Privé du choc face à l’AS Monaco dimanche dernier en raison des intempéries sévissant sur la Côte d’Azur, le Paris Saint-Germain retrouvait le championnat ce mercredi soir à l’occasion de la réception du FC Nantes. Une rencontre marquée par plusieurs absences. Marco Verratti, Ander Herrera et Presnel Kimpembe côté parisien, Marcus Coco, Kalifa Coulibaly, Fabio, Abdoulaye Touré et René Krhin côté nantais. L’objectif des deux équipes était très clair. Le PSG souhaitait remettre l’Olympique de Marseille à distance (les Phocéens n’avaient que deux points de retard, mais deux matches en plus), alors que les Canaris souhaitaient confirmer leur succès à domicile contre Toulouse après cinq matches de L1 sans victoire.

Pour la première fois de la saison, Thomas Tuchel a pu aligner d’entrée le duo Neymar-Mbappé. L’Allemand n’a toutefois pas voulu mettre ses quatre fantastiques ensemble et a laissé Mauro Icardi sur le banc, aux côtés d’un Edinson Cavani plus que jamais remplaçant de luxe. Paris a fait tourner le cuir, balançant les Nantais dans la largeur du terrain, sans pour autant se créer de grosses occasions. Mbappé s’est souvent retrouvé esseulé devant la défense adverse pendant que Neymar et Di Maria forçaient les percées individuelles au lieu de jouer à une touche de balle. L’action où Neymar se retrouve plein axe, aux abords de la surface, et choisit d’y aller tout seul alors que Di Maria était disponible sur le côté droit en est le parfait exemple (16e).

Paris fait la différence mais ne convainc pas

Le PSG ne jouait pas juste, les trois de devant ne se sont pas beaucoup trouvés. Beaucoup de déchets techniques et un jeu bien trop lent pour déstabiliser le bloc nantais très bien organisé. En face justement, Nantes a très bien couvert les espaces et lorsqu’il a fallu sauver les meubles, Girotto a su répondre présent face à un Neymar qu’il n’a pas lâché. L’international auriverde a d’ailleurs signé une première période bien triste. 33 ballons touchés, 0 dans la surface nantaise après 33 minutes de jeu, la statistique fait mal. Il pensait quand même s’en sortir avec ses rares éclairs de génie sur une reprise victorieuse du gauche, finalement annulée par la VAR (41e), et dans un face-à-face avec Lafont mal négocié (45e+2). Autant de couacs qui a finalement provoqué un fort agacement chez les Parisiens à la pause.

Au retour des vestiaires, les Parisiens ont décidé de se mettre enfin à jouer en équipe, avec du jeu en une touche de balle. Résultat, on en a plus vu en sept minutes après la pause que lors des 45 premières minutes. Sevré de munitions jusque-là, Mbappé a profité de l’altruisme retrouvé de ses coéquipiers pour se distinguer avec deux tentatives (47e, 50e), avant d’ouvrir le score pour Paris en concluant d’une Madjer un centre de l’extérieur du gauche de Di Maria (1-0, 52e). On pensait alors que la machine rouge et bleu était enfin lancée. Mais il faut croire que ces dix minutes de haute intensité ont suffi aux Parisiens. Une fois le tableau d’affichage débloqué, les hommes de la capitale sont retombés dans leurs travers en perdant un grand nombre de ballons. Nantes pensait alors pouvoir s’accrocher au mince espoir du match nul. C’est sans compter sur l’entrée en jeu de Mauro Icardi. Ultra décisif depuis son arrivée dans la capitale, l’Argentin n’a mis que quatre minutes pour provoquer le penalty du break, profitant d’une énorme bourde entre Nicolas Pallois et Alban Lafont. Un penalty que n’a pas manqué Neymar (2-0, 84e). Vainqueur aux forceps, le PSG n’a pas convaincu dans le jeu, mais reprend cinq points d’avance sur son dauphin marseillais. De son côté, le FCN est désormais neuvième.

Revivez le film du match

Homme du match : Navas (7) : le Costaricain n’a strictement rien eu à faire en première période, hormis un arrêt sur une frappe (non cadrée) de Blas. Idem en deuxième où il a su sortir une parade décisive face à Louza (59e) puis une autre en toute fin de match même si le sort du match était scellé. Pas beaucoup de travail mais 100% d’efficacité, Navas a encore fait le job et a été le seul joueur du PSG irréprochable ce soir. Sans lui, Paris aurait pu vivre une soirée encore plus compliquée. À l’heure où les offensifs sont rarement séduisants, il convient de souligner ses prestations régulières et satisfaisantes.

PSG :

- Navas (7) : voir au-dessus.

