Le Racing Club de Strasbourg, emmené par un Moreira dans tous les bons coups et un El-Mourabet très en jambes, a battu l’Olympique Lyonnais (3-1) en clôture de la 23e journée de Ligue 1. Voici les notes de cette rencontre.
En profitant de la défaite marseillaise à Brest, l’Olympique Lyonnais avait l’occasion de prendre huit points d’avance sur son rival avant l’Olympico, dimanche prochain, et de se rapprocher de Lens. Mais pour cela, il fallait aller chercher la victoire sur la pelouse de la Meinau, face à une équipe alsacienne sur trois matches sans victoire, mais désireuse de se replacer parmi les prétendants à l’Europe. Avec le retour d’Endrick, les hommes de Paulo Fonseca comptaient alors poursuivre leur belle série de victoires.
Mais Strasbourg, d’entrée, avait décidé de se montrer revanchard avec une première occasion pour Godo (6e). En domination totale, les Alsaciens mettaient à mal des Lyonnais inexistants offensivement et obligeaient Greif à sortir une belle manchette (24e). Pour ne rien arranger, Sulc sortait sur blessure après avoir été touché aux ischios et devrait manquer l’Olympico. Les attaques strasbourgeoises, emmenés par Moreira et Barco, s’enchaînaient et un ballon piqué trouvait Godo pour l’ouverture du score (1-0, 37e).
Première défaite en 2026 pour l’OL
La deuxième période ne changeait rien et les Lyonnais ne parvenaient pas à faire le jeu, laissant un Endrick muselé depuis le début du match. Et après une nouvelle alerte, une frappe lointaine de Moreira venait tromper Greif, gêné par la déviation de Tessmann (2-0, 52e). Mais l’OL s’est enfin réveillé et a relancé le match grâce à une reprise de Tolisso, bien servi par Yaremchuk, tout juste entré (2-1, 59e). De quoi renverser la physionomie du match, d’autant plus que Yaremchuk était proche d’égaliser (78e).
Mais un sublime débordement d’El-Mourabet devant Mata offrait un penalty à Strasbourg, transformé par Panichelli (3-1, 83e). Un but décisif pour permettre au RCSA de s’imposer et renouer avec le succès. Strasbourg reprend ainsi sa 7e place, avant un déplacement à Lens. Pour l’OL, qui reste troisième avec cinq points d’avance, la série de 13 victoires s’arrête ainsi et il faudra trouver des ressources pour se relancer contre l’OM, au Vélodrome, après cette sale soirée en Alsace, où Sulc a été blessé, en plus de la défaite.
L’Homme du Match : Moreira (8) : comme à son habitude, le Belge a montré qu’il était infatigable et prêt à laisser ses poumons sur sa pelouse durant toute la première période. Positionné sur son couloir droit, devant Doué, celui-ci n’a pas manqué de fraîcheur. Au pressing, à la relance et dans les bons coups de son équipe de manière générale, il a tout tenté. Sans freiner ses courses, le joueur de 21 ans a été un véritable poison, piquant et hargneux. Et cela lui a d’ailleurs souri. Après un mouvement collectif, il a astucieusement trouvé Godo derrière les défenseurs lyonnais, ouvrant le score plutôt logiquement (37e). Provocateur et persévérant, celui-ci a continué sa prestation de haute volée en seconde période. Seul au vingt-cinq mètres, il a tenté une frappe de loin qui a fini dans les filets de Greif, trompé par ses défenseurs (52e). Sans se relâcher, celui-ci a démontré une force de caractère plus que magistrale. Auteur d’une superbe performance dans son antre, il est bel et bien l’homme de la rencontre. Remplacé par Aaron Anselmino (90e).
Strasbourg :
- Penders (6) : le portier belge est resté dans un fauteuil plus que confortable durant toute la première période. Grâce à des partenaires volontaires, poussés par leur public, il a gardé sa cage inviolée. Devant une défense intelligente et alignée à la perfection, il était tranquillement installé dans sa cage, sans être mis à rude épreuve. Les Lyonnais ont été en manque de repères cruciaux, ce qui lui a également facilité le travail. Après la pause, il a dû se réveiller, ayant de nombreux ballons à capter dans ses gants. Juste avant l’heure de jeu, le doute l’a subitement bousculé. Devant Tolisso, le portier n’a rien pu faire et a donc encaissé son premier but de la soirée (59e). La suite de sa soirée n’a pas réellement été mouvementée au vu du manque de créativité des Rhodaniens.
