rio Ave, Miguel Cardoso étonnait le Portugal. Cet ancien adjoint au Shakhtar Donetsk, grâce à des résultats probants et un style séduisant, plaçait le club de Vila do Conde dans les hauteurs du classement de Liga NOS, terminant même à la 5e position, tapant un temps dans l’œil de Lille puis convaincant finalement le FC Nantes de miser sur lui pour l’après-Claudio Ranieri. Aujourd’hui, le technicien lusitanien est au chômage, après deux limogeages en moins d’une saison.

L’expérience chez les Canaris tournait court, sur fond d’altercation avec Nicolas Pallois, séances d’entraînement trop longues, stage de préparation éreintant et salariés du club mécontents. Huit petites journées, quatre défaites, trois nuls, une victoire après son intronisation et une triste dix-neuvième position en Ligue 1, le Lusitanien était remercié par Waldemar Kita en octobre. Le président de la maison jaune ne l’avait pas épargné publiquement en remettant ses choix de joueurs et son style de jeu en question.

« Il faut peut-être oublier certaines choses et reprendre la base quand on ne peut pas tout changer du jour au lendemain », lâchait le patron dès la fin du mois d’août avant d’en remettre une couche un mois plus tard. « Jouer à la "baballe" c’est bien, mais à moment il faut jouer au ballon (sic). Ce que je veux dire c’est qu’il faut aller au but pour pouvoir marquer. Faire des échanges tout le temps, ce n’est pas toujours évident et pas constructif. (...) Vous savez c’est toujours difficile quand vous avez quelques millions qui sont sur la touche. Il va falloir qu’on se mette d’accord ». Une aventure tuée dans l’œuf.

Deux gros échecs en neuf mois à peine...

Un premier coup dur, dont le natif de Trofa ne tardait pas à se remettre. Un peu plus d’un mois plus tard, en novembre, il poussait le Celta de Vigo, qui venait de se séparer d’Antonio Mohamed, à miser sur lui pour se relancer. Un joli rebond dans une écurie alors 11e de Liga. Seulement, si les premières semaines laissaient entrevoir un léger mieux dans le jeu, grâce notamment à l’intronisation d’un 4-4-2, les résultats allaient là encore lui coûter sa place. Son bilan après quinze matches toutes compétitions confondues est loin d’être glorieux : dix défaites, trois nuls et deux succès seulement.

Il avait su tenir bon grâce au soutien de certains cadres du vestiaire galicien, Brais Mendez avait notamment pris position pour lui publiquement. « Cardoso mérite que l’on soit à mort derrière lui », avait lancé l’international espagnol à El Desmarque. Également sauvé par des circonstances atténuantes (l’absence prolongée de son meilleur joueur Iago Aspas), il a eu, avec seulement 11 points pris sur 42 points possibles, raison de la patience de sa direction, qui voit la zone rouge se rapprocher très dangereusement.

Dix-septième, le Celta n’a que deux points d’avance sur le premier relégable Villarreal. En un an, et après avoir enchaîné deux échecs retentissants tant sur le plan du jeu que sur le plan médiatique, Miguel Cardoso a grandement entamé son crédit sur le marché. La saison dernière, Vincenzo Montella, limogé par l’AC Milan fin novembre puis par le FC Séville fin avril (et ce, malgré un 1/4 de finale de Ligue des Champions), avait connu pareille mésaventure. L’Aeroplanino se cherche toujours un nouveau banc depuis...