Si le Nîmes Olympique est aujourd’hui deuxième du championnat de Ligue 2, c’est tout autant grâce à son attaque prolifique, qu’à sa défense solide. Arrivé à l’été 2017 en tant que troisième gardien, Baptiste Valette, s’éclate au sein du club nîmois qui lui permet de retrouver au fur et à mesure des matches, toutes ses sensations et l’étendue de ses qualités. Du haut de ses 25 printemps, Baptiste a vécu plusieurs moments forts sur lesquels il a accepté de revenir pour Foot Mercato.

Issu de la formation montpelliéraine,Baptiste explique qu’à son époque, il y avait deux gardiens par génération. « Chacun avait son temps de jeu, et même si l’un ou l’autre ressortait du lot,nous étions dans l’apprentissage de notre métier. Au fil des catégories, la notion de concurrence est davantage présente, car l’exigence est de plus en plus importante ». Ses qualités vont lui permettre de découvrir l’Équipe de France des moins de seize ans, mais aussi ce coup du sort incroyable avec cet accident de bus lors d’un déplacement en Turquie.

Le drame de l’Équipe de France des moins de 16 ans en Turquie

« On était en route pour jouer notre premier match du tournoi face à l’Azerbaïdjan quand nous avons eu cet accident. Il pleuvait beaucoup, les routes n’étaient pas toujours en bon état et le bus est parti en aquaplaning, traversant la route d’en face pour finir complètement renversé sur un côté. Ma première réaction a été de prévenir mes parents pour leur expliquer la situation et les rassurer. Il m’aura quand même fallu un peu de temps pour réaliser ce que nous venions de vivre ». Une première épreuve rude, mais aussi de très bons souvenirs de son passage au MHSC.

« J’ai eu la chance d’être sur le banc professionnel de deux matches, et pas des moindres : un au stade Gerland contre L’Olympique Lyonnais et un second en Ligue des Champions contre Schalke 04. Geoffrey Jourdren et Laurent Pionnier, qui étaient les numéro 1 et numéro 2 respectifs, s’étaient blessés et ça s’est fait comme ça ». À la fin de cette saison là, avec le départ de René Girard, et l’arrivée d’un nouveau coach, sa carrière s’est orientée vers un autre club professionnel, toujours en Ligue 1.

L’intermède du Beach Soccer

« C’est une drôle d’histoire et une jolie parenthèse dans mon parcours, car c’est un concours de circonstances qui m’a amené à participer aux qualifications pour l’Euro avec l’Équipe de France de Beach Soccer. Lors d’un tournoi amical avec des amis, on se retrouve à faire de bonnes performances sous le regard du sélectionneur Stéphane François.
J’ai dû décliner sa première approche puisqu’à l’époque je quittais le MHSC pour rejoindre l’ASSE. La seconde approche dans une période un peu plus délicate m’a offert la possibilité de jouer de grosses nations de Beach comme le Portugal, la Suisse ou encore l’Espagne. Ça a été une superbe expérience et je me suis éclaté ! Qui sait, peut-être qu’à la fin de ma carrière, il y aura encore une expérience en Beach Soccer.
 »

En signant chez les Verts, il grimpe dans la hiérarchie des gardiens, mais ne parvient pas à se rapprocher de son but : la place de portier titulaire dans une équipe de football professionnel. « L’ASSE était à la recherche d’un numéro 3 ; par l’intermédiaire de Fabrice Grange qui s’était renseigné sur moi, le coach Galtier m’a appelé pour me proposer un essai de deux semaines. J’y suis resté deux ans avant de prendre la direction de la Belgique ».

L’envol en D2 belge

En attendant que le marché des gardiens se décante en France, Baptiste se voit offrir l’opportunité d’être numéro 1 à l’étranger. « J’ai eu de longues discussions avec Fabrice Grange, en recherchant la meilleure opportunité, car le marché était long à se mettre en place. J’ai reçu une offre d’un club de D2 belge (Excelsior Virton, ndlr) avec la perspective de jouer ; c’était ma priorité et je n’ai pas hésité longtemps avant d’accepter le projet.
Deux années durant lesquelles j’ai tout connu puisque j’ai été élu meilleur joueur de l’équipe lors de ma 1ère saison, en passe de signer en Jupiler League
(OH Louvain & Malînes) avant de subir une grave blessure à trois journées de la fin du championnat : une fracture du tibia qui m’a tenu éloigné des terrains toute l’année suivante ».

Mais Baptiste Valette, ce n’est pas son genre, n’abandonne pas. Et finalement, après avoir été en fin de contrat en Belgique et n’étant pas renouvelé par son club, un concours de circonstance l’amène à un retour en France. Après avoir passé quelques essais dans l’Hexgone, le natif de Sète voit enfin la chance lui sourire et pas qu’un peu ! En effet, il garde aujourd’hui les buts de l’actuel deuxième de Ligue 2, très bien en place pour tenter de monter en Ligue 1.

La chance lui sourit à Nîmes

L’envie de rebondir en France commence à germer dans l’esprit du natif de Sète. Après un essai à Dunkerque, Baptiste est autorisé par Nicolas Usaï à s’entraîner avec le groupe du CS Sedan-Ardennes, avant qu’une porte s’entrouvre du côté de Nîmes. Une place de numéro trois, une nouvelle fois, mais cette fois la chance lui sourit. « Cet été, alors que je m’entraîne au CSSA afin de palier un éventuel départ du gardien Axel Maraval, courtisé, un ami me dit que le troisième gardien de Nîmes s’est blessé et que la direction envisage un recrutement. Connaissant bien Téji Savanier puisque nous avons été formé ensemble, je me permets de l’appeler et c’est un peu comme ça que les contacts se sont noués. En parallèle, des discussions étaient en cours avec le club de Dunkerque pour le poste de n*1 mais finalement, je me suis engagé au N.O. pour une saison  ».

On connait la suite : « Malheureusement pour nous, Yan (Marillat) s’est fait les croisés un mois plus tard et les choix du coach m’ont permis de me retrouver en 1ère ligne pour palier son absence. Je prends énormément de plaisir au quotidien et me sens bien dans ce club ! J’apprécie la bonne ambiance qui règne entre les joueurs, on a un super staff et j’effectue du très bon travail spécifique sous la houlette du coach des gardiens que j’ai déjà cotoyé à Sète il y a quelques années maintenant.
Dans le foot, tout va très vite et ce n’est que du bonus, car je suis arrivé au chômage, en tant que numéro 3, et depuis plus de trois mois maintenant, je garde les cages de l’actuel dauphin de Ligue 2
. » En attendant de savoir de quoi son avenir sera fait, puisque son contrat expire dans quelques mois, Baptiste Valette se concentre sur le terrain et ses performances avec pour objectif de maintenir le Nîmes Olympique à cette place. Plus qu’un intérim, Baptiste Valette continue d’écrire son histoire.