- Doué (5) : installé dans son couloir droit, le défenseur a un peu plus subi que Chilwell à l’opposé. Cependant, lorsqu’il a dû s’interposer devant Abner, il a fait le travail en étant investi dans ses relances. Son alignement a semblé convenable puisqu’aucune faille n’a été repérée dans sa zone. Capable de se projeter rapidement, celui-ci a tout de même basé son jeu sur des circuits de passes proches de sa charnière, permettant à Moreira de bien prendre l’aile droite. Ensuite, il a continué de perfectionner son jeu tout en étant détendu. Sans être inquiété, il a donc passé une fin de soirée tranquille.
- Omobamidele (6) : aux côtés de Doukouré, l’Irlandais n’a pas semblé inquiet dans les premières minutes de la rencontre. Cependant, il a tout de même dû effectuer un retour de grande importance sur Endrick, lorsque celui-ci filait au but de Penders (14e). Ensuite, le chronomètre a défilé et le numéro deux n’a plus réellement été aperçu. Devant des Lyonnais totalement absents en phase offensive, il est resté concentré, renvoyant que quelques fois des ballons de la tête. Avec sa combativité et sa force de caractère, il a éloigné ses adversaires de sa surface lorsqu’il tentait tant bien que mal d’y pénétrer sans grandes idées. Au retour des vestiaires, un débordement lyonnais lui a fait défaut, puisqu’il a quitté sa zone, et laissé Doukouré en difficulté devant Tolisso (59e). Une présentation convenable et une soirée réussie à la finalité. Remplacé par Samuel Amo-Ameyaw (90e).
- Doukouré (6) : le capitaine alsacien faisait son retour dans la charnière centrale de Strasbourg après sa suspension contre l’OM ce soir. Tout comme Omobamidele, il a su contenir les attaquants lyonnais, renvoyant quelques ballons dans les airs, sans vraiment être mis en lumière. Si son équipe a proposé un jeu varié et de possession, lui a tout simplement attendu l’adversaire dans les derniers mètres. Capable d’analyser le jeu, il a pris tout son temps pour relancer sur les couloirs. Sur le but de Tolisso, il est resté trop loin du marquage et n’a pas pu intervenir dans les pieds de l’autre capitaine, ce qui l’a doucement fait douter. Jusqu’au bout de la soirée, celui-ci est resté appliqué.
- Chilwell (5,5) : positionné sur son habituel couloir gauche, le latéral anglais s’est montré très offensif durant les trente premières minutes. Impliqué et solidaire, le défenseur a tenu bon face à des Lyonnais plutôt bas sur le rectangle vert. Grâce à un milieu de terrain strasbourgeois bien en place, il n’a pas hésité à aller vers l’avant, sans être pressé, pendant que ses partenaires couvraient sa zone. Au retour des vestiaires, il a de moins en moins vu le jour. Face aux assauts lyonnais, il a dû courir dans le vide, sans pouvoir aider à la réduction de l’écart (59e). Ensuite, le jeu a été plus brouillon, mais il a su rester combatif devant son public.
- El Mourabet (7,5) : le milieu de terrain a tout de même réalisé des premières minutes cohérentes. Or, c’est avec un ratissage de ballon incalculable qu’il s’est mis en lumière quelques instants plus tard. En mouvement, notamment impliqué lors des récupérations, le Marocain a fait briller le jeu de possession strasbourgeois. Sans avoir besoin de se déchirer en première période, il est resté impliqué dans sa zone. Au retour des vestiaires, il a continué à rayonner dans le cœur du jeu. Lors d’une contre-attaque, il s’est mis en lumière avec un petit pont sur Mata dans la surface. C’est d’ailleurs sur cette action qu’il a permis à son numéro 9 d’obtenir un penalty, parfaitement conclu (83e).
- Barco (7) : avec son numéro 32 dans le dos, le jeune milieu de terrain a réalisé une première mi-temps de grande qualité. Capable de se déplacer dans l’entrejeu avec une aisance technique remarquable, il a régulièrement trouvé l’intervalle, proposant aussi des transversales lorsqu’il fallait aérer le jeu. Occupant de nombreuses zones sur le terrain, celui-ci n’a pas rechigné quand il devait faire les efforts (19e, 22e). Que ce soit avec ou sans ballon, l’Argentin a surtout voulu apporter du rythme dans le onze, allant même brutalement au duel parfois. Malgré quelques périodes dans le dur jusqu’au bout du temps additionnel, notamment à cause de la pression lyonnaise, celui-ci a tout de même gardé de l’espoir pour maintenir l’avantage au score.
