Ligue 1, fin de saison : Laurent Nicollin monte au créneau et tacle le comportement de certains présidents

Très discret et extrêmement digne depuis le début de la pandémie du coronavirus, le président héraultais tire le bilan sur les négociations entre les instances et les présidents de clubs. Le fils de Loulou Nicollin regrette amèrement le comportement de certains acteurs et loue le leadership de Noël Le Graët.

Laurent Nicollin, le président du Montpellier HSC
Laurent Nicollin, le président du Montpellier HSC ©Maxppp

Depuis l'annonce de la LFP d'arrêter définitivement la saison 2019/2020 et d'établir un classement final avec un système de quotients, certains présidents de clubs tirent à boulets rouges sur l'institution. Ainsi, les présidents de l'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas et tu TFC Olivier Sadran notamment, n'ont pas hésité à menacer la Ligue de Football Professionnel d'effectuer des démarches judiciaires pour annuler les décisions de l'instance. Des futurs recours qui risquent de dégrader encore un peu plus un climat déjà très anxiogène au sein du football français.

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Une certaine cacophonie ambiante regrettée notamment par la présidente de la Ligue Nathalie Boy de la Tour. Des luttes d'influence qui ont consterné le président du MHSC Laurent Nicollin. Très digne depuis le début des tractations entre les différents acteurs, le fils de Loulou Nicollin s'est démarqué par sa clairvoyance et ses discours teintés de sagesse. Dans une interview accordée à Sport24.com, ce dernier est revenu sur ces dernières heures qui ont mis le football français en ébullition. Et la possibilité que certains de acolytes présidents effectuent des recours pour contester la fin de saison, le fait bondir...

Laurent Nicollin ne digère pas le comportement de certains présidents

« Chacun défend son club et son institution mais il faut savoir aussi prendre du recul. Dans les discussions à la LFP, je n’ai pas choisi l’option qui aurait pu avantager Montpellier et qu’on finisse 6e de Ligue 1. Je me suis abstenu lors du vote car j’étais partie-prenante et ça me gênait de prêcher pour ma paroisse, alors que c’est un manque à gagner de 5/6M€, ce qui n’est pas rien pour nous. Quand j’entendais certains évoquer une fin de championnat basée sur des algorithmes (Gérard Lopez, président de Lille), d’autres sur le fait d’avoir joué Paris déjà deux fois … On a eu des moments ubuesques. Vu la pandémie, ces comportements auraient pu être évités. Il faut savoir tirer un trait et avoir raison garder. S’il y a des recours juridiques dans les semaines à venir, on risque de ne pas être payé des prochains droits TV, et ça peut déclencher une nouvelle crise. On va me dire « si tu étais Toulouse ou Amiens (relégués en L2), tu la ramènerais aussi ». Je ne sais pas, enfin si, je sais. En étant dernier, avec une certaine décence, j’aurais fermé ma gueule. Je pense comme ça aujourd’hui, en vieillissant je deviendrais peut-être un gros con, » confie ainsi Nicollin très remonté. Le président du club héraultais qui achève donc cette saison à la huitième place, estime également que les hautes sphères de la LFP ont manqué d'autorité pour mener les différents échanges avec les présidents de clubs.

« Quand on gère une Ligue et des présidents de clubs, c’est à ces personnes-là de taper sur la table. La cacophonie se fait aussi car tout ne suit pas dans les hautes sphères … J’apprécie la présidente de la LFP, son rôle n’est pas facile, tout comme celui de Didier Quillot (DG de la Ligue), mais à un moment donné, il faut agir. » Un certain discernement dont a également fait preuve Laurent Nicollin lors des négociations avec les diffuseurs pour les droits TV. L'homme fort du MHSC souhaitait dès le début se projeter sur la saison prochaine plutôt qu'achever à tout prix l'exercice actuel. « Vu la situation, on s’était déjà tiré une balle dans le pied, il ne fallait pas en faire de même pour la saison prochaine et l’arrivée d’un nouveau diffuseur (Ndlr : l’opérateur espagnol, Mediapro, diffusera la Ligue 1 et la Ligue 2 sur la période 2020-2024, contre un chèque de 780 M€ et un montant total de 1,153 milliards d’euros par an). Il fallait sacrifier 2019-2020 plutôt que le contraire. Ces derniers jours, j’ai ressenti une crainte et une appréhension supplémentaires de mes joueurs depuis le cas de Junior SambIa (Ndlr, joueur de Montpellier, 23 ans, testé positif au Covid-19). Cette décision ne résout pas le problème car dans deux ou trois mois, on peut se retrouver dans une situation difficile tant qu’on n’aura pas trouvé un vaccin. Mais on essaie de tout mettre en œuvre pour que 2020-2021 démarre de la meilleure des façons, » estime ainsi Nicollin. Une intervention médiatique qui devrait provoquer un gigantesque tollé au sein de la LFP mais aussi dans certains clubs de Ligue 1...

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