Foot Mercato : vous avez quitté l’Olympique Lyonnais après seulement deux saisons. Imaginiez-vous partir aussi rapidement ?

Tanguy Ndombele : au premier abord, quand je suis arrivé à Lyon, non je ne me voyais pas partir aussi vite. Mais le foot va à deux mille à l’heure. Au bout d’une année, j’aurais pu partir. Après, le club ne souhaitait pas que je parte et je n’étais pas forcément pour partir. Mais si j’avais dû partir à ce moment-là, je l’aurais fait. Lyon m’a gardé et l’année suivante je suis parti. Comme on dit, tout le monde y a trouvé son compte. C’était une belle histoire.

FM : auriez-vous pu rester une année supplémentaire chez les Gones ?

T.N : j’aurais pu. Ensuite, je ne sais pas comment ça se serait passé. Mais, oui, j’aurais pu rester une année de plus à l’OL.

FM : cet été, était-ce tout simplement le bon moment pour partir ?

T.N : selon moi, ce n’était pas le mauvais moment en tout cas. Je pense que le club s’est aussi dit ça, on a des offres autant le lâcher maintenant car si ensuite il coule on sera tous perdants. En plus de ça, il y a un risque. Quand tu fais des saisons là (il lève son bras pour signifier faire des saisons hautes, ndlr), tu peux stagner ensuite. Tu es à Lyon, pas au PSG qui ne fait que de gagner (le championnat). C’est différent.

FM : quel est votre meilleur souvenir à l’OL ?

T.N : mon meilleur souvenir...(il réfléchit). Le match à Manchester City. Personne ne nous attendait. On faisait un début de saison pas chaotique, mais très moyen. On est allé à City et on a tout retourné là-bas.

FM : êtes-vous déçu de ne pas avoir remporté de trophées à Lyon ?

T.N : oui, je suis déçu. Surtout quand on voit qu’on s’était fait éliminer en demi-finale de la Coupe de France par le Stade Rennais qui a gagné la coupe. C’est sûr qu’on était déçu. Après, en Ligue 1 c’était compliqué face au Paris Saint-Germain. Le championnat était trop long pour qu’on puisse tenir le PSG. Mais en coupe on aurait pu.

FM : regrettez-vous de ne pas avoir pu faire vos adieux aux supporters ?

T.N : c’est toujours un regret. C’était le cas à Amiens aussi. Voilà, on avance. À Lyon, les supporters m’ont toujours soutenu. Je leur dis un grand merci. C’est grâce à eux si j’en suis arrivé là. S’ils ne m’avaient pas soutenu, peut-être que je n’aurais pas fait les mêmes saisons. Ils m’ont toujours soutenu et je les en remercie.

Ndombele voit l’OL relever la tête

FM : suivez-vous toujours ce qu’il se passe là-bas cette saison ?

T.N : oui, je suis beaucoup l’OL. Je suis déjà retourné au centre d’entraînement. J’ai encore des amis là-bas comme Moussa Dembélé, Jason Denayer ou Memphis (Depay). Ce sont des personnes avec qui je parle souvent. Donc je les suis. Après, c’est sûr que c’est très compliqué. J’ai confiance en eux, ils vont relever la tête.

FM : vous connaissez parfaitement ce groupe, même si vous n’y êtes plus à présent. Comment expliquez-vous les difficultés rencontrées par Lyon ?

T.N : je ne pourrais pas vous dire. Je suis loin, je ne suis pas dans le groupe. Il y a des paramètres que j’ignore.

FM : et si je vous dis que Tanguy Ndombele manque à cette équipe...

T.N : (rires) Je ne sais pas. Je suis milieu de terrain et je n’étais pas un joueur qui marquait beaucoup.

FM : on n’a pas besoin de marquer des buts pour être un élément qui compte dans une équipe.

T.N  : oui, c’est vrai. Nabil (Fekir) et Ferland (Mendy) ne sont plus là aussi. On était des cadres dans l’équipe quand même. Mais j’ai confiance en cette équipe et je suis certain qu’ils vont relever la tête.

FM : Memphis a été nommé capitaine de l’équipe. Ça vous inspire quoi ?

T.N : la saison dernière déjà, Memphis était quelqu’un qui parlait beaucoup. On n’a pas cette impression quand on est en dehors. Mais c’est quelqu’un qui communique beaucoup avec les joueurs. Donc ça ne m’a pas surpris qu’il soit nommé capitaine de l’équipe.

Florian Maurice, un homme qui a compté dans son parcours

FM : si vous avez rejoint l’OL en 2017, c’est notamment grâce à Florian Maurice qui a toujours cru en vous. C’est une personne qui compte beaucoup dans votre parcours et qui continue de vous suivre.

