Comme à l’aller, l’AS Monaco et le Paris SG se sont séparés sur un score nul (1-1) dans ce choc au sommet de la 24e journée de L1. Les Rouge-et-Bleu entraient mieux dans la partie, posant comme à leur habitude le pied sur le ballon. Ils concrétisaient leur première véritable occasion sur un corner de Thiago Motta, prolongé par Alex et conclu par Javier Pastore (0-1, 8e). Les Monégasques réagissaient immédiatement. João Moutinho et Jérémy Toulalan tentaient leur chance de loin, mais la défense parisienne s’interposait par deux fois (9e). Lucas Ocampos frappait à son tour, obligeant Salvatore Sirigu à une parade (13e). Emmanuel Rivière voyait ensuite Thiago Silva lui subtiliser le ballon alors qu’il s’apprêtait à marquer (14e). Le PSG laissait passer cet orage princier, à l’expérience, mais non sans mal. Le club de la capitale repartait ensuite de l’avant, Maxwell étant à deux doigts de trouver Zlatan Ibrahimovic dans la surface adverse (17e).

Moutinho, d’un reprise de volée lointaine (22e), faisait passer un nouveau frisson dans la défense francilienne, mais les partenaires de Lucas se reprenaient immédiatement. Ibra voyait son coup franc puissant à l’entrée de la surface repoussé par Danijel Subasic (24e). Pastore était tout proche du doublé, après un dribble extérieur sur Eric Abidal, mais le cadre se dérobait sur son tir (31e). Ibra s’essayait à un nouveau coup franc, plus lointain cette fois, mais Subasic captait facilement le cuir (37e). Tout en contrôle, le PSG allait tout de même voir une légère réaction de l’ASM en fin de première période avec un tir contré de Fabinho (40e) et une tentative désespérée de Rivière (44e). Au retour des vestiaires, les hommes de Laurent Blanc reprenaient le contrôle des opérations. Ibra ne cadrait pas sa tête sur un corner de Motta (52e). Quelques minutes plus tard, le Suédois voyait son terrible coup franc des 25 mètres repoussé par Subasic (55e). Le portier croate était ensuite tout heureux de voir la tête de Pastore passer juste à côté de ses cages alors qu’il semblait battu (56e).

Face à leur public de Louis II, Ricardo Carvalho et ses coéquipiers tentaient de réagir, mais Sirigu, parfois chanceux, s’interposait devant Kurzawa (57e), Germain (59e) et Rivière (61e). Lucas (73e) s’essayait à un tir des 25 mètres, poussant Subasic à dégager en catastrophe. Le K.O. était dans l’air et Monaco choisissait ce moment pour asséner un uppercut. Fabinho voyait son centre rasant dévié dans ses propres filets par Thiago Silva (1-1, 75e). Le match relancé, chaque onze se projetait à la recherche du but vainqueur. Fabinho, encore lui, a eu sa chance (88e). Zlatan lui aussi (89e). Mais à chaque fois, les gardiens ont pris le dessus grâce à des arrêts réflexes. Score final (1-1). L’écart entre le PSG et l’ASM reste donc de 5 points au classement après 24 journées.

Homme du match : Danijel Subasic (7) : s’il est passif sur l’ouverture du score, le portier de la formation princière a sorti le grand jeu devant Ibrahimovic (24e, 37e, 55e, 78e) et Lucas (73e). Sa parade face au Suédois (89e) restera longtemps dans les mémoires. Il s’est par ailleurs montré souverain dans le jeu aérien et les centres parisiens (23e, 67e, 78e). Solide et précieux sur sa ligne.

Monaco :

- Subasic (7) : voir ci-dessus

- Fabinho (6,5) : habitué à se projeter vers l’avant, le Brésilien a tenté sa chance à plusieurs reprises (12e, 22e, 27e et 40e). L’un de ses nombreux centres (75e) a poussé Thiago Silva à la faute et au but contre son camp. Sa frappe aurait pu offrir la victoire à l’ASM, mais Sirigu s’est interposé (88e). Il a plutôt bien assuré son travail défensif face à Pastore, Maxwell ou Matuidi.