- Moreira (8) : voir ci-dessus.
- Enciso (6) : le milieu offensif paraguayen, placé juste derrière son buteur, a brillé durant les quarante-cinq premières minutes, notamment avec de jolies projections vers l’avant (7e, 24e). Le Sud-Américain a été très adroit dans les systèmes de passes, remisant en une touche de balle, sans être perturbé dans l’entrejeu. Avec une faim de loup, il est même resté plus haut que son attaquant de pointe au pressing. Audacieux, mais surtout désireux de faire basculer la rencontre, son apport offensif a obligatoirement été à souligner avant la pause. Il a ensuite perdu du rythme et de l’intensité dans ses déplacements, ne lui permettant pas de continuer sur sa pelouse. Remplacé par Adboul Ouatarra (85e).
- Godo (6,5) : décisif à six reprises lors de ses sept dernières apparitions avec la tunique strasbourgeoise, l’Ivoirien a entamé la rencontre de la meilleure des manières. Agile et impliqué, il n’a pas attendu le quart d’heure de jeu pour se projeter dans les derniers mètres rhodaniens. Par ailleurs, il a failli obtenir un penalty après un effort conséquent de sa part (11e). En mouvement et à la réception des centres de ses partenaires, l’ailier virevoltant a ensuite buté sur un Greif décisif, presque infranchissable (32e). Puis, il a finalement été récompensé avec un but malicieux, à la suite d’un joli mouvement collectif et d’une passe décisive merveilleuse de Moreira (37e). Toujours autant à l’aise dans ses gestes techniques, il a poursuivi sa rencontre avec brillance et sérénité dans les phases offensives. Il a d’ailleurs aidé ses partenaires lorsque le moral était un peu plus bas.
- Panichelli (7) : buteur face à l’autre olympique la semaine passée, le numéro neuf n’a pas tardé à se montrer actif devant la surface lyonnaise. Après une course remarquable d’Enciso, il a surgi avec une reprise de volée surpuissante, bien interceptée par Greif (7e). Grâce aux mouvements incessants de ses milieux, celui-ci a ensuite pu se démarquer pour pénétrer dans les zones dangereuses. Lors des récupérations basses sur le terrain, il tentait également de décrocher pour apporter des solutions dos au jeu. Toujours autant habile dans les airs, il a majoritairement pris les ballons de la tête dans ses duels. Si tous ces efforts ont été soulignés, ils l’étaient aussi lors de ses replis dans sa propre surface. Après la pause, sa hargne a bien aidé ses coéquipiers puisqu’il n’est pas resté dans le doute malgré le but de Tolisso. L’Argentin a même inscrit un doublé sur penalty, Grief étant trop court (81e).
OL
- Greif (6) : le portier lyonnais a été vite mis à contribution avec la tentative de Panichelli et il peut s’estimer heureux que Godo rate l’immanquable dans la foulée (7e). Il a ensuite réalisé une superbe parade sur cette tête de l’Argentin (25e), avant d’être battu par Godo (32e). Au retour des vestiaires, il se déploie parfaitement sur l’enroulée de Moreira (51e), mais est malheureux sur la frappe déviée de Moreira dans la foulée (52e). Il est ensuite battu par Panichelli sur penalty (83e), même s’il part du bon côté. Sur les trois buts concédés, il ne peut pas faire grand-chose.
- Mata (3,5) : outre cette action où il se fait dribbler par El Mourabet et où il l’accroche dans la surface (80e), le défenseur angolais a tenté de sauver le navire lyonnais lorsqu’il tanguait à de trop nombreuses reprises durant cette rencontre. En vain. Sur le premier but également, il lâche son marquage sur Moreira.
- Niakhaté (5) : le roc sénégalais a réalisé une bonne prestation malgré le revers des Gones avec plusieurs bonnes interventions et récupérations. Dans la lignée de sa saison, celui qui a récupéré le brassard de capitaine après le remplacement de Tolisso a pris ses responsabilités pour tenter de stabiliser une défense lyonnaise parfois chahutée.