T.N : oui, on est toujours en contact. Il m’envoie des messages. Il m’a déjà dit pour rire : "tu reviens quand tu veux". C’est quelqu’un qui a beaucoup compté. C’est lui qui est venu me chercher à Amiens. C’est une personne qui m’a toujours soutenu même quand ça n’allait pas trop bien à Lyon, quand je ne jouais pas trop ou que j’étais moins bien. Il a toujours été derrière moi et je le remercierai toujours.

FM : vos belles prestations à Lyon vous ont ouvert les portes de l’équipe de France. Le 4 octobre 2018, Didier Deschamps vous a sélectionné pour la première fois avec les A alors que vous étiez encore avec les Espoirs. Vous attendiez-vous à ce que cela arrive aussi vite ?

T.N : non, je ne pensais pas. Le foot va vite et il faut toujours être préparé. Dans un coin de ma tête, je me disais toujours que si j’étais appelé demain, il fallait que je sois prêt. C’est ce que j’ai essayé de faire.

FM : vous avez rejoint les Bleus, quelques mois seulement après leur sacre en Russie. Comment vous êtes-vous senti au milieu de tous ces champions du monde ?

T.N : je me suis senti très bien. Tous m’ont très bien accueilli. Ce qui m’a aidé, c’est qu’on est tous plus ou moins dans la même tranche d’âge. Kylian (Mbappé) et Ousmane (Dembélé) sont plus jeunes que moi. Ils m’ont bien accueilli et ça s’est très bien passé pour moi.

FM : j’imagine que ce qu’ils ont vécu lors du Mondial vous donne aussi envie...

T.N : oui, bien sûr. En plus si tu gagnes, tu as la reconnaissance à vie du pays on va dire et tu rends fier des milliers de spectateurs, pour ceux qui aiment le foot ce n’est pas le cas de tout le monde. Mais voilà, tu représentes ton pays ça fait plaisir. En plus, j’aime gagner donc c’est vrai que ça donne envie.

Objectif Euro 2020

FM : vous en aurez peut-être l’occasion lors de l’Euro, si le sélectionneur fait appel à vous. C’est clairement un objectif pour vous.

T.N : c’est sûr. Quand tu es là depuis le début, que tu participes aux phases de qualification, c’est un objectif. Même pour ceux qui n’y ont pas participé, c’est un objectif. Donc oui automatiquement j’ai pour objectif de participer à l’Euro.

FM : et, j’imagine, de le gagner ?

T.N : oui, c’est logique. La France a gagné la Coupe du Monde. Il y a très peu de joueurs qui sont partis à la retraite. Logiquement, l’objectif serait de gagner l’Euro.

FM : vous êtes toutefois dans un secteur de jeu où la concurrence est très forte.

T.N : oui, c’est compliqué. Je pars avec un peu de retard. C’est la compétition. On est tous des compétiteurs, on veut tous jouer. On fait avec. Le sélectionneur fera ses choix.

FM : que pouvez-vous apporter aux Bleus ?

T.N : je suis un joueur qui a de la folie. J’ai une certaine insouciance. Peut-être que c’est dû à mon âge. Je pense que je peux amener ça dans une équipe. Je suis quelqu’un qui a beaucoup de confiance en soi. Je doute très peu. Je dis très peu car on doute tous à certains moments. Mais je doute très peu sur le terrain.

FM : ce qui doit plaire à Didier Deschamps. Quelles relations avez-vous avec lui ?

T.N : on a une relation joueur-entraîneur. Mais c’est une bonne relation. Le coach aime bien chambrer. Ça rigole ensemble. Il y a une bonne entente.

FM : sur quoi vous chambre-t-il ?

T.N : sur tout ! On peut marcher, il va dire quelque chose. Ce sont des petits trucs comme ça sur lesquels il chambre.

FM : ce sont des choses importantes et qui font qu’un groupe vit bien. Votre sélectionneur a souvent répété que la notion de groupe est un point auquel il fait très attention. Comment vous sentez-vous dans l’équipe ?

T.N : selon moi, je suis bien intégré dans le groupe. Les gens m’aiment assez bien, pour ne pas dire autre chose. En sélection, je me suis toujours bien senti dans le groupe.

FM : vous êtes proche de Kylian Mbappé. Comment définiriez-vous votre relation ?

T.N : c’est une bonne relation. On s’entend bien avec Kylian. On rigole bien, c’est bon enfant. Il aime bien rigoler, donc c’est beaucoup plus facile pour s’entendre.

FM : on vous a vu justement sur une vidéo partager une célébration. Quelle est la signification ?

T.N : (rires). on jouait à un jeu et c’est Ben (Benjamin) Mendy qui l’a inventé. Ce n’était pas vraiment une célébration, c’était un petit truc comme ça.