Que vaut la Lazio de Maurizio Sarri ?

Resté sans club un an suite à son départ de la Juventus, Maurizio Sarri a pris le temps pour replonger dans le bain. Rejoignant la Lazio, un club dont les couleurs rappellent son aventure napolitaine, le technicien italien se veut revanchard. Pour le moment cela reste perfectible mais il y a clairement des raisons d'être confiant. L'Olympique de Marseille qui joue ce jeudi contre la Lazio devra bien s'en méfier...

Maurizio Sarri sur un banc de touche en Serie A
Maurizio Sarri sur un banc de touche en Serie A ©Maxppp
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C'est une révolution idéologique, un changement de philosophie qu'a osée la Lazio cet été. Suite au départ de Simone Inzaghi vers l'Inter Milan, le club biancocelesto se devait de gérer la transition avec un coach qui l'avait fait grandir en cinq ans et lui avait permis de remporter trois trophées (2 Supercoupes d'Italie et 1 Coupe d'Italie). Le choix s'est alors posé sur Maurizio Sarri qui était libre et à la recherche d'un projet. Sorti d'un flop à la Juventus, le technicien de 62 ans voulait montrer qu'il pouvait retrouver des ambitions sportives et dans le jeu. Et si les premiers mois ne sont pas parfaits, ils font preuve d'une belle évolution et laissent entrevoir de belles choses.

Une lente mise en place

Malgré un mercato compliqué où il a perdu Joaquin Correa (Inter Milan), Maurizio Sarri n'a pu compter que sur quelques recrues à bas coup. Dépensant un peu moins de 13 millions d'euros pour s'offrir Toma Basic (Bordeaux), Felipe Anderson (West Ham), Mattia Zaccagni (Hellas Vérone), Elseid Hysaj (Napoli) et Pedro (AS Roma), il a trouvé les compléments idéaux à l'effectif déjà en place pour passer du 3-5-2 de Simone Inzaghi à son indéboulonnable 4-3-3. Installant un jeu de possession et de position, Maurizio Sarri ne s'attendait pas à des résultats rapides et malgré la victoire contre Empoli (3-1) pour le compte de la première journée de Serie A, il était nuancé : «Est-ce que je veux tout et tout de suite ? Non, mais je suis quelqu'un qui veut s'approcher de la perfection et c'est très difficile.»

«En ce moment, nous sommes en pleine construction et nous avons affronté une équipe très difficile à jouer. Nous avons tout bien fait pendant 65 minutes, mais à la fin, nous avons lutté, nous faisions une parodie de football... Il y a peu de similitudes techniques et tactiques entre cette Lazio et Naples, mais du point de vue moral, il y en a parce que les garçons sont très appliqués et me suivent. Naples était déjà proche de mes idées de par sa façon de jouer et son effectif, le chemin pour cette Lazio pourrait être un peu plus long», expliquait-il alors. Un moyen de montrer que cette saison allait poser les bases d'un projet bien plus long pour le club de la capitale romaine.

Des résultats qui s'améliorent et un onze qui s'affirme

Débutant par deux victoires avec également une démonstration offensive contre la Spezia (6-1), Maurizio Sarri a ensuite connu une période plus compliquée avec la défaite 2-0 contre l'AC Milan en Serie A et 1-0 contre Galatasaray en Ligue Europa. Avec deux victoires au bout de ses six premiers matches, Maurizio Sarri était attendu au tournant lors du derby contre l'AS Roma. Un match qui a vite sombré dans la folie. En tête sur le score de 2-0 après 19 minutes et les réalisations de Sergej Milinkovic-Savic et Pedro, la Lazio va se faire rejoindre avant de l'emporter 3-2 grâce à Felipe Anderson. Un succès fondateur et qui a été suivi de résultats intéressants. Après 8 journées, la Lazio est cinquième de Serie A à un point de la Ligue des Champions et deuxième de son groupe de Ligue Europa à un point de Galatasaray.

Mieux, cette équipe a déjà défini une certaine ligne directrice au niveau de son onze. Si dans les buts Pepe Reina n'est pas dans ses meilleures années, il apporte pour le moment plus de garanties que Thomas Strakosha. Les couloirs de la défense sont occupés par Adam Marusic et Elseid Hysaj tandis que Manuel Lazzari a été relégué dans un rôle de doublure. En défense, Luis Felipe et Francesco Acerbi sont incontournables tandis que Patric est le premier renfort. Dans l'entrejeu, Lucas Leiva reste la sentinelle aux côtés de Sergej Milinkovic-Savic et Luis Alberto. Toma Basic, Jean-Daniel Akpa Akpro, Mattia Zaccagni et Danilo Cataldi apportent d'autres options. Enfin, devant, le trio composé de Felipe Anderson, Pedro et Ciro Immobile en pointe s'est vite démocratisé. Pouvoir compter sur une base solide ça aide dans une saison et notamment dans les grands matches.

La Lazio en confiance

Sur sa dernière sortie ce samedi, la Lazio avait fort à faire. Contre l'Inter Milan, le club romain pouvait être relégué loin du peloton de tête ou se relancer. Finalement, nous avons vu la seconde option se matérialiser. Bien que menée sur un penalty d'Ivan Perisic en début de match (12e), la Lazio a totalement retourné la tendance en fin de match. Ciro Immobile sur penalty (64e), Felipe Anderson (81e) et Sergej Milinkovic-Savic (90e +1) ont permis de totalement retourner la solution. Une prestation référence pour la Lazio qui a totalement fait oublier la grosse domination intériste en première période. Capable de faire le dos rond avant de répondre, cette équipe a particulièrement séduit son coach Maurizio Sarri.

«J'ai vu une belle Lazio depuis le début. Nous sommes descendus, mais nous avons eu nos chances. J'ai dit aux garçons, si nous restons dans le jeu, nous ne perdrons jamais. Et après l'égalisation, nous l'avons inversé» s'est alors enthousiasmé le technicien italien en conférence de presse d'après-match. Avec une équipe agressive (17 tacles par match, record en Serie A) et survoltée, la Lazio dispose du deuxième total de possession (derrière Naples) de Serie A (57,3%) et de la troisième attaque avec déjà 18 buts inscrits. Une grosse production qui tend à devenir plus cohérente au fil des matches. Futur adversaire des Biancocelesti, l'Olympique de Marseille serait bien inspiré de se montrer méfiant.

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