- Kluivert (5,5) : malgré la défaite et quelques petites fautes d’inattention puis de frustration, le Néerlandais a tenu la baraque sur son côté gauche avec cinq duels gagnés sur huit et quelques bonnes interventions. Averti d’un carton jaune (57e) pour une brouille avec Andrew Omobamidele. Remplacé par Nicolas Tagliafico (85e).
- Maitland-Niles (4) : l’Anglais n’a pas eu un match facile face à Godo. Présent pour dégager le ballon et soulager ses partenaires dans la surface lyonnaise, il a tout de même connu plusieurs moments de flottement. À plusieurs reprises, l’ancien joueur de Fulham est parvenu à prendre le dessus dans les duels, notamment grâce à sa vitesse et sa percussion. Le défenseur lyonnais a ainsi souvent été contraint de subir, surtout en première période, où il a eu toutes les peines du monde à contenir les projections de son vis-à-vis.
- Tessmann (2,5) : le milieu étasunien s’est plus aventuré devant pour essayer d’apporter un semblant de solution offensive au lieu d’aider des partenaires de l’entrejeu à répondre à l’intensité et à la pression mises par les joueurs strasbourgeois. Outre sa reprise, passée nettement au-dessus après un bon ballon de Tolisso (19e), il contre la frappe de Moreira sur le but du break pour le RCSA (51e). En difficulté donc, il est remplacé avant l’heure de jeu. Remplacé par Roman Yaremchuk (58e), décisif sur son tout premier ballon où il distille un centre de la gauche pour Tolisso (59e).
- Morton (4) : l’Anglais n’a jamais été mis à mal comme cela fut le cas ce dimanche soir depuis son arrivée à Lyon. Souvent pris par Barco et El Mourabet, il n’a pas été en mesure de contrôler le tempo et a également symbolisé toutes les peines des Gones durant cette rencontre. Sur le but de Godo, il doit faire beaucoup mieux face à Enciso. Une rencontre où il a été étouffé, comme d’autres de ses compères.
- Tolisso (6) : le milieu lyonnais n’était pas le plus en forme physiquement et a pu laisser par intermittence montrer des signes de lenteur. Mais il est tout de même à l’origine de la révolte des Gones avec ce but du 2-1 en étant à la réception du centre de Yaremchuk (59e). Il a ensuite dicté certaines consignes à ses partenaires afin de chercher la profondeur. Remplacé par Rémi Humbert (83e).
- Abner (3,5) : invisible et peu influent, le Brésilien a traversé la rencontre comme une ombre. Il a semblé constamment en retard ou mal positionné. Le Brésilien a connu toutes les peines du monde pour se placer correctement et offrir des solutions à ses coéquipiers. Peu présent dans les duels et rarement impliqué dans les circuits de jeu, il s’est surtout signalé négativement en couvrant Godo sur l’ouverture du score des Strasbourgeois (37e), illustrant parfaitement une prestation globalement très effacée.
- Endrick (3) : pour son retour dans le XI lyonnais après son carton rouge contre Nantes, il y a quelques semaines, le Brésilien était exilé sur le côté, laissant Sulc seul en pointe. Le joueur prêté par le Real Madrid a tenté de placer plusieurs accélérations en partant de la droite pour déstabiliser la défense strasbourgeoise (31e, 40e, 49e). Mais il a facilement été contenu par l’arrière-garde alsacienne. Dans ses transmissions aussi, il a été en difficulté à l’image de celle ratée pour Morton (49e). Sa tentative a facilement été captée par Penders (70e) et son centre pour Yaremchuk (78e) n’est pas loin d’être repris par l’Ukrainien. Un match sans pour l’ancien de Palmeiras. Averti d’un carton jaune (60e).
- Šulc (non noté) : seulement cinq petits ballons touchés pour le meilleur buteur lyonnais cette saison, qui a vu son match être écourté avant la demi-heure de jeu suite à une blessure aux ischio-jambiers. Remplacé par Noah Nartey (28e). Le Danois (4) aura tenté dans un premier temps d’apporter de l’allant offensivement, en cherchant à se projeter vers l’avant et à dynamiser les transitions lyonnaises, sans toutefois parvenir à réellement peser sur la rencontre. Actif dans les déplacements, il a essayé de proposer des solutions à ses partenaires. Sans réussir à donner l’entrain qu’avait besoin Lyon.
En savoir plus sur