Manchester City : l’infernal déclin de Jack Grealish

Par Dahbia Hattabi
6 min.
Jack Grealish à City @Maxppp

Demain soir, Manchester City va affronter le FC Copenhague en Ligue des champions. Une compétition où Jack Grealish a été un élément précieux l’an dernier lors de la conquête du titre. Mais l’Anglais traverse des moments plus compliqués cette saison.

Jack Grealish a perdu son sourire. Pourtant, il y a quelques mois encore, l’Anglais était heureux comme jamais. Revenons en arrière. Le 10 juin 2023, Manchester City remporte la finale de la Ligue des champions face à l’Inter Milan. Une victoire qui a couronné une saison exceptionnelle de la part des Skyblues, vainqueurs du fameux "treble" (triplé, ndlr). Sur un nuage, l’ancien joueur d’Aston Villa s’est fait remarquer lors des célébrations. Après le coup de sifflet final, il a accordé une interview à CBS Sport où il avait lancé à Thierry Henry, consultant pour la chaîne : « lorsque tu jouais, tu aurais battu Kyle Walker ? » Une question qui avait provoqué l’hilarité en plateau avant que l’ancien d’Arsenal réponde : « tous les jours.»

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Une nouvelle concurrence féroce

Ensuite, le joueur de 28 ans, fidèle à lui-même, a fait la fête durant 48 heures. Alcoolisé, il était déchaîné lors des célébrations. De retour sur terre, il a profité de la trêve estivale pour recharger ses batteries et se lancer dans une nouvelle saison. Mais tout ne s’est pas vraiment passé comme il l’avait imaginé. À la fin du mois d’août, il a été blessé à l’ischio (25 jours d’absence, 6 rencontres ratées). L’international anglais a aussi dû composer avec une nouvelle concurrence. Celle de Jérémy Doku, arrivé en provenance du Stade Rennais durant le mercato d’été. Le Belge a su montrer des choses intéressantes et gratter du temps de jeu. Il est un véritable concurrent pour Grealish.

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En octobre dernier, Pep Guardiola avait d’ailleurs expliqué sur le sujet : «qui va le plus jouer entre Jack (Grealish) et Jeremy (Doku) ? Celui qui performe le plus. Mais Phil (Foden) peut aussi jouer à gauche. Je le répète, celui qui jouera le mieux sera récompensé.» Titulaire en puissance la saison dernière, puisqu’il avait débuté 41 des 50 rencontres auxquelles il avait participé (5 buts, 11 assists), le natif de Birmingham avait acquis un certain statut. Il était parvenu à devenir une pièce essentielle de l’effectif mancunien, où son entente avec Erling Haaland, sur comme en dehors des terrains, était un plus. Mais les cartes ont été redistribuées cette saison.

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Grealish est moins "indispensable"

Dans le onze lors des 4 premiers matches de son équipe, il a ensuite alterné entre titularisations et entrées en jeu après son retour de blessure. Au total, il a joué 21 rencontres, dont 14 en tant que titulaire. Le temps de délivrer 2 assists et de marquer 3 buts. Ils ont tous été inscrits durant le mois de décembre. Il a été buteur face à Tottenham, Luton Town et Crystal Palace. Sa dernière réalisation remonte donc au 16 décembre. Depuis, plus rien. L’Anglais est muet depuis 7 rencontres toutes compétitions confondues (5 titularisations). Remplaçant lors des 2 derniers matches de City, il est entré en jeu face à Burnley (15 minutes, 31 janvier) et Everton (4 minutes, 10 février). D’ailleurs, sur l’année civile 2024, il n’a joué que 75 minutes (56 minutes en FA Cup, 19 minutes en PL).

