FC Barcelone - Atlético de Madrid : les notes du match
Pour le choc de cette 18e journée de Liga, l’Atlético de Madrid a réalisé le braquage du siècle face au Barça en s’imposant (2-1) après avoir subi pendant 90 minutes ou presque. Voici les notes du match.

Ce samedi soir, l’Espagne nous offrait l’un de ses plus beaux chocs. Courtisans au titre cette année de l’autre côté des Pyrénées, le FC Barcelone et l’Atlético de Madrid s’affrontaient pour le compte de la 18e journée de Liga. Vainqueurs de ses 11 derniers matches toutes compétitions confondues, les Colchoneros arrivaient sûrs de leurs forces face à un Barça moins brillant qu’en début de saison. Pour enchaîner avec un 12e succès consécutif, Diego Simeone a décidé d’aligner un onze offensif avec un duo d’attaque composé de Julian Alvarez et Antoine Griezmann. Privé de Lamine Yamal, Hansi Flick décidait de faire confiance à une attaque composée de Raphinha, Robert Lewandowski et Fermín López.
Tout était donc réuni pour assister à un grand match au stade Montjuic. D’entrée, les Blaugranas ont montré leur domination dans le jeu. Concernés, les coéquipiers d’un Pedri brillant ont rapidement pris l’ascendant sur leurs adversaires en les asphyxiant avec un pressing de tous les instants. Et après une tentative dangereuse d’Inigo Martinez (22e), c’est l’insatiable Pedri qui a débloqué la situation sur un bijou d’action. Percutant dans l’entrejeu, le numéro 8 catalan a servi Gavi qui lui a remis d’une roulette inspirée. Récupérant le cuir, Pedri a trompé Jan Oblak d’un plat du pied assuré (1-0, 30e). Auteurs d’une première période si maîtrisée, les locaux sont rentrés aux vestiaires avec un avantage au score qui ne souffrait d’aucune contestation.
L’Atlético de Madrid a refait le coup de Paris
Au retour des vestiaires, le Barça comptait donc s’appuyer sur cette maîtrise pour se mettre à l’abri et sécuriser ce bon coup au classement. Problème, rien ne s’est vraiment passé comme prévu pour les ouailles de Hansi Flick. Malgré des tentatives de Fermín López (48e) et Raphinha (57e), respectivement stoppées par Jan Oblak et la barre de la cage du gardien slovène, les Catalans n’ont pas su marquer ce deuxième but si important. Et de l’autre côté, la réponse ne s’est pas fait attendre avec des Madrilènes habitués à marquer même lors d’un temps faible. Profitant d’un dégagement raté de Marc Casado, Rodrigo De Paul a décoché une frappe rasante depuis l’extérieur de la surface et sur laquelle Inaki Pena n’a pas pu s’interposer (1-1, 60e). La dernière demi-heure de la rencontre a également été très rythmée.
Classement général Liga
Ayant des occasions, les deux équipes n’ont pourtant pas su tirer leur épingle du jeu après plusieurs parades déterminantes de Jan Oblak (86e, 88e), qui a répondu à un Inaki Pena tout aussi impérial devant Barrios (77e). Robert Lewandowski s’est aussi illustré avec un raté assez grotesque (76e) en manquant le ballon avec son pied gauche. Un raté qui illustre assez bien le match poussif du Polonais. Et alors que l’on se dirigeait vers un nul qui ne faisait les affaires de personne, l’Atlético de Madrid a refait sa spéciale. Trouvé sur une contre-attaque éclair, Alexander Sorloth n’a laissé aucune chance à Inaki Pena d’une frappe puissante (1-2, 90+6e). Déjà vainqueur à Paris dans les mêmes conditions grâce à un but d’Angel Correa à la dernière seconde, les pensionnaires du Civitas Metropolitano enchaînent avec un treizième succès de rang. Le Barça cède son trône de leader aux Matelassiers et compte désormais quatre points de moins que son adversaire du soir, qui compte un match de moins que lui.
L’homme du match : Oblak (8,5) : huit arrêts pour le gardien slovène qui a sauvé son équipe, ce soir, au stade Montjuïc. Si ses défenseurs l’ont protégé face aux premières tentatives catalanes, il est battu par Pedri (30e), après un magnifique mouvement initié par l’Espagnol et une frappe légèrement contrée par Lenglet. Il sauve ensuite les Colchoneros sur cette parade face à Fermin (48e) et est sauvé par la barre transversale sur le lob de Raphinha (57e). En fin de match, il gagne son face-à-face contre Raphinha, bien lancé par Pedri, avant de sortir une nouvelle parade contre Olmo.
FC Barcelone
- Peña (5) : le portier espagnol de 25 ans a encore fait le job et plus encore. Très peu sollicité avec la grosse domination des siens, il a dû faire les arrêts quand il le fallait. Il ne peut rien faire sur la frappe limpide de De Paul pour le but du 1-1 ni le missile de Sorloth à la fin. Pour le reste, il a été propre notamment face à Barrios en fin de match. Un match frustrant pour lui tout de même.
