Presque sept mois se sont écoulés entre la demi-finale retour perdue sur le terrain de la Juventus et la bérézina en terres portugaises. Sept mois au cours desquels l’AS Monaco est passée d’équipe irrésistible capable d’atteindre le dernier carré de Ligue des Champions, qui se refuse encore au PSG de QSI, au statut de champion de France en perdition. Avec Porto, Besiktas et le RB Leipzig dans son groupe homogène le club du Rocher s’attendait à livrer une bataille de tous les instants pour se qualifier pour les huitièmes de finale. Mais là, les hommes de Leonardo Jardim ont fait fort.

Certes, il convient de rappeler que l’entraîneur portugais a dû recomposer une équipe privée de nombreux éléments-clés partis l’été dernier (Mbappé, Silva, Mendy, Bakayoko, Germain entre autres), mais le bilan présenté par l’ASM à la fin de cette phase de poules aurait pu être tout autre. Oui, le visage de Monaco a changé, mais cela peut-il pour autant justifier le fait de n’avoir remporté aucun match (0 victoire, 2 nuls, 4 défaites) et surtout d’avoir encaissé pas moins de 16 buts (record pour un club français dans le format actuel de la compétition) ? Interrogée à l’issue de la rencontre, la majeure partie du vestiaire asémiste n’a pas cherché à se dédouaner.

Une remise en question pour le mercato ?

« Les joueurs qui ont commencé la rencontre ont fait de leur mieux mais ça n’a pas été possible de rivaliser », a indiqué Radamel Falcao. « Nous ne sommes pas parvenus à remplir notre objectif qui était de gagner même si nous étions déjà éliminés. Maintenant que l’Europe est terminée pour nous, il faut relever la tête et se concentrer sur le Championnat », a poursuivi João Moutinho. Tête basse, les joueurs de l’ASM ne seront donc pas surpris des titres de la pression française du jour. « Monaco, claque de fin » (Nice-Matin), « Monaco, noir c’est noir » (L’Equipe), « Monaco sort par la petite porte » (Le Progrès). Une débâcle face à laquelle Leonardo Jardim a fait face.

« Quand on prend cinq buts, quand tu fais une campagne aussi négative que la nôtre, il n’y a pas beaucoup d’enseignements positifs à tirer. Une chose au moins est claire : on n’était pas au niveau de cette compétition. Nous sommes dans un nouveau cycle, il faut un peu de temps et du travail pour progresser et répondre aux exigences de la Ligue des Champions. Nous devrons analyser pourquoi et prendre les bonnes décisions en termes de recrutement », a-t-il confié en conférence de presse. Encensé pour sa capacité à revendre ses talents à prix d’or quitte à se délester d’une grosse partie de ses cadres, Monaco va-t-il changer son fusil d’épaule dans sa politique de recrutement ?