L’affiche de ce groupe B entre le Paris Saint-Germain et le Bayern Munich promettait d’être épicée. A cette occasion, Unai Emery alignait son onze type en 4-3-3 avec sa MCN en attaque. Côté Bayern, Carlo Ancelotti se passait de Ribéry, Robben et Hummels et Boateng. Martinez, Müller et James Rodriguez prenaient place dans le 4-3-3 façonné par le technicien italien. Et le PSG ne traînait pas pour prendre le contrôle des opérations. Neymar s’emparait du cuir sur la gauche et semait la zizanie dans la défense bavaroise avant de servir Dani Alves. Décalé sur la droite de la surface, le latéral droit brésilien trompait Ulreich de près (1-0, 2e). Une entame idéale qui n’affectait pas plus que cela les joueurs de Carlo Ancelotti. Ces derniers reprenaient le fil du match et parvenaient à se montrer dangereux. Décalé sur la gauche, James Rodriguez effectuait un centre tir qui obligeait Rabiot à mettre en corner (11e).

Quelques secondes plus tard, Kimmich centrait pour Müller seul devant Areola. Sa tentative passait à côté des buts parisiens (12e). Dans une bonne période, le Bayern se montrait une nouvelle fois dangereux. Sur un mauvais renvoi de la défense parisienne, Martinez reprenait le cuir de volée et obligeait Areola à dévier en corner (17e). Paradoxalement, l’ouverture du score du PSG galvanisait les joueurs de Carlo Ancelotti, ce qui obligeait le club parisien à jouer en contres. Sur une récupération parisienne, Mbappé accélérait et décalait Cavani qui croisait trop sa frappe (27e). Au plus mal, le Paris SG prenait le large sur une nouvelle accélération de Mbappé côté droit qui fixait la défense allemande et trouvait Cavani dont la frappe enroulée trompait Ulreich (2-0, 32e). Dans tous les bons coups, Kylian Mbappé prenait une nouvelle fois le dessus sur son adversaire côté droit, centrait pour Neymar dont la remise trouvait Cavani. La frappe d’El Matador était repoussée du pied par Ulreich (37e).

Mbappé intenable

Au retour des vestiaires, le PSG manquait de se faire surprendre. Sur un corner tiré par Kimmich, Martinez reprenait le ballon de la tête, Thiago Silva sauvait sur sa ligne (50e). Dans la foulée, les joueurs parisiens partaient en contre avec Neymar qui servait Mbappé. L’international français servait à nouveau le joueur brésilien dans la surface mais il manquait complètement son intérieur du pied (51e). La rencontre se déroulait à un rythme effréné. Sur une nouvelle offensive, Neymar s’infiltrait dans la défense allemande mais sa frappe enroulée fuyait le cadre (54e).

Toujours dans le coup, le Bayern ne lâchait rien en témoigne la belle frappe lointaine de Rudy qui obligeait Areola à se détendre pour sortir le ballon (57e). Le match s’emballait une nouvelle fois sur une remontée de Dani Alves côté droit qui servait Mbappé, l’ancien monégasque effaçait Alaba grâce à une roulette et centrait. Neymar surgissait pour propulser le ballon au fond des filets (3-0, 62e). Ce troisième but coupait les jambes du Bayern Munich et permettait au PSG de gérer son avance. Les hommes d’Unai Emery obtenaient la possession du ballon et maîtrisaient les événements. Grâce à ce succès éclatant, le Paris Saint-Germain caracole en tête du groupe B avec six points.

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L’homme du match : Mbappé (8) : l’ancien monégasque a été intenable sur son côté droit et a fait vivre un véritable cauchemar à Alaba. Ses accélérations meurtrières ont déstabilisé l’arrière garde bavaroise. Passeur décisif sur le but d’Edinson Cavani à la 32e. Facile techniquement, il a une nouvelle fois impressionné par son talent. Capable de désarçonner à n’importe quel moment la défense bavaroise, il a fait parler sa technique avec une magnifique roulette qui amène le troisième but parisien inscrit par Neymar (3-0, 62e). Aurait même pu offrir une troisième passe décisive si Neymar n’avait pas raté la cible (51e). Du grand art. Remplacé par Di Maria (79e) sous les ovations du Parc des Princes.

PSG :

- Areola (7,5) : le portier parisien a soulagé sa défense en s’imposant dans les airs sur les corners. Auteur d’une parade décisive sur une lourde frappe de Martinez (17e). Attendu au tournant, il a répondu présent pour son équipe. Sa belle détente sur une lourde frappe de Rudy sauve les siens (57e). Une prestation probante pour l’international tricolore.

