Julien Faubert raconte son incroyable transfert au Real Madrid

Janvier 2009. En difficulté, le Real Madrid s'active sur le mercato hivernal et, dans les dernières heures du marché, recrute Julien Faubert, milieu français alors à West Ham, à la surprise générale. Plus de dix ans après, Faubert raconte les coulisses de cet incroyable transfert.

Julien Faubert présente son maillot au Real Madrid avec la légende Alfredo Di Stefano en 2009
Julien Faubert présente son maillot au Real Madrid avec la légende Alfredo Di Stefano en 2009 ©Maxppp

C'est l'un des transferts les plus surprenants de tous les temps et vous le trouverez sans aucun doute dans tous les tops répertoriant les achats les plus bizarres de l'histoire du mercato. En janvier 2009, le Français Julien Faubert passait de West Ham au Real Madrid. Etonnant car sorti de nulle part, étonnant car Julien Faubert, malgré de nombreuses qualités, ne présentait pas alors le CV d'une recrue type du club merengue. Certes, celui qui évoluait encore milieu offensif droit avait montré de belles qualités à Bordeaux, ce qui lui avait valu une sélection en équipe de France (avec un maillot floqué numéro 10) pour le premier match post-Coupe du Monde 2006, et un transfert en Premier League à West Ham.

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Sa première saison chez les Hammers était gâchée par une blessure survenue lors de la pré-saison, mais il s'était installé comme un titulaire dès le début de son deuxième exercice, la saison 2008-2009. Jusqu'au mois de janvier 2009 et un coup de fil reçu dans le bus, comme le raconte lui-même Faubert dans un entretien accordé à [The Athletic](https://theathletic.co.uk/1702238/2020/03/27/julien-faubert-west-ham-real-madrid/). « Nous étions avec l'équipe dans le bus direction Upton Park (le stade d'alors de West Ham, ndlr). Je reçois un coup de fil d'un Français qui travaille au Real Madrid et qui me dit : "salut, je travaille pour le Real et nous voulons te parler." Je lui réponds que j'ai un match important à préparer et que je n'ai pas le temps pour ces conneries. J'éteins mon téléphone, nous jouons le match et quand je le rallume, je vois 30 SMS et 50 messages sur mon répondeur. C'est là que j'ai su que c'était sérieux. J'ai appelé mon agent et il m'a dit qu'on devait discuter avec le Real Madrid, qui avait envoyé des représentants dans un hôtel à Heathrow (l'un des aéroports de Londres, ndlr). C'était le dernier jour du marché des transferts, nous y sommes allés et avons commencé les négociations. »

Julien Faubert joue un dernier match avec les Hammers le 28 janvier. Mais le 30 janvier, le quotidien Marca annonce la nouvelle, assurant qu'il va bien rallier le Real Madrid. Le Real venait en effet de mettre un terme à sa piste prioritaire, qui menait à Valencia, alors à Wigan (et qui sera transféré à Manchester United l'été suivant). « Je ressentais beaucoup de choses, mais j'étais heureux, c'est le Real Madrid quand même ! Quand je me suis rendu compte que c'était bien vrai, je priais pour que les négociations se passent bien. En réalité, ils voulaient Antonio Valencia mais il s'était engagé pour Manchester United, et j'étais le deuxième choix », raconte Faubert. C'est en tant que milieu droit qu'il est engagé par un Real Madrid en grande difficulté cette saison-là. Juande Ramos a succédé à Bernd Schuster, limogé en début de saison. C'est l'époque des Néerlandais, avec Sneijder, Van der Vaart, Robben et Van Nistelrooy. Le Real Madrid manque de vitesse et d'ailiers. Il récupère ainsi Faubert sous la forme d'un prêt payant d'1,5 M€, assorti d'une option d'achat de 6 M€.

Des railleries mais une superbe expérience

Pour Faubert, c'est un véritable rêve éveillé. « Quand le deal a été fait, je suis revenu à West Ham pour prendre mes affaires. Plusieurs de mes coéquipiers ont commencé à rire. Ils disaient : "tu te rends compte où tu vas Julien ? C'est le putain de Real Madrid." Je me rappelle que Mark Noble (milieu de terrain anglais toujours au club, ndlr) faisait exprès de m'ignorer. Je lui ai dit : "Mark, c'est quoi le problème ?" Et il m'a dit : "Julien, je ne peux pas te parler, tu es un joueur du Real Madrid, tu es bien plus haut que moi". Il y avait beaucoup de plaisanteries », se souvient-il. La suite de l'histoire sera moins drôle, avec seulement deux apparitions sur le terrain et une polémique lorsqu'il sera filmé sur le banc de touche les yeux fermés, comme s'il dormait, ce qu'il nie. « Quand j'étais sur le banc ce jour-là, j'ai fermé les yeux 30 secondes et ils ont cru que j'étais énervé parce que je ne jouais pas et que du coup je dormais. Le président m'a dit que je devais faire attention à cause des photographes et des caméras partout. J'ai beaucoup appris de cette expérience ». Qu'il raconte aujourd'hui avec beaucoup de plaisir, bien loin des moqueries de l'époque.

En mars 2016, il racontait à Foot Mercato : « malgré les railleries que j’ai pu entendre, surtout de la France, ça a été une expérience extraordinaire même si j’ai peu joué. De sentir un intérêt certain d’un club de ce niveau, on est flatté et on se dit qu’on n’est pas si mauvais que ça, même si je ne pensais pas être mauvais. Il y a peu de joueurs qui peuvent se vanter d’avoir été au Real Madrid. M’entraîner tous les jours avec des joueurs de haut niveau et d’expérience, ça m’a appris sur le métier et sur le professionnalisme. Ça a été une belle expérience au sein de l’un des deux meilleurs clubs du monde ».

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