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Valentin Atangana, Al-Ahli : « l’équipe de France, ce serait mon rêve »

À 20 ans, Valentin Atangana a choisi contre toute attente de rejoindre l’Arabie Saoudite l’été dernier. Alors qu’il était sur le point de s’engager du côté de Strasbourg, le jeune milieu prometteur du Stade de Reims est parti rejoindre le Golfe et le club d’Al-Ahli. Installé depuis un peu plus de 6 mois, il enchaîne les matchs et les bonnes performances dans différentes compétitions. Le natif de Yaoundé a accepté de se livrer à Foot Mercato et est revenu sur son choix de rejoindre l’Arabie Saoudite, son adaptation dans ce nouveau contexte, ses ambitions et l’équipe de France Espoirs. Entretien.

Par Alexandre Chaillol
10 min.
atanaganaa @Maxppp

Foot Mercato : 6 mois après ton arrivée, comment te sens-tu en Arabie saoudite ?

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Valentin Atangana : pour le moment, je me sens très bien. Je pense que mes six premiers mois ont été très bons. Pour l’instant, le meilleur dans ma carrière, c’est ici, en Arabie Saoudite. J’ai été très bien accueilli par les joueurs saoudiens et par les joueurs européens. Pour le moment, je joue, je suis performant et j’espère que ça va continuer.

« Quitter la France et venir en Arabie Saoudite, il y a un gros cap quand même. »

FM : les joueurs francophones, ont-ils facilité ton intégration ?

VA : ça a vraiment facilité mon adaptation. Dans ce club, il y a pas mal de joueurs qui parlent français, Enzo Millot, Riyad Mahrez, Édouard Mendy, Franck Kessié et ils m’ont très bien accueilli. Parce que quitter la France et venir ici en Arabie Saoudite, il y a un gros cap quand même. Il fallait s’adapter à la culture aussi. Donc, forcément, ils m’ont aidé. Et c’est grâce à ça en partie que je suis performant.

FM : c’est une chance pour vous de jouer avec un joueur comme Riyad Mahrez ?

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VA : tu le vois encore malgré son âge, ses contrôles, sa qualité technique, tu sens qu’il est au-dessus. Et je pense que ça, il ne va pas le perdre. C’est un immense plaisir de jouer à ses côtés. Surtout, nous, les jeunes joueurs, il nous donne beaucoup de conseils. Et forcément, on l’écoute, car quand un joueur du niveau de Riyad Mahrez te parle, tu as envie d’écouter.

FM : comment as-tu réagi vis à vis du montant de ton transfert (25M d’euros) ?

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VA : moi, de mon côté, je n’ai pas regardé le prix. J’ai plus regardé les conditions et le choix sportif. Le montant du transfert honnêtement ça ne m’a rien fait. Aujourd’hui, je sais juste que je suis la deuxième plus grosse vente de Reims derrière Hugo Ekitike.

« Sur un match de football, tout peut se passer et encore plus en Afrique. »

FM : que penses-tu des gens qui critiquent le choix de voir un jeune signer en Arabie Saoudite ?

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VA : forcément, je pense qu’ils vont voir le financier, en premier plan, plutôt que le choix sportif. Ils disent que le joueur part là-bas juste pour l’argent. Alors qu’au contraire, le joueur va là-bas parce qu’il a un plan de carrière. Les joueurs qui viennent ici, regardent le projet sportif avant tout. Bien sûr, le financier joue aussi, on ne va pas se mentir. Mais mon choix, en tout cas, c’était le projet sportif. Tu le vois d’ailleurs, car j’ai signé en Arabie Saoudite et ça ne m’empêche pas d’être performant et d’être toujours appelé en équipe de France Espoirs.

« Il ne faudrait plus avoir peur de venir en Arabie Saoudite. »

FM : jouer contre les plus grosses légendes du football, ça a été une source de motivation dans ton choix de rejoindre l’Arabie Saoudite ?

VA : bien sûr, tu sais que dans ce championnat-là, tu retrouves des légendes, Benzema, Cristiano Ronaldo, N’golo Kanté donc forcément, ça joue. Je pense que maintenant, il ne faudrait plus avoir peur de venir ici en Arabie Saoudite. Le championnat est regardé, Zack Nani détient les droits, donc je pense qu’il faut venir sans crainte.

FM : comment juges-tu le niveau du championnat saoudien ?

VA : pour moi, c’est un bon championnat. Je pense que tu as 7-8 bonnes équipes. Après, le bas de tableau est peut-être un peu faible. Mais globalement, pour moi, c’est un bon championnat. Si je devais comparer à la Ligue 1, évidemment la Ligue 1 est au-dessus. Mais je pense que d’ici un ou deux ans, le championnat saoudien, va pouvoir rivaliser avec la Ligue 1 sans problème. Il y a énormément de bons joueurs qui viennent ici pour pouvoir relever le niveau du championnat.

