Les raisons de la folle résurrection de l’AS Monaco
Au bord du gouffre il y a encore quelques semaines, l’AS Monaco a opéré une métamorphose spectaculaire. Porté par un mercato d’hiver chirurgical, une défense de fer et un duo Akliouche-Balogun en feu, le club de la Principauté est redevenu une machine à gagner. Enquête sur la méthode Pocognoli qui a tout changé.
L’ambiance était pesante dans les entrailles du Santiago Bernabéu ce soir du 20 janvier 2026. Fraîchement giflée par le Real Madrid (6-1) après un revers humiliant à Louis-II contre Lorient (1-3), l’AS Monaco touchait le fond. Mais dans le chaos, le vestiaire a sonné la révolte. Une réunion "vérité" a éclaté pour crever l’abcès, un moment charnière raconté par Folarin Balogun : « C’était une opportunité pour nous de parler ouvertement et de trouver des solutions. C’était une discussion positive pour le bénéfice de l’équipe afin de renverser la vapeur. » Bien décidés à reprendre leur destin en main, les joueurs ont prolongé ce déclic hors du terrain quelques jours plus tard avec une journée de cohésion conclue par un dîner dans une institution monégasque, "la môme Monte-Carlo" selon nos informations. Un choix validé à 100 % par Sébastien Pocognoli : « Nous nous sommes retrouvés pour passer du temps ensemble, ce qui n’était plus possible depuis longtemps. Le groupe vit bien, mais les joueurs ont besoin de se retrouver en dehors pour créer une famille. C’est cet aspect mental qui va donner l’élan pour le sprint final. »
Ce choc électrique a immédiatement porté ses fruits. Après une qualification européenne arrachée face à la Juventus, l’ASM a imposé une domination sans partage en Ligue 1. Le bilan est sans appel : 17 points pris sur 21 lors des sept dernières journées et une remontée spectaculaire au classement de Ligue 1. Sur le rectangle vert, cette unité se traduit par un passage au 3-4-2-1 qui a tout changé. En replaçant Denis Zakaria au cœur d’une défense à trois aux côtés d’un Thilo Kehrer impérial, Pocognoli a trouvé la formule magique. Monaco est désormais une forteresse hermétique, la plus solide de l’élite depuis la 19e journée. Comme l’affirme Kehrer, tout le monde est enfin sur la même longueur d’onde : « On est un collectif uni, on s’aide. Même celui qui ne débute pas peut faire la différence. On sait d’où l’on vient et on s’appuie sur nos forces. »
Un mercato hivernal réussi, des cadres de retour au top
Si Monaco brille, c’est aussi grâce à un recrutement hivernal bien plus inspiré que celui de l’été dernier. L’arrivée de Wout Faes en provenance de Leicester, défenseur revanchard et fin connaisseur de la Ligue 1, a apporté cette grinta qui manquait tant derrière. Son adaptation express à la défense à trois fait des merveilles. Dans le même temps, le club a sauté sur l’opportunité Simon Adingra en toute fin de marché. L’ailier ivoirien de Sunderland, dont le profil de percussion était ciblé par Pocognoli depuis l’Union Saint-Gilloise, s’est imposé comme l’accélérateur de particules du Rocher. Deux recrues au pedigree mental irréprochable qui prouvent que, même en prêt, l’investissement peut être total.
Enfin, impossible d’évoquer ce renouveau sans le réveil des cadres. Maghnes Akliouche, qui vient de franchir le cap des 100 matchs en Ligue 1, est redevenu le patron technique. Critiqué pour son coup de mou, l’international tricolore, qui vise le Mondial 2026, répond sur le terrain avec des stats de taulier (6 buts, 7 assists) et quelques performances XXL comme lors des 3 confrontations face au PSG en 2026 (2 buts et 2 passes décisives). Mais c’est son volume de jeu qui impressionne : avec 66 récupérations hautes, il est le meilleur de France dans ce domaine. À ses côtés, Folarin Balogun est en état de grâce. Avec 5 buts sur ses 5 derniers matchs, l’Américain enchaîne les pions décisifs. Sa relation fusionnelle avec son mentor Kévin Mirallas porte ses fruits, comme en témoigne sa célébration rageuse dans les bras de l’ex-Diable Rouge après son but face au PSG. Avec 13 buts au compteur et un statut de bourreau officiel du Parc des Princes, "Balo", qui est nommé pour le titre de joueur du mois de Ligue 1, est le nouveau boss d’une attaque monégasque qui ne regarde plus que vers le haut.