Prestianni, Mourinho, Vinicius Jr : la réponse saignante du Real Madrid aux polémiques
Demain soir, le Real Madrid va accueillir Benfica dans une ambiance qui promet déjà d’être infernale après la polémique raciste ayant pollué la manche aller. Du côté des Merengues, on est prêt à aller au combat.
À la guerre avec Vinicius Junior. Mardi dernier, les joueurs et le staff du Real Madrid ont immédiatement soutenu Vinicius Junior, victime selon ses dires d’insultes racistes de la part de Gianluca Prestianni lors du barrage aller de Ligue des Champions. En effet, l’Argentin de 20 ans est accusé d’avoir qualifié le Brésilien de "singe" à plusieurs reprises. Kylian Mbappé a confirmé cela auprès des arbitres et des médias. Mais Prestianni, qui s’était couvert la bouche avec son maillot, dément bec et ongles. Dans la foulée, José Mourinho, plutôt habile en matière de communication, s’est offert une sortie médiatique totalement ratée certainement au pire des moments.
« J’ai parlé avec Prestianni et Vinicius, l’un me dit une chose, l’autre me dit l’autre. Je ne veux pas dire que je crois ce que dit Prestianni à 100%, mais je ne peux pas dire que ce que m’a dit Vinicius est la vérité. C’était un grand match jusqu’au bout, face à un grand Real Madrid. Vinicius met un superbe but que seul lui ou Mbappé peuvent marquer. Quand tu mets un but comme ça, célèbre avec tes coéquipiers, ne va pas provoquer 60.000 personnes. Dans combien de stades, c’est déjà arrivé avec Vinicius ? C’est un joueur de classe mondiale, mais si tu marques un but comme ça, célèbre avec tes coéquipiers.» Depuis, le Portugais, qui ne s’exprimera pas face à la presse ce mardi en avant-match, se prend un tollé. Vincent Kompany et bien d’autres l’ont rhabillé pour l’hiver et toutes les autres saisons.
Mourinho a déçu
Du côté de Madrid, Thibaut Courtois n’a pas caché sa déception ce mardi face à la presse. «Mourinho est Mourinho, et c’est un entraîneur défend toujours son club. Mais je trouve gênant que la célébration de Vinicius soit utilisée contre lui ; car quand le Real Madrid encaisse un but, l’attention médiatique est décuplée. C’est arrivé, il faut passer à autre chose. C’est arrivé, et on ne peut pas justifier un acte présumé de racisme à cause d’une simple célébration.» Alvaro Arbeloa est du même avis. «Je maintiens ce que j’ai dit la semaine dernière, ici et à Lisbonne. Vini a marqué un but magnifique, fantastique. Et rien de ce qu’il peut faire, ou a fait, ne justifie un acte de racisme. Je l’ai dit alors et je le répète : c’est le plus important. Rien ne justifie un acte de racisme.» Sans Mourinho sur le banc, Benfica va donc se présenter dans la capitale espagnole. Mais cela ne change rien pour Arbeloa.
«Tout comme l’équipe, je suis concentré sur l’objectif de livrer un grand match. Ce ne sera pas la première fois de la carrière de Mourinho qu’il ne sera pas sur le banc, et ses équipes ont toujours brillé. Je m’attends à une grande équipe demain, avec quelques ajustements après le match aller. J’espère vivre un grand match, un grand spectacle… et la victoire du Real Madrid.» Un match qui se jouera sans Gianluca Prestianni, suspendu provisoirement par l’UEFA hier. Une décision évoquée brièvement par Arbeloa. «Nous n’en avons pas discuté dans les vestiaires, et mon opinion reste inchangée. Nous avons l’occasion de porter un coup dur au racisme. L’UEFA a toujours été un fervent défenseur de ce combat et a aujourd’hui la possibilité d’avoir un impact significatif (…) Nous sommes entièrement concentrés sur le match. Sur le fait de jouer à un haut niveau, d’offrir un beau spectacle. Sur la victoire. Et c’est là que nous concentrons toute notre énergie et tous nos efforts. Le reste… cela ne nous regarde pas. Ce n’est pas à nous de prendre ces décisions, c’est à l’UEFA.»
