Alors que son expérience à Nantes avait démarré sur les chapeaux de roue, Vahid Halilhodzic connaît des dernières semaines moins heureuses sur les bords de l’Erdre. La faute principalement à un fond de jeu qui s’est étiolé ces derniers matches avec deux défaites 1-0 à la clé et à une inquiétante disette offensive, qui a coïncidé avec le feuilleton Emiliano Sala. Alors forcément, en conférence de presse, la réaction du technicien bosnien était très attendue et n’a pas déçu. S’il refuse de baisser les bras, coach Vahid avoue plusieurs fois être en pleine phase de réflexion quant à son avenir à long terme à Nantes.

Devant le nombre important de journalistes présents à la Jonelière, Halilhodzic a rapidement donné le ton. « Qu’est-ce qui va se passer ? Je ne sais pas. Je suis un peu résigné, pas content... Mais c’est comme ça. Vous êtes tous venus pour que j’annonce mon départ. C’est facile pour moi de dire ça. Mais il faut plus de responsabilités que ça. Je suis quelqu’un de responsable. Quelqu’un de libre et la liberté ça se paye. Si ça ne va pas, je peux me permettre de partir. En ce moment, beaucoup de choses m’ont déçu. C’est un moment crucial pour l’équipe. Il faut être costaud. Je ne dois pas craquer en premier. Il faut que je mène cette équipe qui a besoin de moi. La priorité c’est le match de dimanche », a-t-il expliqué comme pour démentir toute idée de quitter un navire jaune pris en pleine tempête, tout du moins jusqu’à Angers. « Il peut se passer beaucoup de choses, pour l’instant je dois préparer le match. Normalement, je serai sur le banc à Angers. Il faut avoir le cœur assez costaud, l’équipe a besoin de Vahid. Il faut mettre de côté mes sentiments. Il ne faut pas que je sois égoïste. »

Vahid Halilhodzic n’a pas du tout aimé la gestion du dossier Sala

Plus désabusé et déçu que réellement en colère, l’ancien coach du PSG a quand même fait passer des messages à ses dirigeants. « Bien sûr que je ne suis pas content sur beaucoup de choses. Je ne suis pas content de la situation de Sala, des résultats. Je suis quelqu’un qui aime bien gagner. Quand je suis déçu, je ne le cache pas. » Un peu résigné, le technicien bosnien sait que la situation du FC Nantes ne tient qu’à un fil, rompu en partie à la suite du départ programmé de Sala.« Il y a beaucoup de réflexions sur beaucoup de choses. Depuis trois mois, on a vraiment bossé. Je sentais que c’était fragile. Quand vous êtes dans la position de l’entraîneur, vous découvrez beaucoup de choses. En ce moment, la situation est très délicate. Je prépare un match sans aucun attaquant disponible. »

Le départ d’Emiliano Sala est donc bien au sujet de tous les tourments du coach nantais. « Sala ? C’est sûr qu’il était demandé. On se pose des questions pour la suite. Si vous êtes disponible, vous pouvez venir jouer dimanche ? », ironise-t-il, confirmant par ailleurs le départ de son buteur argentin, auteur tout de même de quasiment 50 % des buts de son équipe depuis le début de la saison. « J’ai eu un message hier soir qui me disait que c’était fait. Le président m’a appelé hier soir, je n’ai pas répondu. Je l’ai eu tout à l’heure. Il m’a expliqué certaines choses, le joueur disait autre chose. Je sais juste que Sala est parti. Ils sont tous contents, sauf peut-être moi. Je ne veux pas entrer plus dans les détails. » En effet, si Waldemar Kita travaille forcément sur un remplaçant à Sala, il n’en a visiblement pas parlé avec coach Vahid, au grand regret de ce dernier. « Je n’ai pas été consulté sur le nom du remplaçant d’Emiliano Sala », ajoute Vahid. L’homme fort du FC Nantes va devoir faire jouer de tous ses réseaux pour tenter de lui fournir un attaquant de même calibre, et ce, même si Nantes va récupérer une dizaine de millions d’euros dans l’opération Sala.