- R. Carvalho (5,5) : l’expérimenté défenseur central a affiché beaucoup d’envie, se montrant par ailleurs très serein dans ses interventions (4e). Il a d’ailleurs plutôt bien muselé Ibra lorsqu’il était dans sa zone, à une seule exception en fin de match (89e). Averti (35e).

- Abidal (4) : moins souverain que son partenaire, il ne s’est pas toujours appliqué sur ses relances (16e, 41e). Trop facilement pris sur le dribble de Pastore (31e), il a néanmoins dégagé un centre très dangereux de van der Wiel (44e). Reste que sa passivité est parfois très inquiétante...

- Kurzawa (6) : le gaucher a réalisé une première période aboutie. Attentif face à Lucas et van der Wiel, il a également su se porter intelligemment vers l’avant lorsque le besoin s’en faisait sentir (4e, 9e, 14e). Tête sans danger pour Sirigu (58e).

- Toulalan (6,5) : s’il a livré un gros travail dans l’entrejeu, avec beaucoup de ballons grattés, le n° 29 n’a pas été aussi brillant dans l’utilisation du ballon, laissant cela à d’autres. Indispensable malgré tout dans le système monégasque.

- J. Moutinho (5) : le Portugais a abattu un terrain considérable, mais il a sans doute manqué de lucidité dans son jeu de passes avec des choix parfois étonnants ou des transmissions ratées. Sa reprise de volée (22e) et son coup franc lointain (31e) n’ont pas suffisamment mis Sirigu en danger.

- Ocampos (6) : il a été l’un des meilleurs de l’ASM en première période. Son gros pressing a gêné les Parisiens. Disponible, en parfaite harmonie avec Kurzawa à gauche, il a trouvé des espaces entre les lignes pour mettre la défense des Rouge-et-Bleu sous pression, comme sur cette belle frappe (13e). Étonnamment remplacé par Kondogbia (46e) (6,5). Le champion du monde U20 a apporté du liant dans la mécanique de Ranieri grâce à sa qualité de passe et de déplacement.

- J. Rodriguez (5,5) : l’ancien pensionnaire du FC Porto a effectué un important pressing durant les quarante cinq premières minutes. Malheureusement, il n’a eu que peu de ballons dangereux à exploiter en première période, hormis une frappe contrée (42e). Le Colombien, plus libre après la pause, a trouvé le moyen de participer à l’action de l’égalisation des siens, en décalant Fabinho. Averti (38e). Remplacé par Ferreira Carrasco (85e).

- Germain (5) : le pur produit de la formation monégasque a été un poison pour la défense parisienne, gênant sans cesse la relance par ses courses. Il n’a pas eu beaucoup de situations face aux buts, hormis une déviation de la tête dangereuse sur corner (13e). Remplacé par Berbatov (64e). Le Bulgare a pu faire admirer sa technique sur quelques subtiles déviations. Pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent pour sa première en rouge-et-blanc.

- Rivière (5,5) : il ne lui a manqué que la réussite ce soir. Son bon débordement côté droit (9e) n’a pas trouvé preneur. Et à chaque fois qu’il s’est retrouvé en position de marquer, l’attaquant de l’ASM est tombé sur un os : Thiago Silva (14e), Alex (44e), Sirigu (61e).

PSG :

- Sirigu (6,5) : au contraire de son homologue monégasque, le portier parisien n’a pas eu beaucoup de parades déterminantes à réaliser, mais a dû faire preuve d’une concentration à toute épreuve devant l’activité adverse. De bonnes prises de balles, deux beaux arrêts sur des frappes d’Ocampos et Fabinho (13e, 89e) et une sortie salvatrice devant Rivière (59e). L’Italien a répondu présent, et ne peut pas grand-chose sur le but monégasque, ayant été surpris par l’intervention de Thiago Silva (74e).

- van der Wiel (6) : hormis un centre dangereux ayant amené une sortie aventureuse de Subasic (23e), le latéral s’est globalement peu signalé, le jeu parisien ayant surtout penché à gauche. En revanche, défensivement, ce fut l’inverse, les ailiers monégasques ayant beaucoup exploité son côté. S’est avéré solide dans les duels.

