Suisse - Allemagne : les notes du match

Par La Rédaction FM
12 min.
Dan Ndoye contre l'Allemagne @Maxppp

À la Francfort Arena, l’Allemagne, peu inspirée, a finalement préservé l’essentiel en arrachant le nul (1-1) face à la Suisse. Avec ce résultat, les hommes de Julian Nagelsmann affronteront donc le deuxième de la poule C (Angleterre, Danemark, Slovénie, Serbie) lors des huitièmes de finale.

L’Allemagne avait à cœur de continuer sur sa belle lancée avec son Euro 2024. Pour ce faire, la Mannschaft, qui avait remporté ses deux premiers matches avec la manière, devait se défaire de la Suisse. La Nati, invaincue dans le tournoi, pouvait même ravir la première place à son adversaire du soir en cas de succès sur la pelouse de Francfort. Pour éviter telle désillusion, Julian Nagelsmann avait décidé de ne prendre aucun risque en alignant son équipe-type. D’entrée, les Allemands se sont alors montrés offensifs. Manquant néanmoins de précision pour réellement se montrer incisifs, les coéquipiers d’Antonio Rüdiger se sont contentés de faire tourner le cuir aux abords de la surface suisse.

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Leur patience a finalement payé sur une frappe lointaine de Robert Andrich. Croyant ouvrir le score suite à cette belle inspiration, le public allemand a finalement été calmé par l’intervention de la VAR qui a signalé une faute de Jamal Musiala sur un défenseur suisse (18e). Finalement, ce coup du sort a calmé les bonnes intentions allemandes. Une aubaine pour la Suisse qui est montée en température au fil des minutes. Un revirement de situation fatal pour l’Allemagne qui a donc concédé l’ouverture du score juste avant la fin de la première demi-heure de jeu. En difficulté sur cette rencontre, Jonathan Tah a vu Dan Ndoye lui passer devant pour crucifier Manuel Neuer (1-0, 29e).

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L’Allemagne préserve l’essentiel !

En jambes, l’ancien de l’OGC Nice était proche de doubler la mise deux minutes plus tard. De l’autre côté, les locaux se sont montrés sans idées pour revenir et seule une tête de Rüdiger aura été la réponse allemande avant la pause (41e). Sereins puis amorphes, les Allemands rentraient aux vestiaires menés et avaient donc un deuxième acte pour montrer un tout autre visage. Après la pause, l’Allemagne s’est donc ruée vers l’attaque. Mais face à une défense regroupée, le pays-hôte s’est heurté à des difficultés pour égaliser, voire l’emporter. Malgré une action dangereuse avec Jamal Musiala qui a buté sur un excellent Yann Sommer (51e).

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Mais alors qu’un siège s’est opéré autour de la surface de réparation suisse, l’Allemagne a manqué clairement d’inspiration et de tranchant pour réellement égaliser. Et tandis que Julian Nagelsmann a, bizarrement, opéré plusieurs changements défensifs, la lumière est finalement venue d’un autre entrant. Entré pour tenter d’égaliser à l’entrée du dernier quart d’heure, Niclas Füllkrug est parvenu à réussir dans sa mission. À l’entame du temps additionnel, le buteur du Borussia Dortmund s’est élevé plus haut que tout le monde sur un centre venu de la gauche (1-1, 90+1e). Avec ce nul arraché, l’Allemagne conserve la première place de son groupe par miracle. La Suisse, valeureuse, a finalement cédé, mais assure sa qualification avec une deuxième place méritée.

L’homme du match : Dan Ndoye (7,5) : l’ancien Niçois avait comme mission d’amener sa vitesse et de se proposer en profondeur à la récupération du ballon. L’ailier de Bologne a fait bien plus. Il a été le premier buteur du match en coupant parfaitement un centre fort de Freuder (29e). Quelques minutes après, il a été proche d’inscrire le but du break mais sa frappe croisée du gauche a frôlé de peu le poteau de Neuer. Plus discret dans le second acte, il a cédé sa place à Zeki Amdouni (65e). Pour la dernière demi-heure, le joueur de Burnley devait apporter de la profondeur mais n’a pas eu beaucoup de situations à se mettre sous la dent.

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Suisse

- Sommer (6) : le gardien de la Nati a fait son match ce soir. Il a été trompé par la frappe d’Andrich avant que l’arbitre ne revienne sur l’occasion et annule le but. Sinon, il a eu une première mi-temps assez tranquille avec un seul arrêt à effectuer. Il a été rapidement mis à contribution dans le deuxième acte en repoussant une frappe des deux mains de Jamal Musiala. Les autres opportunités allemandes étant imprécises. Yann Sommer a également été utile sur ses sorties aériennes.

- Schar (6,5) : le défenseur de Newcastle devait faire face à Florian Wirtz. Il a immédiatement réalisé un gros retour défensif, intervenant devant Gündogan qui était face au but (2e). Ensuite, il a parfaitement géré la profondeur. Florian Wirtz a tenté plusieurs fois de le dribbler, en vain.