- Meunier (5,5) : dans ce match compliqué pour les trois de devant, le Belge a été l’un des rares Parisiens à apporter un plus offensivement. Positionné très haut sur le terrain, à la demande de Tuchel, il a tenté beaucoup de centres. Ce qui ne l’a pas empêché pour autant de réaliser plusieurs bons retours défensifs.

- Thiago Silva (5,5) : peu sollicité au début de match, le capitaine parisien a vécu une soirée mitigée sur le plan défensif puisqu’il a eu plus de travail à effectuer en deuxième période en raison des grands espaces laissés au milieu. Offensivement, il a profité du positionnement haut de son équipe pour tenter des relances à destination d’une attaque bien esseulée.

- Diallo (5,5) : comme son coéquipier dans l’axe de la défense, il n’a pas eu à forcer son talent pour éviter le pire en première période avant d’être davantage sollicité. Il a également souvent réclamé du mouvement à ses partenaires lorsqu’il se retrouvait en possession du ballon près de son but, pressé par l’adversaire.

- Kurzawa (5) : à l’instar de Meunier, l’ancien Monégasque était positionné assez haut. Mais contrairement au Diable Rouge, il n’a rien apporté de spécial.

- Gueye (5,5) : comme d’habitude depuis quelques matches, on s’est dit qu’on n’avait toujours pas retrouvé le Gueye flamboyant du 3-0 infligé au Real Madrid en Ligue des Champions, même si le Sénégalais n’a pas chômé pour autant et a récupéré plusieurs ballons. Et puis il est un peu monté en puissance en deuxième période.

- Marquinhos (5) : à nouveau installé en sentinelle, le Brésilien a livré un match correct défensivement, même s’il a été rarement obligé de s’employer. Pour le reste, sa prestation a été assez neutre, mais appliquée.

- Draxler (4) : pour sa troisième titularisation consécutive en championnat, l’Allemand avait une belle carte à jouer après des apparitions plutôt intéressantes. Mais dans un match où les Parisiens ont manqué de rythme, notamment dans l’entrejeu, il n’a jamais été le joueur capable d’être le détonateur du jeu francilien. Son seul fait d’arme de la première période a été un contact avec Louza qui a provoqué l’annulation de l’ouverture du score de Neymar (41e). Remplacé par Sarabia (77e).

- Di Maria (5) : l’homme en forme de ce début de saison du PSG a trop souvent cherché à faire la différence en s’enfermant dans la tenaille adverse au lieu de privilégier la passe en une touche de balle. Un peu plus en vue au retour des vestiaires. Passeur décisif pour Mbappé (52e).

- Mbappé (5,5) : positionné à la pointe de l’attaque, le natif de Bondy retrouvait un poste qu’il affectionne. Malheureusement pour lui, la première période a été un calvaire. Alors que le duo Neymar-Di Maria lui promettait des caviars, le champion du monde n’a quasiment rien à eu à se mettre sous la dent hormis une tentative non cadrée sur un centre de Meunier (28e). Mais visiblement, le discours de Tuchel à la pause lui a été bénéfique. Dès que ses coéquipiers se sont mis à jouer plus rapidement, il a pu immédiatement se mettre en évidence par une tentative non cadrée (47e) et un tir à bout portant repoussé par Lafont (48e). Auteur de l’ouverture du score d’une belle Madjer sur un caviar de Di Maria (52e). Remplacé par Icardi (78e). A peine entré en jeu, l’Argentin a provoqué le penalty du break transformé par Neymar.

- Neymar (5,5) : à nouveau aligné d’entrée de jeu aux côtés de Mbappé, le Brésilien a rapidement cherché à combiner avec le Français dès le début de la rencontre. Sans réussite (2 passes lors des 20 premières minutes du match). Et puis pas grand-chose en première période, la faute à un excès d’individualisme et à un manque d’application. Très bien marqué aussi par Girotto. Juste avant la pause, il a bien cru débloquer la situation en reprenant victorieusement un corner mal renvoyé par les Nantais. Mais c’était avant que la VAR ne décide d’annuler son but pour une faute de Draxler sur Louza (41e). Sans parler de son face-à-face raté avec Lafont (45e+2). Au retour des vestiaires, il s’est enfin mis à être plus collectif et à jouer en une touche de balle. A l’origine de l’ouverture du score de Mbappé et buteur sur penalty en fin de match (84e). Remplacé par Cavani (87e).