FM : penses-tu que cette expérience va te permettre de poursuivre ta progression ?

VA : ça va m’apporter plus que sur le plan sportif. Déjà, ça va m’apporter au niveau de la langue. Parce que, forcément, quand tu quittes la France à 20 ans, tu dois t’adapter à parler en anglais, à comprendre les gens. Dans un plan humain, ça va m’apporter. Il y a des joueurs comme Kessié ou Mahrez qui me donnent des conseils. Donc, forcément, ça va m’apporter aussi sur le plan sportif. Quand tu t’entraînes au quotidien avec eux, ça t’apporte. Ça change aussi du contexte de Reims de s’entraîner et de jouer avec des joueurs de ce calibre.

FM : qu’est-ce qui t’a le plus choqué en passant de Reims à Al-Ahli ?

VA : VA : ça change de jouer dans une équipe qui joue le milieu de tableau ou voir le maintient à une qui joue pour gagner des titres. Sans manquer de respect à Reims, mais tu prends plus de plaisir à jouer dans une équipe qui va aller chercher un titre à la fin de saison qu’une équipe qui se bat pour le maintien comme nous l’an dernier.

FM : un retour en Europe semble envisageable à l’avenir ?

VA : à l’avenir, je pense que c’est envisageable parce que j’ai des objectifs. J’ai envie de jouer en Premier League et de jouer la Champions League en Europe. Je pense que mon style de jeu correspond bien au championnat anglais, et même peut-être à la Bundesliga. Ce sont les deux championnats que j’apprécie énormément. Après, bien évidemment, je ne me ferme aucune porte.

« Je vais devoir endosser un rôle de leader. »

FM : en septembre, tu as été appelé avec les Espoirs, tu t’attendais à être appelé même après avoir rejoint l’Arabie Saoudite ?

VA : avant ma première sélection, au mois de septembre, j’avais parlé avec le coach. Il m’avait dit que j’allais faire partie de ses « leaders » parce que, voilà, c’est une nouvelle génération avec les 2004, 2005, 2006. Et, forcément quand tu vois qu’en A, ils appelaient toujours Théo Hernández, et même Kanté de temps en temps, je me suis dit que la porte, elle n’était pas fermée entre guillemets. En Arabie Saoudite, en plus de moi, il y a Nathan Zézé et Saïmon Bouabré, qui continuent d’être appelés. Je pense que je ne me suis jamais dit que je n’allais plus être appelé.

FM : quel rôle vas-tu avoir dans cette nouvelle génération ?

VA : dans la vie de groupe, déjà, je vais aider à réguler quand les choses ne vont pas. Je fais aussi partie des « anciens » vu que j’ai été appelé avec la génération Enzo Millot, il y a un an. Donc, forcément, j’aurai un rôle plus important à jouer dans cette nouvelle génération. Dans la vie de groupe et sur le terrain, je vais devoir endosser un rôle de leader.

FM : que penses-tu de votre génération en Espoirs ?

VA : je pense que c’est une très bonne et très belle génération. Il y a des joueurs en devenir. C’est sûr qu’il y a moins de grands noms que la génération précédente. Mais tu as des joueurs comme Éli Junior Kroupi, Ayyoub Bouaddi, etc. Il y a quand même beaucoup de très bons joueurs.

FM : quels sont les joueurs qui t’ont le plus impressionné en Espoirs ?

VA : pas impressionné, mais tu sentais qu’il était très fort, il y a Désiré Doué. Rayan Cherki, lui aussi, il m’a impressionné que ce soit à l’entraînement ou en match. Je m’attendais à ce qu’il réussisse à Manchester City. C’est quelqu’un qui n’a pas peur, il est confiant, sûr de lui. Il y a aussi Éli Junior Kroupi, on n’en parle pas beaucoup. Je pense qu’il est sous-coté, c’est sûrement lié au club dans lequel il joue qui est moins exposé médiatiquement. Mais franchement, il est très, très fort. Il réalise de grandes choses à 19 ans en Premier League. On commence à parler de lui, mais j’ai quand même l’impression que c’est un joueur, qu’on cite rarement dans les talents français, alors que c’est fou ce qu’il fait à son âge. Je crois qu’il a déjà 7 buts en Premier League, alors qu’il n’a pas beaucoup de temps de jeu. Il faut plus parler de lui, il mérite.

FM : ton rêve, c’est de porter le maillot de l’équipe de France ?

VA : je joue au foot pour ça, remporter des trophées et jouer pour la nation. Ce serait mon rêve. L’équipe de France est dans ma tête. J’ai fait toutes mes catégories de jeunes en équipe de France, et je me dis que si je continue à travailler, peut-être qu’un jour j’aurais la chance de pouvoir jouer avec les A.

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