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- Akanji (7,5) : le défenseur central suisse a réalisé une remarquable performance ce soir. Il a dû faire face aux incursions de Jamal Musiala en première mi-temps. Le joueur de Manchester City l’a parfaitement géré en stoppant chaque tentative de l’Allemand. Il a récupéré plusieurs ballons en couverture. À la 70e minute, le grand défenseur suisse a réalisé un retour parfait avec un tacle sur une frappe de Kimmich. Un geste qui vaut presque un but.

- Rodriguez (6) : dernier défenseur dans la défense à trois de la Nati, le joueur évoluant au Torino a été solide. Il s’est permis quelques incursions au milieu de terrain pour apporter le surnombre et tenter de déstabiliser le bloc allemand. Par ailleurs, il a bien défendu toute la partie, de manière très sereine.

- Widmer (5) : installé comme piston droit dans cette équipe suisse, il a davantage défendu qu’attaqué. Mais il a bien tenu dans un match où l’Allemagne aura globalement déçu. Dans le temps additionnel, il n’a pas réussi à contrer le centre allemand menant au but de l’égalisation.

- Freuler (6) : le milieu relayeur de Bologne a eu beaucoup d’activité ce soir face à l’Allemagne. Il a été l’auteur de la passe décisive pour son coéquipier en club à Bologne, Dan Ndoye. En box-to-box, il a essayé d’aider ses attaquants lors des transitions rapides. Il a parfois manqué de hargne sur quelques interventions devant la surface de réparation.

- Xhaka (6) : capitaine de la Nati, Granit Xhaka a encore été présent face à une grande nation de l’Euro. Face à des joueurs qu’il connaissait bien, le milieu du Bayer Leverkusen a guidé son milieu de terrain et impulsé le pressing. Même s’il n’a pas toujours été précis dans ses passes et ses interventions, il a toujours essayé de jouer vers l’avant. Il a failli marquer le deuxième but de son équipe en fin de match, mais sa tentative de loin a été arrêtée par Neuer. Juste après, il n’a pas été au marquage sur Niclas Füllkrug, qui a égalisé dans le temps additionnel.

- Aebischer (6) : redescendu d’un cran ce soir face à la Mannschaft, il a eu un début de match assez compliqué, avec quelques pertes de balle trop rapides qui n’ont pas facilité la construction du jeu suisse (6e) avant de se mettre au diapason de son équipe. Il a essayé de jouer rapidement pour son attaquant et coéquipier Ndoye. Les Allemands n’ont pas réussi à passer de son côté.

- Ndoye (7,5) : voir ci-dessus

- Rieder (5,5) : le joueur de Rennes était ce soir en position de troisième attaquant. Même s’il n’a pas été dans le bon tempo sur certaines possibilités, sa qualité technique a été utile pour impulser les attaques. Il a tout donné jusqu’à son remplacement. Ruben Vargas (65e) l’a remplacé et a été dangereux. Le joueur du FC Augsbourg a pensé inscrire le but du break avant que la VAR ne l’annule pour une position de hors-jeu.

- Embolo (5,5) : le Monégasque a été titularisé pour la première fois de l’Euro ce soir face à l’Allemagne. Bien en jambes lors de ses entrées en jeu, il est apparu plus emprunté aujourd’hui. Peu trouvé, même en profondeur, il n’a pas eu beaucoup de ballons à jouer. Le numéro 7 de la Nati n’a réussi que 7 passes. Il a toutefois pesé sur la défense allemande. Ses appels ont libéré Dan Ndoye. Il a été remplacé par Kwadwo Duah (65e). Celui qui a marqué lors du premier match de l’Euro de la Nati n’a pas vraiment brillé.

Allemagne

- Neuer (5) : une nouvelle fois présent dans les cages allemandes, le dernier rempart du Bayern Munich n’a pas eu grand-chose à faire en début de match avant de se faire surprendre sur une superbe reprise de Dan Ndoye (28e). Impuissant, il sauvait les siens dans la foulée en effleurant le cuir pour détourner une nouvelle frappe de l’attaquant de Bologne (30e). Pour le reste ? Rien à signaler même s’il aurait pu concéder un second but sans l’intervention de l’arbitre, signalant un hors-jeu sur la frappe croisée de Vargas (84e). Dans les derniers instants, il se montrait impérial sur la frappe enroulée de Xhaka (88e) avant de voir Füllkrug égaliser sur le fil. Précieux.

- Kimmich (3) : dans un rôle de latéral droit, le défenseur bavarois n’a jamais pesé sur cette rencontre. Très peu trouvé sur le plan offensif au cours du premier acte, il est par ailleurs impliqué sur l’ouverture du score suisse en laissant Rodriguez filer dans son couloir (28e). Dans une position idéale, il aurait pu relancer les siens mais sa frappe était contrée in extremis par Akanji (69e). Une prestation indigeste et un manque d’envie problématique.

