« Suite aux annonces du Président de la République afin de répondre à la crise sanitaire liée au Covid-19, le Conseil d’Administration de la LFP a décidé à l’unanimité ce vendredi 13 mars de suspendre immédiatement les championnats de Ligue 1 Conforama et de Domino’s Ligue 2 jusqu’à nouvel ordre. Comme l’a souligné hier le Président de la République, il faut placer l’intérêt collectif au-dessus de tout. L’urgence est aujourd’hui de freiner l’épidémie, de protéger les plus vulnérables, et d’éviter les déplacements, » a déclaré la Ligue de Football Professionnel, dans un communiqué publié ce matin, au sortir d’un conseil d’administration exceptionnel convoqué par Nathalie Boy de la Tour.

Alors que plusieurs pays avaient déjà annoncé le gèle de leurs championnats ces deux derniers jours, la France a emboîté le pas. Reste maintenant à savoir ce qu’il adviendra de cette saison 2019/20. Le football reprendra-t-il ses droits dans les semaines à venir ? Toutes les hypothèses sont envisagées, même les plus farfelues. Président du collège des clubs de Ligue 1 de la Ligue de football professionnel (LFP), également membre du comité exécutif de la Fédération française de football (FFF), et bien entendu président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas a livré son sentiment au journal Le Monde, concernant l’issue du championnat. L’homme fort de l’OL n’y est pas allé par quatre chemins.

« On annule tout et on repart sur la situation du début de saison. »

« La meilleure solution serait de dire "c’est une saison blanche", ce qui évite à ceux qui sont concernés par le bas du tableau de se retourner contre la LFP et la FFF. Le règlement stipule que c’est à l’issue du championnat que l’on descend d’une division. Une décision différente ouvrirait une brèche juridique qui coûterait très cher. Le plus logique serait alors de dire : " on annule tout et on repart sur la situation du début de saison ", a lancé Jean-Michel Aulas, partisan de l’annulation pure et simple de l’exercice en cours. Pour éviter, selon ses mots, que les équipes du bas de tableau ne soient flouées, n’ayant pu défendre leur chance de maintien jusqu’au bout.

Certes, Toulousains, Amiénois et Nîmois trouveront bien injuste de se retrouver en Ligue 2 ou en barrages, si le championnat ne reprenait pas et si les positions actuelles étaient conservées. Mais le président lyonnais semble oublier que des équipes ont jusqu’alors concouru pour les places européennes. Selon sa méthode, on repartirait sur les positions de la fin de la saison dernière. Le PSG, le LOSC et l’Olympique Lyonnais seraient donc invités à participer à la prochaine édition de la Ligue des champions. Marseillais (actuels 2e) et Rennais (3e), ne se sentiraient-ils pas floués ?

Jean-Michel Aulais fait fi du podium actuel

« Evidemment (si les mêmes clubs étaient conviés en coupes d’Europe, il y aurait des mécontents), mais le règlement appliqué à ceux qui n’ont pas de bons résultats et auraient dû descendre, serait aussi appliqué aussi à ceux qui sont en haut du tableau et qui auraient pu jouer des qualifications européennes », a renchéri le président de l’OL, avant de conclure. « Il faut être dans les premiers à la fin du championnat. Si on arrêtait le Tour de France à la douzième étape, je ne sais pas si on dirait que le Tour a sacré ses champions. Dans tous les cas, il faut regarder ce que disent les règlements », insiste le président de l’OL. Les débats risquent en tout cas d’être animés si le championnat de France édition 2019/20 ne devait pas reprendre.