- Alex (7) : buteur lors des deux dernières journées de L1, le central brésilien s’est encore avéré décisif ce soir, et encore une fois, sur coup de pied arrêté. En effleurant de la tête un ballon sur corner, il a permis au même titre que Carvalho à Pastore d’ouvrir le score (8e). Du reste, impérial dans les airs et jamais pris de court, il a fait le boulot.

- T. Silva (6,5) : à l’instar de son acolyte de défense centrale, le capitaine francilien a abattu un gros boulot ce soir. Pour tout dire, il ne fut pris de vitesse qu’en une seule occasion, mais il s’est repris dans sa surface en enlevant délicatement le ballon des pieds de Rivière avec un tacle parfait (14e). Une action comme symbole de son activité, lui qui a réalisé un nombre incalculable de contres. L’un d’entre eux, malheureusement pour lui, trompera son portier (74e)...

- Maxwell (6) : sobre comme toujours, mais une vraie présence. Entre interventions sécurisantes pour dégager son camp (10e), ou éloigner le danger sur corner (11e), le Brésilien n’a pas ménagé ses efforts. Pas en reste offensivement, lui qui a sélectionné soigneusement ses montées, et les a fait fructifier comme avec ce caviar pour Ibra (16e). La copie est quelque peu gâchée par son retard au marquage sur Fabinho sur l’égalisation monégasque, retard également dû à l’errance de Ménez (74e).

- T. Motta (7) : toujours serein, le chef d’orchestre parisien a ce soir réalisé un moins grand nombre d’ouvertures de qualité, la faute à une possession plus partagée. Mais il a participé activement au travail défensif, s’offrant quelques retours et interventions déterminantes. Précieux, quelle que soit la configuration.

- Verratti (5) : le petit prodige a toujours cette classe qui s’accompagne de beaux gestes techniques. Mais à côté de cela, il n’a pas été déterminant ce soir, et a perdu un nombre anormal de ballons, l’une de ses pertes devant sa surface ayant manqué de profiter à Ocampos (13e). Moins anormal, le nombre de fautes commises, lui qui s’est battu comme un beau diable dans l’entrejeu. Remplacé par Cabaye (65e).

- Matuidi (4) : le PSG avait besoin de son abnégation, l’international tricolore, en dépit d’un grand nombre de kilomètres parcourus, s’est avéré très discret. S’il a couru plus que les autres, il est aussi celui qui a touché le moins de ballons, signe qui ne trompe pas quant à sa participation dans le jeu parisien.

- Lucas (6,5) : peu en vue offensivement en première période, le jeu n’étant pas passé pas par son côté. Cependant, il s’est montré à la fois sobre et efficace dans ses prises d’initiatives, et n’a pas rechigné à la tâche défensive. Un match très sérieux de l’ailier brésilien. Remplacé par Lavezzi (81e).

- Ibrahimovic (5,5) : le meilleur buteur de Ligue 1 a vécu une soirée frustrante. Peu servi et peu en vue, il ne se sera finalement procuré que deux occasions dans le jeu, ratées, malgré le service parfait de Maxwell face au but (16e) et un face à face rapproché avec le portier (90e). Le Suédois ne s’est véritablement signalé que sur coup-franc, en allant tâter les gants de Subasic par trois fois (24e, 37e, 55e). Rien de décisif.

- Pastore (7) : le numéro 10 argentin était ce soir titularisé dans une position inhabituelle, sur le flanc gauche de l’attaque parisienne. Mais ça, et Laurent Blanc l’avait prédit, c’était seulement pour la feuille de match. Dans la pratique, Pastore a beaucoup bougé. Parisien le plus en vue sur le début de partie, il fut l’auteur de l’ouverture du score, lui qui était bien placé au second poteau pour pousser de la tête le cuir au fond (8e). Très disponible, il a participé au jeu, et également réalisé les efforts défensifs. Un vrai bon match. Remplacé par Ménez (65e), qui ne s’est signalé qu’en oubliant par deux fois Fabinho dans son dos, ce qui s’est finalement avéré décisif (74e)...