- Rüdiger (3) : aligné dans le cœur de la défense allemande, le récent vainqueur de la Ligue des Champions avec le Real Madrid a d’abord fait preuve d’une belle solidité. Problème, sur les premières offensives suisses, ce dernier a largement baissé la garde. Trop laxiste sur l’ouverture du score, il était ensuite pris de vitesse par Ndoye, tout proche du doublé (30e). Juste avant la pause, il aurait pu se racheter, mais manquait totalement sa reprise de la tête (41e). Peu rassurant dans ses relances et à la peine sur chaque mouvement de la Nati, Rüdiger n’a vraiment pas convaincu.

- Tah (3) : aux côtés du Madrilène, le défenseur du Bayer Leverkusen ne s’est clairement pas montré impérial à la Francfort Arena. S’il n’a pas été très inquiété, il est en retard sur l’ouverture du score de Ndoye. Dans la foulée, le numéro 4 allemand se rendait coupable d’un excès d’engagement. Averti (38e), il sera suspendu pour le 8e de finale. Très souvent à la limite dans ses interventions, il a rendu une copie très insuffisante. Remplacé par Schlotterbeck (61e), auteur d’une entrée cohérente.

- Mittelstädt (3) : fort d’un premier bon retour défensif (3e), le latéral gauche du VfB Stuttgart a surtout tenté d’apporter offensivement. En se rendant disponible pour ses partenaires, il a distillé plusieurs centres mais n’a jamais réellement été en réussite. Coupable de quelques mauvais choix, il aura, lui aussi, fait preuve d’un criant manque de justesse. Remplacé par Raum (61e), passeur décisif sur le gong et auteur d’une très belle entrée en jeu.

- Andrich (4,5) : tout proche d’ouvrir le score avant de voir son but refusé pour une faute de Musiala au départ de l’action (18e), le milieu défensif de Leverkusen a bien tenté de réveiller le pays hôte de la compétition sur le plan offensif. Auteur d’une nouvelle frappe lointaine juste avant la pause (43e), il a par ailleurs globalement bien tenu son rang malgré quelques duels perdus. Insuffisant cependant pour changer le cours de cette rencontre. Remplacé par Beier (66e), tout proche d’obtenir un penalty après une intervention limite (70e).

- Kroos (4,5) : véritable métronome de cette sélection allemande, celui qui tirera prochainement sa révérence a vécu une rencontre assez compliquée. S’il n’a pas commis de grossières erreurs et a gratté quelques ballons (8), il n’a en revanche pas vraiment dynamisé le jeu des siens, peu inspirés, et s’est montré bien moins précis dans l’orientation du jeu (15 ballons perdus). Servi par Andrich, le numéro 8 des Allemands s’est aussi essayé de loin (55e). Sans plus de réussite.

- Gündogan (2) : très haut sur le terrain dès les premières minutes, le milieu de terrain du Borussia Dortmund a régulièrement évolué dans un rôle de deuxième attaquant aux côtés d’Havertz. Pour autant, le numéro 21 allemand n’a pas eu l’impact habituel. Bien cerné par la défense suisse et souvent imprécis techniquement, il a un rendu 45 premières minutes étrangement neutres. En seconde période, il n’a pas non plus existé. Un match à oublier.

- Musiala (5,5) : en feu depuis le début de l’Euro 2024, le crack du Bayern Munich était une nouvelle fois attendu sur le front de l’attaque allemande. Percutant et mobile, le numéro 10 de la Mannschaft s’est souvent retrouvé dans un rôle de meneur de jeu. Malgré un match très décevant des siens, le natif de Stuttgart a été l’un des seuls à tenter de déstabiliser le bloc suisse, que ce soit par la passe ou des percussions dont il a le secret. En vain. Après la pause, il profitait d’une superbe passe de Wirtz pour tester Sommer, parfait pour détourner sa lourde frappe (50e). Un match assez frustrant avant d’être préservé par Nagelsmann. Remplacé par Füllkrug (76e), sauveur des siens dans le temps additionnel grâce à une tête parfaite dans la lucarne droite de Sommer, impuissant (90+2e).

- Wirtz (3) : fort d’une saison étincelante sous le maillot du Bayer Leverkusen, le joueur de 21 ans était encore titularisé face à la Nati. Souvent présente sur le côté gauche, la pépite allemande a cependant globalement déçu. Trop discret lors du premier acte et régulièrement pris dans le duel, Wirtz n’a jamais su tirer son épingle du jeu. En seconde période, il se distinguait rapidement en trouvant Musiala d’un extérieur du pied splendide (50e). Plus en jambes, il faisait parler sa technique sur quelques séquences mais se sera, lui aussi, montré très décevant. Remplacé par Sané (76e), auteur d’une reprise puissante mais non cadrée dans les derniers instants (82e).

- Havertz (3,5) : buteur contre l’Écosse, l’attaquant d’Arsenal a rapidement été en vue lors de ce troisième match des Allemands. Auteur d’un premier coup de tête (3e), il aurait ensuite pu bénéficier d’un penalty pour une charge de Schär (12e) mais l’arbitre ne bronchait pas. Intéressant dans la prise de profondeur, il a cependant progressivement disparu des radars. Au retour des vestiaires, le buteur allemand n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent, excepté ces deux reprises de la tête non cadrées (68e, 85e). Un rendement trop faible.

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