L’Argentine est au cœur d’un immense scandale de corruption
À quelques mois de défendre son titre à la Coupe du Monde, l’Argentine est engluée dans un grand scandale de corruption. Claudio Tapia, le président de l’AFA, est même interdit de quitter le territoire par la justice de son pays.
L’Argentine a deux grands rendez-vous face à elle. Il y a d’abord la Finalissima prévue contre l’Espagne le 27 mars prochain au Lusail Stadium au Qatar. Il y a certes une coupe à recevoir à la fin de ce match de prestige entre le champion du continent sud-américain et européen mais c’est surtout l’occasion de se mesurer à un grand rival, prétendant à la victoire au prochain Mondial cet été. C’est le second grand objectif de l’Albiceleste, conserver sa couronne acquise en décembre 2022 au nez et à la barbe de Kylian Mbappé et ses coéquipiers.
Sauf que ces échéances ne se préparent pas dans un grand calme. Depuis plusieurs semaines, le football argentin tremble. Le président de l’AFA (fédération argentine de football) Claudio Tapia est interdit de quitter le territoire national. Son nom est cité au cœur d’une histoire de fraude fiscale et de blanchiment d’argent. Il est tout de même soupçonné d’avoir détourné 19 milliards de pesos argentins (environ 11 millions d’euros), aux côtés de son trésorier Pablo Toviggino pour des faits présumés entre 2024 et 2025.
Un système de sociétés-écrans mis en place
Plus grave encore, ce scandale serait généralisé et toucherait une grande partie du football argentin. Des présidents de clubs, anciens et actuels, sont visés. AS parle même d’une «affaire de corruption d’une ampleur comparable, voire supérieure, à celle qui a secoué la FIFA» il y a quelques années. Plusieurs responsables de l’instance internationale avaient été arrêtés par le FBI, contraints de passer aux aveux. Le quotidien espagnol met en lumière un système de sociétés-écrans pour blanchir l’argent reçu de différentes factures.
Ces boîtes intermédiaires, qui n’ont aucun lien avec le football, sont censées reverser ces fonds à la fédération. Les dirigeants interrogés ont justifié cette pratique par la nécessité d’éviter le risque d’une dévaluation du peso, la monnaie locale, mais la réalité est très différente. Une grande partie de cet argent reste bloquée dans ces sociétés-écrans et ne parvient jamais dans les caisses de la fédération. Les ramifications de cette affaire touchent par exemple l’Espagne, où sont domiciliées certaines de ces entreprises fantômes. L’affaire s’est d’ailleurs déclenchée juste après l’annonce de la Finalissima.
Le football argentin vole au secours de ses dirigeants
Des véhicules de luxe ont été saisis chez certains dirigeants de l’AFA, qui n’expliquent pas certains vols privés, des biens particulièrement luxueux, comme des maisons, dont l’origine est très obscure. Le scandale est si important qu’Adidas a décidé de suspendre ses paiements envers la fédération, et Coca-Cola envisage de poursuivre Tapia et d’autres personnalités du football local. En réponse, certains clubs ont apporté leur soutien et appellent à la grève lors de la 9e journée de championnat le week-end prochain. Voilà une histoire qui fait tâche à quelques mois de la Coupe du Monde.