Ancien buteur de l’OL condamné à de la prison ferme puis devenu acteur sur Netflix : la nouvelle vie de John Carew

Retraité des terrains depuis 2012, l’ancien attaquant norvégien passé brièvement par la Ligue 1 joue désormais devant les caméras. Il s’est récemment confié à The Athletic.

Par Matthieu Margueritte
5 min.
John Carew @Maxppp

Les plus anciens amateurs de Ligue 1 et de l’Olympique Lyonnais se souviennent sûrement de lui. Révélé à Valence, puis passé par l’AS Roma et Besiktas, John Carew a débarqué sur les bords du Rhône en 2005, au sein d’un OL champion de France. Chez les Gones, le Norvégien avait signé pour quatre ans, mais il n’est resté qu’un an et demi. Après 17 buts inscrits et 4 passes décisives délivrées en 53 matches, le Scandinave a été vendu à Aston Villa durant l’hiver 2007. Aujourd’hui âgé de 46 ans, le grand gaillard de 1,96m se fait à nouveau remarquer, près de quatorze ans après avoir raccroché les crampons. Désormais, John Carew brille devant les caméras non plus comme joueur, mais comme acteur !

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Carew a tourné avec Angelina Jolie

Il y a dix ans, l’ancien attaquant était déjà apparu dans des séries télévisées comme « Jul i Blodfjell » et « Heimebane » et dans des films tels que « Dead of Winter », « Hovdinger », « Maléfique ; Le Pouvoir du Mal » en 2019. Dans ce dernier film signé Disney, Carew a d’ailleurs partagé l’affiche avec plusieurs stars d’Hollywood telles qu’Angelina Jolie et Michelle Pfeiffer. «C’était un petit rôle, mais ce fut une expérience formidable d’être sur un plateau de ce niveau et de voir travailler certains des plus grands acteurs du monde. Angelina et moi avons passé huit jours ensemble sur le plateau. Quand on a un petit rôle, on se rend compte qu’il peut être tout aussi important. On peut se retrouver dans beaucoup de scènes sans avoir beaucoup de répliques, ce qui implique beaucoup d’attente, mais il faut s’adapter et rester concentré. Quand on participe à une production aussi importante, on apprécie vraiment d’être dans cet environnement. J’ai beaucoup observé et appris», a-t-il déclaré dans un entretien accordé à The Athletic.

Un entretien qui a été l’occasion pour l’ex-buteur de se confier sur son amour du jeu d’acteur et de comédien. Une passion qui s’est concrétisée quand il évoluait encore à Aston Villa. «J’ai commencé à prendre des cours de théâtre en 2009. Un coach venait chez moi, à Londres, et nous travaillions sur des textes et sur la manière d’entrer dans la peau d’un personnage. Cela m’intéressait depuis un certain temps déjà, pendant ma carrière de footballeur. Quand j’étais plus jeune, je me consacrais à 100 % au football, et je me suis lancé un peu plus tard, sans avoir aucune expérience dans ce domaine. C’est l’apprentissage de la théorie et des aspects techniques du métier d’acteur qui m’a vraiment intéressé. Le coach venait une fois, parfois deux fois par semaine, et j’ai été filmé à plusieurs reprises en train de lire avec émotion devant la caméra. Je ne pense pas en avoir beaucoup parlé à mes coéquipiers. Je n’en ai pas fait toute une histoire. Je ne suis pas du genre à parler de tout et n’importe quoi, sauf si c’est nécessaire», a-t-il déclaré, avant d’expliquer qu’il a enfin pu prendre son envol une fois qu’il avait raccroché les crampons.

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«Quand j’ai pris ma retraite, j’ai eu plus de temps. Jouer dans un film peut signifier que vous devez être sur place pendant plusieurs mois, ce qui est évidemment incompatible avec une carrière de footballeur professionnel», a-t-il indiqué, avant de dévoiler qui était son modèle d’inspiration. «J’adore Anthony Hopkins, Denzel Washington et Al Pacino, les grands classiques. Mais quand je réfléchis à la manière dont je veux aborder un personnage, je me tourne vers Tom Hardy. Il est mon modèle. La façon dont il décompose un personnage puis le reconstruit m’inspire. C’est la manière dont il laisse les dialogues mariner, et c’est ce qui se rapproche le plus de ma façon de faire. Si vous le regardez dans Peaky Blinders, il y a des scènes où il est tellement bon que c’en est presque incroyable. Pour reprendre l’analogie avec le football, il est au niveau du Real Madrid.»

«Je veux être un méchant dans un film de James Bond»

Cette nouvelle vie a toutefois connu un gros couac il n’y a pas si longtemps, lorsqu’il a été condamné en 2022 à 14 mois de prison ferme pour fraude fiscale. Carew a oublié de déclarer près de 30 M€ de revenus imposables entre 2014 et 2019. Pour se défendre, le Norvégien assurait qu’on lui avait expliqué qu’il n’était pas obligé de déclarer ses impôts dans son pays pendant qu’il vivait à l’étranger. Une période délicate durant laquelle il a pu réaliser une partie de sa peine en travaillant pour la fédération norvégienne de football, en portant un bracelet électronique. «On ne m’a jamais posé cette question auparavant. Je ne pense pas que j’en parlerai beaucoup. C’était une période brève que j’ai presque oubliée, et il vaut mieux la laisser derrière nous. C’est quelque chose que nous avons tourné la page», a-t-il brièvement répondu.

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Et si Carew ne veut plus s’attarder sur cette période difficile, c’est parce qu’il est à l’affiche d’une série sur Netflix, « Home of Christmas ». Une série qui a fait un carton en Norvège et qui a donné encore plus d’ambitions à l’acteur de 46 ans. «Je veux être un méchant dans un film de James Bond. Pas le méchant principal, mais un tueur à gages. Je veux être le bras droit du méchant, comme un assassin silencieux qui perd son combat contre Bond à mi-parcours. J’ai vraiment apprécié le tournage de Home for Christmas. C’était la série n° 1 sur Netflix en Norvège. Je cherche à faire d’autres bons projets comme celui-là et à avoir des personnages qui m’intéressent et avec lesquels je peux vraiment travailler. Pas besoin que ce soit quelque chose de grandiose.» Le message est passé.

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