Nantes :

- Lafont (4) : une première période au début très calme, où il a été concentré comme lors de son face-à-face avec Neymar, puis le tout s’est accéléré. Il aurait pu encaisser un premier but par le Brésilien (41e) mais la VAR a annulé cette ouverture du score. S’il s’interpose d’abord devant Mbappé avant de rentrer aux vestiaires (45e+2), il n’a rien pu faire sur son but (52e). Ensuite, il s’est remis dans le bain avec ce sauvetage devant Neymar (71e) avant de craquer sur un dégagement totalement raté qui a ensuite amené un penalty transformé par ce même Neymar (84e).

- Appiah (6) : la physionomie du match ne l’a pas vraiment montré dans les premières minutes du match, les attaques parisiennes ayant lieu sur le côté gauche. Cependant, le latéral droit s’est tout de même montré intéressant sur les quelques incursions en dégageant les ballons. Il a été mis un peu plus en évidence sur la seconde période puisque beaucoup d’attaques venaient de son côté, où il a répondu présent.

- Pallois (6) : le capitaine du FC Nantes a essayé de se montrer présent face à la vitesse du PSG. Si tout n’a pas été parfait dans son jeu défensif en première mi-temps, le défenseur central a fait ce qu’il avait à faire. Il a ensuite été plus facilement débordé lorsque le PSG a passé la seconde au retour des vestiaires, mais au final, il n’a pas craqué restant volontaire et solide dans les duels. Il aurait pu réduire la marque sans un excellent sauvetage de Navas (90e+3).

- Girotto (6) : lui a réalisé une performance à l’image de son début de saison, c’est-à-dire très propre. Volontaire, il a été une réelle gêne pour Neymar ou encore face à Mbappé en étant auteur d’un sauvetage important dans la surface de réparation (24e). Sa seule erreur, où il a couvert le champion du monde d’un hors-jeu, a amené l’ouverture du score (52e).

- Traoré (5,5) : le latéral gauche a eu affaire à de sérieux clients, heureusement pour lui dans un mauvais soir. En première période, il s’en sort plutôt bien malgré certaines actions défensives plutôt maladroites à l’image de ce dégagement manqué sur un corner parisien qui aurait pu coûter l’ouverture du score (41e), annulé par la VAR. Un manque qu’il a su combler en seconde période se montrant bien plus précieux, et ce, même lors des contres nantais.

- Louza (5,5) : le milieu de terrain s’est montré précieux dans la récupération lors du premier acte, malheureusement sans action dangereuse de la part du FC Nantes ensuite. Il avait la balle d’égalisation au bout du pied mais il a buté sur un Navas attentif (58e). Pour se rassurer, il a remporté la plupart de ses duels dans le jeu malgré un grand nombre de ballons perdus suite au pressing parisien.

- Abeid (4,5) : lui a été un peu plus brouillon défensivement que son coéquipier au milieu de terrain lors des 45 premières minutes à l’image de sa faute sur Di Maria qui partait en contre, ce qui a obligé l’arbitre à sortir un carton jaune (29e). Il a gâché une grosse occasion d’égaliser dans la surface de réparation avec une prise de balle permettant le retour de la défense du PSG.

- Bamba (5) : l’ailier droit s’est montré plutôt actif en première période, mais il a manqué de justesse dans les derniers gestes à l’instar de cette sublime sortie de balle devant Draxler. Il a perdu la majorité de ses duels malgré son envie de bien faire. Il a écopé du troisième carton jaune de la rencontre après une faute sur Neymar (39e). Remplacé par Benavente (77e) :

- Blas (5,5) : le milieu offensif a été le Nantais qui aurait pu permettre à son équipe d’ouvrir le score. En effet, sa frappe totalement dévissée à la suite d’un corner a été le premier tir du match (14e) puis il a également obligé Navas à s’interposer pour la première fois dans cette rencontre (28e). Dans le jeu, il a perdu un bon nombre de duels, mais il a été très précieux dans son jeu de passes (97% de passes réussies).

- Simon (5,5) : le joueur prêté par Levante a été particulièrement remuant sur son côté gauche, amenant le danger. Cependant, lui aussi a été victime d’un manque de justesse dans le premier acte privant son équipe d’éventuelles occasions qui lui aurait fait du bien. Repositionné dans l’axe après la sortie de Youan, il aura manqué d’un rien pour être dangereux devant le but parisien.

- Youan (3,5) : la pointe de ce Nantes-là a été très peu en vue dans ce match avec de nombreux duels perdus tout en ayant le plus faible nombre de ballons joués (14). Il n’a eu aucune occasion à se mettre sous la dent. Il aurait pu être passeur décisif si Louza avait transformé sa passe devant Navas (58e). Remplacé par Moutoussamy (60e) qui a réalisé une très bonne rentrée se montrant présent offensivement.