En championnat, il n’a pas joué contre Newcastle (13 janvier) et Tottenham (26 janvier) comme le rappelle AS. Déclassé, Grealish n’affiche donc pas les mêmes temps de passage que l’an dernier. Au même stade de la saison, qui avait été entrecoupée par le Mondial au Qatar, il avait joué 26 rencontres dont 21 comme titulaire. En revanche, il n’avait marqué que 2 buts. Mais il était un élément clé de l’équipe, lui qui était dans le top 3 des joueurs qui se créaient le plus d’occasions dangereuses. Cette saison, il doit se battre un peu plus pour sa place alors que Foden, Julián Álvarez et Doku impressionnent. Mais l’ancien d’Aston Villa, qui continue d’attirer de nombreux sponsors puisqu’il vient de signer un contrat à 1 million d’euros avec Pepsi, a également vécu un événement traumatisant. En décembre, il a été victime d’un cambriolage.

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Un footballeur et un homme traumatisé

Des biens d’une valeur de 1,15 M€ ont été dérobés pendant qu’il était avec son équipe. En revanche, certains membres de sa famille étaient dans la maison au moment des faits. Un épisode qui a marqué le footballeur qui s’était livré sur ses réseaux sociaux. «Il m’est impossible d’expliquer à quel point je suis dévasté par le cambriolage qui a eu lieu à mon domicile il y a quelques jours. Ma famille compte beaucoup pour moi et rien n’est plus important que d’assurer leur sécurité. Cela a été une expérience traumatisante pour nous tous, et je suis très reconnaissant que personne n’ait été blessé. J’ai vécu tellement d’expériences et de réussites extraordinaires au cours des 12 derniers mois, mais pour être honnête, la meilleure année de ma vie dans le football n’est pas quelque chose que je peux célébrer.»

Il avait ajouté : «les personnes qui commettent ces crimes terribles n’ont aucune idée des dommages qu’ils causent à la vie des gens. J’espère qu’ils seront retrouvés et traduits en justice pour qu’aucune autre famille n’ait à vivre ce que nous avons vécu.» Son cas est pris forcément au sérieux par son club. Journaliste spécialiste du football anglais, Salim Baungally nous explique : «avant le match face à Everton ce week-end, Guardiola en a parlé et a dit que le cambriolage ne l’avait pas aidé, que ça l’avait touché et qu’il comprenait cela. Même si sa situation délicate n’est pas due qu’à cela. Ce n’est pas que sur les dernières semaines, ça date d’un peu plus longtemps. Il faut voir deux choses. D’une part, l’émergence d’un Jérémy Doku. Dès le début, il a été impressionnant sur le côté gauche, le côté privilégié de Grealish. Doku, aujourd’hui, est plus qu’une solution A’ pour Guardiola. C’est presque une solution A.»

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Victime du système

Il poursuit : «ce ne sont pas les mêmes profils. Grealish est plus lent mais au final c’est sa passe qui élimine. Doku, c’est sa vitesse qui élimine. Il apporte un casse-tête positif à Guardiola et donc forcément ça a un impact sur Grealish, qui est moins bon. D’autre part, il faut préciser que le système a un poil changé. Quand vous avez Kévin De Bruyne, Phil Foden, qui est aujourd’hui un élément essentiel que Guardiola ne peut pas enlever, et Jérémy Doku, sans oublier Bernardo Silva, Erling Haaland et Julian Alvarez, ça fait 6 joueurs. Avec tout ça, Bernardo Silva peut parfois ne pas être titularisé. De plus en plus, Guardiola veut mettre ses deux joueurs devant, Haaland et Alvarez. Là, où avant il ne mettait qu’Erling Haaland. À présent, il aime associer les deux parce qu’il sait que Julian Alvarez peut faire de belles choses aussi.»

Il conclut : «celui qui est un peu victime du système, c’est Grealish. Mais Guardiola s’est voulu rassurant en expliquant qu’il aura du temps pour revenir et qu’il est confiant pour cela. Cette confiance et ce temps-là, il les donne à Grealish. Il ne les avait pas donné par exemple à Kalvin Phillips.» Si le malaise Grealish enfle, Manchester City compte encore sur lui et reste persuadé qu’il apportera sa pierre à l’édifice cette saison. Il pourrait le faire demain soir face au FC Copenhague, en 1/8e de finale retour de l’UEFA Champions League. Une compétition où l’Anglais espère briller à nouveau. Pep Guardiola et les pensionnaires de l’Eithad Stadium n’attendent que ça !

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