Une occasion pour le foot de mettre fin à ces pratiques
De son côté, Courtois a été plus bavard sur ce sujet. «C’est le moment idéal pour le football de mettre un terme à ces pratiques. Nous savons ce que Vinicius nous a dit… et c’est quelque chose qui s’est produit à maintes reprises. Il faut que ça cesse. L’UEFA doit trancher (…) Concernant Prestianni… c’est compliqué, il y aura toujours des accusations mutuelles. Mais nous soutenons Vinicius à 100 %, qui a traversé bien des épreuves… et n’a jamais tenu de tels propos. Il a parfaitement entendu ces propos, comme il les a entendus à maintes reprises, et je le crois sans réserve. Puisqu’il s’est couvert la bouche, nous ne le saurons jamais. Benfica défendra son joueur. Mais nous ne pouvons pas faire grand-chose de plus : c’est au tour de l’UEFA, des instances dirigeantes». Le Belge a été ensuite interrogé sur le fait que Prestianni aurait aussi formulé des insultes homophobes.
«Il semblerait qu’il l’ait dit… et je pense que c’est tout aussi grave. Ce sont des insultes homophobes. Tout comme ce qui s’est passé dans les tribunes du stade de la Luz était extrêmement grave. On peut apprécier ou non un joueur, mais un tel comportement est déplorable. Je ne sais pas s’il a été condamné, ni si les autorités ont annoncé des poursuites contre les auteurs du geste homophobe… mais le racisme et l’homophobie sont inacceptables. Et ses insultes sont tout aussi graves. S’il ne se couvre pas la bouche… on imagine mal ce qu’il dira ensuite.» Courtois a ensuite été relancé sur la possibilité de sanctionner les joueurs qui se couvrent la bouche sur le terrain pour parler. «C’est compliqué, car on a parfois envie de dire quelque chose à son coéquipier sans qu’on nous entende… mais si c’est pour mettre fin aux insultes, tant mieux. Dans de nombreux sports, beaucoup de joueurs portent des micros. Ou les arbitres eux-mêmes. Et tout est entendu. Si c’est pour lutter contre le racisme, je n’y vois aucun inconvénient.»
Les cas Vini Jr et Prestianni évoqués
Courtois espère que ce cas servira d’exemple à l’UEFA, qui doit encore combattre contre le racisme. «Ils s’améliorent de plus en plus (concernant les lois anti-racisme). Le problème, c’est qu’à ce moment-là, c’est Vinicius qui décide si on reprend le match. S’il refuse, on envisagera de partir. Ensuite, c’est à l’arbitre de l’UEFA de décider de la suite des événements. Quant à la situation dans les tribunes, il y a lieu d’arrêter le match et d’expulser les personnes concernées. Bien sûr, il n’est pas normal qu’un joueur voit ce qui se passe dans les tribunes ; c’est la responsabilité de l’arbitre. Et il faut appeler les autorités. Il faut qu’on arrête de se comporter de façon aussi irresponsable.» En parlant de comportement, le gardien a été interrogé sur sa réaction et celle du vestiaire si Prestianni, qui a fait le voyage à Madrid, était finalement autorisé à jouer. Y aurait-il une poignée de main avant le match ? «C’est un sujet que nous, les joueurs, n’avons pas encore abordé. Nous verrons ce que nous déciderons en équipe.»
Ce qui est sûr, c’est que Madrid s’apprête à jouer un match pas comme les autres. Une tension est d’ores et déjà palpable. Victime, Vinicius Jr est prêt à aller au combat comme l’a reconnu son coach. «Il a toujours fait preuve d’un courage et d’une force de caractère exceptionnels. À sa place… je ne sais pas comment il aurait réagi. Il a toujours agi avec bravoure. C’est sa réaction habituelle, et ce sera toujours la sienne, car c’est un battant. Et demain, il se battra jusqu’au bout. Pour prouver qu’il est l’un des meilleurs footballeurs de la planète. Il se débrouille très bien, il est très motivé. Il est extrêmement motivé pour ce genre de matchs. Depuis mon arrivée, il est exceptionnel et fait vraiment la différence. Nous voulons tirer le meilleur de lui, lui donner l’occasion de démontrer tout son potentiel. Et puis… il a un fort caractère, c’est un leader. Nous avons besoin qu’il réalise un autre grand match demain.» Ce qui serait finalement la meilleure des réponses demain soir.
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