- Kurzawa (6) : une nouvelle fois très offensif, le latéral gauche parisien n’a pas hésité à apporter des solutions offensivement. Cependant, sur le plan défensif il se fait prendre plusieurs fois dans le dos par les appels de Müller. Il s’est évertué à bien défendre et a limité son apport offensif dans le second acte.

- Thiago Silva (8) : le capitaine parisien a montré le chemin à ses partenaires. Toujours bien placé, il a apporté de la sérénité à sa défense. Imprenable dans les duels, il a cherché à relancer proprement. Toujours bien placé sur les centres munichois, il a été infranchissable du début jusqu’à la fin. Une copie excellente pour l’international brésilien.

- Marquinhos (7) : son entente avec Thiago Silva n’est plus à démontrer. Costaud dans les duels, il a su rester sérieux sans jamais paniquer même au plus fort de la domination bavaroise. Bien épaulé par un Silva des grands soirs, il a démontré toute son aisance dans les duels. Une prestation solide.

- Daniel Alves (6,5) : l’ancien barcelonais ne pouvait rêver mieux comme entame. Idéalement servi par son compère Neymar dans la surface, il a su garder son sang-froid pour tromper de près Ulreich (1-0, 2e). Par la suite, il s’est évertué à contenir les assauts d’Alaba ou James. Sa chevauchée fantastique permet à Mbappé d’être décisif sur le but de Neymar (3-0, 62e).

- Motta (6) : l’italo-brésilien a essayé de jouer proprement pour organiser le jeu parisien. A l’instar de ses partenaires du milieu, il a souffert à la récupération du ballon. Les choses se sont simplifiées au retour des vestiaires où il a pu mettre toute son expérience au service du collectif. Remplacé par Lo Celso (86e).

- Verratti (6) : le Petit Hibou a mis du temps pour trouver la bonne carburation. Moins en vue qu’à l’accoutumée, il a été gêné par la présence athlétique du Bayern dans l’entrejeu. Beaucoup plus à son aise dans le second acte avec notamment plusieurs interceptions salvatrices. Remplacé par Draxler (89e).

- Rabiot (6) : le milieu parisien n’a pas eu l’influence souhaitée dans le jeu. Contraint de jouer bas à cause de la domination bavaroise, Rabiot n’a que trop peu apporté offensivement. Très précieux cependant défensivement pour son équipe avec des interventions cruciales comme à la 11e minute. Tout comme ses partenaires, il s’est montré plus entreprenant offensivement en deuxième période, il a insufflé le bon tempo à son équipe.

- Neymar (7) : le prodige brésilien a lancé idéalement les débats pour son équipe grâce à son coup de rein et son offrande pour Dani Alves (1-0, 2e). Toujours dans les bons coups, il a épuré son jeu en cherchant à combiner avec Cavani et Mbappé. Son activité incessante en attaque a été récompensée par un but (3-0, 62e) plein d’opportunisme. Son entente avec Edinson Cavani et Kylian Mbappé devient très intéressante.

- Cavani (7) : El Matador a marqué une nouvelle fois les esprits. Discret dans le jeu mais toujours aussi généreux dans l’effort, Cavani s’est distingué par ses talents de buteur grâce à sa superbe frappe enroulée (2-0, 32e). Sa relation technique avec Neymar et Mbappé fut plus évidente ce soir. Sa générosité sur le terrain reste un de ses points forts.

- Mbappé (8) : voir ci-dessus.

Bayern :

- Ulreich (3) : le remplaçant de Neuer aurait dû sortir plus tôt et serrer les jambes sur l’ouverture du score d’Alves (2e). Il a failli sorti un arrêt de classe mondiale sur le but de Cavani, mais n’a pu qu’effleurer le ballon (32e). Il a ensuite pris sa revanche sur l’attaquant uruguayen (37e). En seconde période, il a dû chercher le ballon au fond des filets une troisième fois, battu par une frappe à bout portant de Neymar (62e). Match assassin pour lui, battu trois fois sur les cinq tirs cadrés parisiens... à chaque fois un poil en retard.

- Kimmich (5) : auteur d’un excellent début de saison, l’espoir du football allemand a plutôt bien contrôlé son côté droit, surtout offensivement. Il a délivré de nombreux centres dangereux après l’ouverture du score parisienne. Défensivement, il a moins souffert que ses trois autres compères, mais n’a pas non plus réussi à éteindre le feu. Un match acceptable. Averti en première période (27e) pour une faute professionnelle.

- Sule (2) : comme ses voisins de la défense, l’international allemand s’est fait asphyxier par les dribbles de Neymar sur l’ouverture du score (2e). Sur le deuxième but, il est dépassé par la vitesse de Mbappé (32e). Il s’est fait manger par la MCN ce soir, son manque de vitesse lui faisant clairement défaut. L’international allemand est totalement passé à côté de son premier gros match avec le Bayern.

