Ligue 1

La Ligue 1 est en colère après les agressions à Nice

Le week-end dernier, certains membres de l’OGC Nice ont été agressés par quelques supporters après la défaite face au FC Lorient. Des incidents qui font réagir les autres clubs de Ligue 1, solidaires avec les Aiglons.

Par Dahbia Hattabi
4 min.
Mendy de Nice @Maxppp

L’OGC Nice vit des heures difficiles. Dans la nuit de dimanche à lundi, les limites ont été franchies puisque certains supporters s’en sont pris à des membres du club, parmi lesquels Florian Maurice (Directeur sportif), Terem Moffi et Jérémie Boga. Comme expliqué par nos soins, ils ont été insultés et frappés. Les deux joueurs ont dû être arrêtés quelques jours, eux qui ont porté plainte contre X. Dans le même temps, après avoir été proche d’un départ, Franck Haise a finalement décidé de poursuivre l’aventure avec son groupe, fortement touché par ces événements très graves. Le coach niçois a d’ailleurs mis les choses au clair dans L’Equipe alors que des informations contraires circulaient concernant les coups portés aux joueurs.

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Habib Beye dénonce

«On ne peut pas occulter ce qu’il s’est passé. Quand j’entends qu’il ne s’est pas passé grand-chose… Il y a des joueurs qui se sont fait taper. On n’a pas 5 et 7 jours d’ITT par hasard. Le directeur sportif s’est fait taper, cracher dessus ; qu’on ne me dise pas que ça ne s’est pas passé. Il faut assumer ses responsabilités et ça n’a pas été le cas. J’espère qu’un jour les choses bougeront réellement. Même ceux qui n’ont pas été frappés sont choqués. Les joueurs ne comprennent pas. Qu’est-ce qu’il se serait passé si un mec avait réagi ? Certains sont venus cagoulés, avec des boules de pétanque… C’était pour jouer à la pétanque ?» Silencieux, les Aiglons se sont unis hier soir pour publier un communiqué de presse commun afin de dénoncer les violences qu’ils ont subi. Ce jeudi, c’est au tour des autres acteurs de notre chère Ligue 1 de réagir. Forcément, ils sont tous choqués mais également solidaires à l’image du coach de Rennes, Habib Beye.

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« Choqué par l’image que nous donnons de notre foot à travers ces actes-là, choqué parce que je trouve inacceptable ce type de confrontation. Il va falloir vite qu’on se réveille car ce qui se passe dans le foot à travers ça, aujourd’hui on est sur des insultes, des crachats et peut-être des coups, mais le jour où on va aller plus loin que ça, on va faire comment ? On va se réveiller un matin et se dire : ah bah, il aurait fallu que. Ce n’est pas une problématique récente qui s’est juste passée à Nice, ça s’est passé ailleurs et je l’ai expliqué ici : on a un droit de spectacle aujourd’hui, les supporters viennent voir un spectacle. Quand cette relation change dans l’exigence de l’un vis-à-vis de l’autre, c’est là où c’est démesuré. Des sanctions doivent être prises, et il faut vite qu’on se réveille ou alors on se réveillera un matin et il y aura quelque chose d’encore plus grave que ce qui s’est passé, qui est déjà très grave.»

La L1 sidérée mais solidaire

Il a ajouté : «des supporters ? Mais ce ne sont pas des supporters, arrêtons de les appeler supporters, vous leur donnez de la force. Vous ne pouvez pas considérer que 400 mecs qui sont là pour rendre des comptes ou même en venir aux mains avec des joueurs ou demain avoir des exigences, ce sont pas des supporters, il faut arrêter de leur donner une fenêtre. 400 mecs qui viennent le soir à minuit pour attendre une équipe, ce ne sont pas des supporters sauf s’ils sont là pour la supporter, mais sinon, non. » Bruno Genesio (LOSC), qui a collaboré à plusieurs reprises avec Florian Maurice, en a aussi parlé : «un de mes amis proches est dans le club. Lorsque j’ai appris ce qu’il s’est passé, je l’ai immédiatement appelé. Le foot pour moi est secondaire dans ces moments-là. On a le droit d’être en colère, de siffler, par contre d’arriver à des actes violents, on n’a pas le droit, ni dans le foot ni ailleurs », a lâché le coach du LOSC, sans citer nommément son ami de longue date.»

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Pierre Sage, qui connaît bien la ville de Nice, officie à Lens l’un des anciens clubs de Franck Haise. Il a aussi évoqué cette situation avec une certaine hauteur. «J’ai vécu 12 ans dans cette ville donc je connais assez bien le club et la population, entame-t-il ce jeudi. Ça m’a beaucoup interpellé. Maintenant, il y a toujours quelque chose qui me questionne dans ce sujet-là. C’est comment des personnes qui se réunissent (joueurs, entraîneur, supporters) pour une même cause, à un moment donné s’envoient beaucoup d’amour et quelques mois plus tard en arrivent à ce genre de chose là. Pour moi derrière tout ça, il y a toujours d’autres choses. Je pense que le sport et les clubs sont le terrain d’autres combats et c’est peut-être ça qu’il faut dénouer et désamorcer de manière à laisser la place au sport et à l’intérêt qu’ont les gens pour celui-ci.» À bon entendeur.

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