Vainqueur de l’Europa League pour la quatrième fois de son histoire, le FC Séville a encore frappé fort. Dans une Liga où les clubs vedettes se nomment le Real Madrid, le FC Barcelone ou encore l’Atlético Madrid, l’écurie andalouse aime rappeler à l’Europe qu’elle sait réaliser de gros coups. Un exploit continental à ne pas prendre au rabais, mais plutôt comme un modèle. Car si l’entraîneur Unai Emery a récolté une partie des louanges depuis mercredi soir, il ne faut pas oublier le travail de l’ombre d’un certain Ramón Rodríguez Verdejo.

Plus connu sous le surnom de Monchi, ce dernier fait partie des meilleurs directeurs sportifs d’Europe. La raison ? Parce que Monchi sait s’accommoder des petits moyens financiers du club de Nervion pour flairer les bons coups sur le marché des transferts, bâtir une équipe compétitive dans le but, à moyen terme, de réaliser de grosses plus-values. Une stratégie que le dirigeant sévillan a expliquée au média Underground Football. « Nous sommes un club vendeur parce qu’avec nos revenus habituels, nous ne pourrions pas arriver là où nous sommes. Et il ne s’agit pas de vendre, mais de réaliser des plus-values afin d’avoir une équipe au-dessus de tes moyens (de départ), même si ça ne garantit pas toujours le succès. »

Monchi a réalisé d’énormes plus-values

Certes, le FC Séville n’a jamais vraiment été capable de se mêler à la lutte pour le titre en Liga, mais ses performances en coupe d’Europe démontrent que la méthode Monchi fonctionne. Il n’y a qu’à jeter un œil sur la somme qu’a fait gagner le directeur sportif nervionense à son club pour se rendre compte de la rentabilité de ses transferts. Underground Football a ainsi recensé dix-neuf joueurs recrutés par Monchi puis revendus. Le constat est sidérant. Recrutés pour un total de 38,72 M€, ils ont rapporté à Séville pas moins de 270,47 M€ ! Parmi les plus-values importantes, on peut citer Sergio Ramos, formé au club et vendu 27 M€ au Real Madrid. Autre membre de la cantera andalouse, Jesus Navas avait, lui, rapporté 25 M€ (acheté par Man City). Plus récemment, Ivan Rakitic, qui avait été recruté en échange de 2,5 M€, a, quant à lui, généré une plus-value de 21,5 M€ lors de son transfert au Barça (24 M€). Mais le coup le plus juteux de Monchi reste le Brésilien Daniel Alves. « L’opération idéale c’est Daniel Alves. Elle remplit tous les critères : un jeune joueur, inconnu du grand public et pas cher. Il s’est adapté et nous l’avons très bien vendu. » Acheté pour 550 000€, le latéral auriverde avait été vendu aux Blaugranas contre un chèque de 42 M€ !

Spécialiste de la plus-value, Monchi aime dénicher des talents méconnus, mais pas seulement. Recruter des éléments connus en panne sèche dans leur club fait également partie des paris tentés. « Luis Fabiano a mis deux ans pour s’adapter. Si le club n’avait pas été aussi patient, nous serions passés à côté d’un grand buteur. Regardez Forlan : il ne marquait pas beaucoup à Manchester United et il a fini par être Soulier d’Or avec Villarreal (2005). » Luis Fabiano (72 buts en 149 matches de Liga), un très bel exemple quand on sait que le Brésilien n’a jamais marqué un seul but en L1 avec Rennes et qu’il plafonnait à trois réalisations à Porto. Malheureusement pour Monchi, il existe quelques regrets. Et non des moindres !

Joueurs mondialement connus, Robin van Persie et Nigel De Jong auraient en effet dû être Sévillans. « Je me suis déplacé en Hollande et nous avions trouvé un accord avec Feyenoord et le joueur (van Persie). Mais Arsenal me l’a arraché. Je me rappelle, c’était en 2004. Ça m’a fait mal aussi quand Hambourg m’a soufflé De Jong. Tout était réglé. » Deux déceptions qui ne ternissent cependant pas l’incroyable bilan de Monchi. Un travail remarquable qui ne passe pas inaperçu en Europe puisque le nom de l’Andalou est désormais associé à plusieurs cadors continentaux. « Je ne suis pas à vendre », a toutefois déclaré le principal intéressé juste après le triomphe sévillan de mercredi dernier.