Face au Benfica, tous les observateurs s’attendaient à voir évoluer une équipe du PSG bis, privée de quelques stars mises au repos ou tout simplement suspendues. Mais personne n’avait imaginé qu’un illustre inconnu de 22 ans aurait sa place dans le onze de départ concocté par le coach à la touillette. Kalifa Traoré, défenseur malien de 22 ans formé à l’académie Salif Keita de Bamako, a donc fait ses premiers pas sous le maillot du PSG, lui qui est pourtant arrivé dans la capitale en 2011. Pire, il s’agissait de son 17e match professionnel, les seize précédents s’étant déroulés la saison passée en Ligue 2 du côté de Sedan où il avait été prêté.

Une décision assumée pleinement par Laurent Blanc qui n’a finalement guère eu le choix après la blessure au mollet de Christophe Jallet. « On a essayé jusqu’au dernier moment d’aligner Christophe, mais ce n’était pas possible. Alors, on a titularisé Kalifa Traoré qui n’a pas l’habitude de jouer à ce poste-là. Il s’en est bien sorti. Sur le penalty, il est persuadé de prendre le ballon et, dans l’ensemble, c’est une performance acceptable. »

Un sacré baptême du feu donc au Stade de la Luz face à une formation du Benfica qui a cru jusqu’au bout en ses chances de qualification. Et s’il est effectivement coupable sur le penalty, le défenseur central de formation n’a pas eu à rougir de sa performance bien au contraire, lui qui n’a connu aucun déchet dans ses transmissions et qui a plutôt bien tenu son couloir. Interrogé à l’issue de la rencontre en zone mixte, Traoré était finalement content de son match. « C’est une expérience et je suis content. J’ai fait un bon match, c’est l’essentiel. »

Cette exposition aussi soudaine qu’éphémère au plus haut niveau pourrait lui permettre de rebondir d’ici la fin de saison. En fin de contrat en juin prochain, on voit mal comment le club de la capitale pourrait lui proposer de prolonger son bail, lui qui devrait retrouver rapidement l’anonymat de la CFA, compétition au sein de laquelle il a d’ailleurs écopé d’une suspension de cinq matches début novembre après un rouge contracté face à Beauvais. Un avenir semble-t-il bouché à Paris, mais ouvert ailleurs. Et nul doute qu’une telle performance devrait attirer l’œil de nombreux recruteurs. Comme quoi le célèbre adage « dans le football, tout est possible », est parfois criant de vérité dans un club où les joueurs anonymes n’ont guère leur place d’habitude…