- Martinez (3) : fébrile derrière (passif sur les deux buts parisiens) et dangereux devant sur les corners (11e, 32e, 50e). Avec Sule, la charnière centrale du Bayern est totalement passée à côté de sa première période. Un peu plus solide au retour des vestiaires, il a évité le but du KO grâce un incroyable retour sur Cavani (58e). Il a encore failli sauvé les siens quatre minutes plus tard en contrant la tentative de Mbappé (62e). Mais son mauvais dégagement a fait le bonheur de Neymar. Un match à oublier.

- Alaba (2) : l’Autrichien qui revenait de blessure ne pouvait pas plus mal démarrer. Il est clairement coupable de n’avoir pas surveillé Alves sur l’ouverture du score (2e). Il a vite tourné la page néanmoins pour se concentrer sur ses courses vers l’avant... qui n’ont rien donné. Placé souvent trop haut sur le terrain, il a laissé des espaces derrière, ouvrant ainsi la porte à des contres assassins de Mbappé. Le prodige français l’a d’ailleurs humilié par une feinte amenant le but de Neymar (62e). Il est passé à côté de son match tactiquement et a souffert face à la vitesse et technique des stars parisiennes.

- Tolisso (3) : une première période très discrète pour l’ancien Lyonnais. Probablement intimidé par l’événement, il n’a pas pris de risque. Terrifié aussi par les contres parisiens, il n’a pas réussi à passer la vitesse supérieure alors que le Bayern en avait clairement besoin à 0-2. Ancelotti a décidé de le remplacer à la mi-temps par Rudy (46e - note 5). L’Allemand a logiquement joué plus haut et s’est montré plus tranchant que Tolisso. On note notamment une frappe lointaine bien repoussée par Areola (57e). Ses efforts n’ont servi à rien. Averti en fin de match pour une faute sur Neymar (78e).

- Alcantara (6) : s’il est battu trop facilement sur le premier dribble de Neymar amenant l’ouverture du score, l’ancien joueur du FC Barcelone a livré une prestation de haut standing ce soir. Le chef d’orchestre de son équipe a facilement remonté le ballon et n’y peut rien si les attaquants étaient en manque d’inspiration. Précieux également dans le travail défensif, il est revenu in extremis sur Neymar (37e) pour aider une charnière centrale fébrile. Averti en seconde période pour une main volontaire (61e).

- Vidal (3) : match raté du Chilien. En manque d’inspiration, ses passes n’ont pas déstabilisé le bloc parisien. Il a laissé évacuer sa frustration avec un jeu plus agressif. Il a d’ailleurs pris un jaune pour une vilaine faute sur Neymar (45e). A tenté de passer un cap en seconde période, mais s’est montré étonnement lent, voire lassé.

- Muller (3,5) : des courses intelligentes, l’international allemand a réussi à se démarquer souvent des défenseurs parisiens, mais a manqué d’efficacité comme sur cette reprise alors qu’il se trouvait isolé seul au premier poteau (12e). A l’image des autres attaquants bavarois, il s’est montré très disponible et a varié son jeu... en vain. On se demande s’il est revenu sur le terrain après la pause. Remplacé par Robben (69e), qui n’a pas pesé lourd.

- Lewandowski (4,5) : le Polonais s’est livré une belle lutte contre Thiago Silva. D’abord bien cadenassé par le Brésilien, il s’est de plus en plus excentré au fil du match. Un ajustement tactique qui a gêné la défense parisienne, surtout au cœur de la première période. Malgré de nombreuses occasions chaudes (11e, 20e, 31e), il n’a pas réussi à conclure. Quasiment inexistant au retour des vestiaires, il a lâché les armes devant un Silva monstrueux. Il a touché la poteau dans les tréfonds du temps additionnel sur coup franc direct (90e+4).

- Rodriguez (5) : le joueur prêté par le Real Madrid a mené la révolte bavaroise après l’ouverture du score parisienne. Il a créé de nombreuses actions dangereuses, et a facilement trouvé ses repères sur le terrain. Néanmoins, il a failli dans les zones de vérité avec plusieurs passes imprécises. Il a été le symbole du manque de réalisme de son équipe. Ancelotti a décidé de le remplacer à la mi-temps par Coman (46e - note 5,5). Le Français a fait parler sa vitesse sur sa première occasion chaude mais a loupé sa frappe (57e). Outre cette action, il a été bien maîtrisé par la défense parisienne. Les espoirs bavarois s’étaient de toute façon évaporés avec le but de Neymar (62e). Il a failli marquer contre son club formateur en fin de match, mais Areola s’est bien détendu (88e). Un poil meilleur que James Rodriguez.