Il n’avait que 17 ans et évoluait au pays, à l’AIK Solna, mais était déjà présenté comme le nouvel Ibrahimovic. Il faut dire que les points communs entre les deux hommes sont évidents, puisqu’en plus d’être compatriotes, les deux ont un gabarit similaire, ils sont grands et longilignes, mais surtout, ont un style de jeu assez proche. On l’a par exemple vu lors du match de Copa del Rey entre le Real Madrid et la Real Sociedad, où Isak nous a offert une reprise acrobatique pour le moins zlatanesque. Très médiatisé après ses premiers pas dans le championnat suédois, il a rapidement rejoint le Borussia Dortmund, qui l’avait recruté au nez et à la barbe des plus grosses écuries anglaises et espagnoles notamment. Les Jaune et Noir ont ainsi déboursé 9 millions d’euros pour le recruter en janvier 2017.

Mais en Allemagne, il a dû se contenter d’un temps de jeu famélique, évoluant très souvent avec l’équipe réserve du club de la Ruhr. Après n’avoir joué aucun match sous les ordres de Lucien Favre en première partie de saison dernière, il file direction l’Eredivisie avec un prêt à Willem II. Et là, succès total : 13 buts et 7 passes décisives en... 16 matchs ! De quoi taper dans l’œil de la Real Sociedad, qui a posé un peu moins de 7 millions d’euros pour l’attirer au Pays basque. Un montant qui semble aujourd’hui... dérisoire. Et pourtant, le Suédois de 20 ans n’avait pas commencé la saison en tant que titulaire, puisque la place d’attaquant de pointe était occupée par Willian José, présent au club depuis plusieurs saisons déjà et assez régulier dans ses prestations. Mais peu à peu, Isak s’est emparé de la place de titulaire !

La Real Sociedad, le club idéal pour les jeunes joueurs

Et pour cause, le profil d’Isak colle à merveille au jeu développé par les troupes d’Imanol Alguacil. À l’aise dans le jeu et n’ayant aucun problème pour décrocher, il combine à merveille avec ses partenaires de couloir que sont Portu, Oyarzabal ou Januzaj. Avec lui, le jeu est plus fluide qu’avec Willian José. Et dans la surface, même s’il a encore tendance à se louper sur certaines occasions, il est létal. Il totalise déjà 15 buts toutes compétitions confondues cette saison, dont 7 en 2020. Dès qu’il touche le ballon dans les derniers mètres, on sait qu’il peut se passer quelque chose et qu’il est capable d’inverser la tendance d’un match. Sa palette très complète lui permet d’éliminer un rival avant d’offrir un caviar ou de conclure l’action de lui-même. Le tout, avec un côté assez spectaculaire en prime. Son entrée en jeu ce week-end lors du derby basque en est la preuve, puisqu’en l’espace de 35 minutes, il a signé un but et une passe décisive. Un attaquant complet qui fait aussi le bonheur des joueurs qui l’entourent. « On est très content de l’avoir », expliquait Mikel Oyarzabal, le franchise player des Txuri-Urdines, en milieu de semaine.

Comment expliquer la forme du Suédois ? Comme Martin Odegaard, qu’on ne présente plus, ou un autre ancien de Dortmund, Mikel Merino, Isak profite du jeu résolument offensif prôné par son entraîneur. On veut jouer simple, toujours au sol, et avec le regard toujours porté vers les buts rivaux. Alguacil a réussi à créer une véritable machine dans laquelle tous les joueurs offensifs se régalent dans une alchimie parfaite, et seules les lacunes défensives de l’équipe la privent de jouer les premiers rôles. Le contexte aide aussi, puisque la Real Sociedad est un club relativement éloigné de la pression médiatique et dont le travail de formation et de post-formation est reconnu dans tout le pays. Le natif de Solna, dont les qualités individuelles sont évidentes, est ainsi mis dans les meilleures conditions pour réussir. De l’autre côté des Pyrénées, on s’enflamme déjà mais on tremble aussi, puisque les Espagnols l’auront en face d’eux à l’Euro... On rappelle également que le Borussia Dortmund possède une clause de rachat de 30 millions d’euros seulement. Autant dire qu’un duo Erling Braut Håland - Alexander Isak aurait fière allure.