- Koundé (6,5) : le latéral droit français a juste été très bon ce samedi soir. Sur son couloir droit, pour son 70e match de l’année (personne ne fait mieux), il a tout fait aussi bien sur le plan défensif qu’offensif. Il s’est baladé de manière assez impressionnante sans jamais être mis en difficulté. On pourra peut-être lui reprocher d’être un peu loin sur l’action de l’égalisation madrilène et encore…
- Cubarsi (6) : le jeune défenseur central barcelonais a illustré ses qualités à la perfection. Rapide dans la course et excellent dans son intelligence de jeu, il a parfaitement su gérer les courses de Julian Alvarez où le déplacement entre les lignes d’Antoine Griezmann. Il dégage une telle maturité à seulement 17 ans… Impressionnant. Seul point noir, il est trop court sur son retour défensif à la dernière seconde du match et Sorloth en a profité pour marquer le but du 2-1.
- Martinez (6,5) : le défenseur central barcelonais a été d’une propreté à faire jalouser Ariel et Cillit Bang. Avec une équipe qui dominait, il était logiquement plus exposé et pourtant, il a réussi toutes ses interventions. Bon dans l’anticipation, précieux dans le duel, il a bien cadenassé les attaquants madrilènes tout au long de la rencontre. Rien à dire.
- Baldé (4) : le latéral gauche de 21 ans enchaîne les prestations assez timides depuis quelque temps. Il a été l’un des joueurs les moins impressionnants sur la pelouse ce soir. Car malgré la grosse domination des siens, il n’a pas su vraiment s’illustrer offensivement. Il n’a pas cherché non plus à dédoubler pour combiner avec ses coéquipiers. Il est capable de plus et on attend forcément bien plus de lui.
- Casado (5,5) : c’est le métier qui rentre comme on dit. Juger le match du jeune milieu de la Masia n’est pas si simple. Car pendant toute la rencontre, il a été très propre, avec plusieurs récupérations dans les pieds, plusieurs duels gagnés et surtout un vrai rôle dans la relance des siens. Mais il a commis une erreur. Impardonnable à ce niveau. Sur un centre madrilène dans sa course, il a dégagé le ballon d’une talonnade en pensant remiser sur un coéquipier à l’entrée de la surface. Sauf que son joli geste s’est transformé en offrande pour De Paul qui n’avait plus qu’à envoyer un plat du pied en première intention. Une erreur qui a coûté 3 points. Remplacé par Eric Garcia (80e).
- Gavi (6) : une pile électrique. Gavi a fait du Gavi ce samedi soir. Dans l’entrejeu, il a complètement éteint ses adversaires du soir avec une activité de tous les instants. Ce qui impressionne le plus, c’est sans doute sa capacité à s’impliquer aussi bien offensivement que défensivement. Passeur décisif d’une remise subtile pour Pedri, il aurait pu avoir une deuxième passe décisive pour Raphinha au retour des vestiaires. Remplacé par Ferran Torres à la 64e. L’attaquant espagnol ne s’est pas trop illustré.
- Pedri (7,5) : que dire de son match ? Le jeune milieu de terrain espagnol confirme qu’il est ce qui se fait de mieux sur la planète à son poste. Lorsqu’il est épargné par les blessures, difficile de lui trouver un défaut. Ce samedi soir, il a encore été magique avec son aisance technique et son habilité à casser les lignes quand il le souhaite. Son but en première période après une nouvelle percée a illustré à merveille son habileté à éliminer ses adversaires sur le pressing. Même pour défendre, il a été d’une élégance folle. Le MVP du match côté Barça sans l’ombre d’un doute.
- F. Lopez (6) : titulaire à la place d’Olmo sur le front de l’attaque, le jeune joueur du Barça a alterné le bon et le moins bon. Cela avait bien débuté avec un centre dangereux pour Raphinha en début de match. Ensuite, il a peu à peu disparu, faisant quelques apparitions sur certaines actions. Mais il a manqué de constance malgré sa capacité à faire mal aux adversaires en un contre un. Au retour des vestiaires, il a démarré fort avec plusieurs occasions face à Oblak. Remplacé par Dani Olmo (64e). L’ancien joueur du RB Leipzig a été très remuant avec plusieurs opportunités de marquer.
- Raphinha (6,5) : en l’absence de Lamine Yamal, le Brésilien devait assumer son statut de leader offensif barcelonais. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a parfaitement tenu son rang. Il s’est rapidement procuré deux occasions dans ce match et a globalement pris le dessus sur son adversaire direct. En confiance, il a aussi régalé techniquement avec plusieurs séquences marquantes. Malheureux dans la finition puisqu’il a tapé la barre après un lob bien senti (57e) et qu’il a loupé un face à face en fin de rencontre (86e). Il est coupable de la perte de balle sur le but madrilène à la dernière seconde. Et malgré son retour, il a manqué son intervention.
