Pour les deux parties, le pari est de taille. Englué dans le ventre mou du classement de Serie A (11e), l’AC Milan a misé sur le retour (gratuit) de Zlatan Ibrahimovic en Lombardie pour essayer de relever la tête. De son côté, le géant suédois a signé son retour en Europe à 38 ans, un âge auquel un joueur traditionnel savoure sa retraite sportive plutôt que d’être transféré dans une écurie de ce standing. Mais Ibra est un footballeur à part. Il suffit d’ailleurs de voir toute l’agitation médiatique qu’il a provoquée à Milan pour se rendre compte de l’attente qu’il suscite.

Bien conscient d’être attendu au tournant en raison de la situation sportive du Milan et de son âge, l’ancien attaquant du Los Angeles Galaxy a pu expliquer son choix devant les médias durant plus de trente minutes, à l’occasion de sa conférence de presse de présentation. Mais avant d’évoquer ses objectifs, le nouveau numéro 21 rossonero est revenu sur sa décision de revenir fouler la pelouse de San Siro. « Après mon dernier match avec Los Angeles, j’ai eu l’appel de Paolo (Maldini). On a parlé, il m’a expliqué les idées qu’il avait. J’ai 38 ans, et j’ai eu plus de sollicitations qu’à 28 ans. Je recherchais l’adrénaline parce qu’à mon âge, je ne joue plus pour l’argent. Ça n’a pas été une décision difficile. » Un choix dicté en partie par son coeur. Car Ibra n’a pas fait dans la langue de bois à l’heure d’évoquer le niveau de l’équipe qu’il rejoint.

Ibra sait ce qu’il a à faire

« Je viens pour aider, pour améliorer les choses. J’ai vu l’équipe à distance. On verra ce qui arrivera. Selon moi, l’équipe a la qualité pour faire mieux. Je ne me suis pas dit « wouah » quand j’ai vu ses derniers matches. Mais l’objectif n’est pas un sprint, c’est un marathon. Il faut beaucoup travailler et y croire. Ici, le défi est différent. Milan reste Milan. On ne peut pas changer l’histoire. L’équipe n’est peut-être pas comme avant. Mais ce n’est pas mon domaine. Je suis toujours un joueur actif, le plus important reste ce qui se passera sur le terrain. Je ferai tout à 100%. Si je n’y avais pas cru, je ne serais pas venu. Si vous n’êtes pas dans le vestiaire, vous ne savez pas. De l’extérieur, vous pouvez avoir une opinion. Ce que j’ai vu sur quelques matches, c’est que l’équipe a tellement changé en peu de temps. Je n’ai pas les réponses sur ce qu’il s’est passé, mais vu de l’extérieur, Milan est toujours Milan. » Enfin, la star scandinave a répondu à ceux qui s’interrogent sur sa capacité à performer dans un des grands championnats d’Europe à 38 ans. Ibra est lucide, mais ne reste pas moins motivé.

« Je suis moi-même. J’ai besoin de travailler durement, vous devez savoir souffrir. Celui qui ne sait pas souffrir ne donne pas le maximum de son potentiel. J’aime souffrir et c’est pour ça que j’attends beaucoup de mes coéquipiers. Après ma blessure (au genou quand il jouait à MU, ndlr), on m’a dit que c’était impossible de revenir après ce qui était arrivé. J’ai beaucoup travaillé pour revenir. Je n’ai plus le niveau que j’avais, mais je peux jouer au haut niveau. Je ne peux pas jouer comme quand j’avais 28 ans. Mais celui qui sait jouer, sait comment jouer. Je ne vais pas faire des courses de 40 mètres (rires). (…) Je veux m’amuser sur le terrain, être bien, aider mes coéquipiers du mieux possible. Je veux sentir la pelouse, les 85 000 supporters qui te sifflent ou te regardent. J’espère d’ailleurs qu’ils vont me siffler, comme ça j’aurai encore plus d’adrénaline. (…) Je sais ce que je dois faire. Je dois me prouver des choses. Pas à vous (les journalistes, ndlr). Vous faites votre travail. (…) C’est ça le défi, c’est un défi contre moi-même. Je sais que je peux le faire. Je dois travailler, avoir la bonne mentalité. Si je suis sur le terrain pour ne pas avoir des résultats, je ne sers à rien. L’objectif est de continuer comme je l’ai fait jusqu’à présent. Le style, le jeu changent mais je sais ce que je dois faire pour aider, pour faire des assists, des buts. (…) Signer à Milan à 38 ans, je ne l’ai pas beaucoup vu. Venir ici signifie que j’ai encore que chose à donner. Si je n’y croyais pas, je ne l’aurais pas fait. Je ne serai pas venu pour faire la mascotte. Je suis là pour aider. » Et Ibra est prêt à le faire dès le 6 janvier prochain face à la Sampdoria.