- Lewandowski (4) : l’attaquant polonais a peut-être été le plus discret offensivement dans son équipe. S’il a su jouer proprement dans les remises, il n’a pas su réellement se procurer de grosses occasions dans une équipe qui a pourtant surdominé les débats. Sur certains appels, il a manqué d’explosivité pour couper la trajectoire. Et son immense raté seul dans la surface (même si Torres était hors-jeu) à la 75e minute a illustré son manque de confiance. Et avec le résultat final, il peut s’en mordre les doigts.
Atlético de Madrid
- Oblak © (8,5) : voir ci-dessus
- Llorente (5,5) : prestation assez propre pour l’ancien joueur du Real Madrid, qui n’a pas été mis en danger par Alejandro Baldé, ni par Gavi qui se recentrait. Il aurait pu en revanche être plus propre dans ses transmissions. Remplacé par Robin Le Normand (73e).
- Giménez (4) : quand l’Atlético était acculé, l’international uruguayen s’est interposé sur les tirs de Raphinha et Lewandowski. Mais il est impliqué sur le but de Pedri, où Gavi se joue de lui pour remiser le ballon au numéro 8 barcelonais. Blessé, il cède sa place. Remplacé par Axel Witsel (52e), auteur d’une entrée inquiétante. Il offre notamment un coup franc dangereux à Lewandowski, quelques secondes après être entré sur le terrain.
- Lenglet (6) : le joueur prêté par le FC Barcelone a réalisé un match plutôt sérieux. Quelques bonnes interventions dans sa surface, même s’il touche le ballon sur le but de Pedri. Quatre récupérations pour l’ancien joueur de l’AS Nancy-Lorraine, qui a multiplié les bonnes interventions dans la surface. Un match qui doit lui donner confiance dans son duel face à Robin Le Normand.
- Galan (5) : une rencontre difficile pour le latéral de 30 ans face à Raphinha. Mystifié à plusieurs reprises du Brésilien, il a souvent été épaulé par Gallagher. Mais même à deux, leurs interventions étaient approximatives. Un peu mieux en seconde période puisqu’il était beaucoup plus proche de lui.
- Simeone (5) : match très moyen pour le fils de Diego Simeone. S’il a fermé le côté droit barcelonais avec Llorente, il a par moment été approximatif dans ses interventions. Sa main à la 20e minute dans la surface n’est pas sifflé. Tant mieux pour lui et l’Atlético. Remplacé par Nahuel Molina (62e), qui ouvre un super ballon à Sørloth pour le but de la victoire (90e+6).
- De Paul (6) : il est à l’image de son équipe : imprévisible. Le champion du monde 2022 a souffert dans l’entrejeu face à Pedri. Les déplacements de l’international espagnol et ses passes lui ont constamment fait mal. Mais alors qu’il était parti pour réaliser une piètre prestation, il a permis à l’Atlético de revenir au score, sur l’une des seules actions offensives madrilènes. Il peut également remercier Casado pour cette remise dans l’axe (60e, 1-1). Sur le but de Sørloth, c’est lui qui décale Molina sur le côté droit.
- Barrios (6) : beaucoup d’activité pour le milieu de terrain de 21 ans face à l’entrejeu barcelonais. Quatre récupérations, cinq duels remportés au sol pour le joueur formé à l’Atlético, qui a essayé de répondre à la technique des Catalans par l’impact physique. Il a aussi aéré par moment le jeu madrilène. Il empêche Raphinha de partir seul au but juste avant la mi-temps et est même tout proche de donner l’avantage à l’équipe de Simeone, après un super crochet sur Casado, mais il bute sur Pena (77e).
- Gallagher (3,5) : offensivement, l’Anglais n’a rien fait. Un peu comme son équipe finalement. Défensivement, l’ancien joueur de Chelsea aura tenté d’apporter du soutien à Galan contre Raphinha, en vain. Il aura notamment pris un petit pont de la part du capitaine catalan. Remplacé par Koke (52e). Le milieu espagnol a apporté un peu de maîtrise technique, mais c’est tout.
- Álvarez (4) : moins d’une trentaine de ballons touchés pour l’Argentin, qui n’a pas tenté la moindre frappe avant la 85e minute et une tentative de lob complètement loupée. Devancé par Cubarsí alors qu’il se présentait face à Peña (56e), il aura le mérite d’être « impliqué » sur le but de De Paul, même si c’est surtout l’erreur de Casado qui permet à l’Atlético d’égaliser. Son ouverture sur le côté droit vers De Paul initie l’action du but de Sørloth. Il termine la rencontre avec 16 ballons perdus.
- Griezmann (3) : l’ex-international français a été fantomatique face à son ancien club. Aucun tir, 13 ballons perdus. Actif défensivement (5 duels remportés sur 8), ce n’est pourtant pas là qu’il est attendu. Remplacé par Alexander Sørloth (73e), auteur d’une entrée fracassante. Son jeu dos au but aura posé de nombreux problèmes à Cubarsí et à Inigo Martinez. Il permet à Diego Simeone et à l’Atlético d’arracher cette victoire en fin de rencontre (90e+6) et de s’emparer de la première place de la Liga.