Le mauvais timing d'Edinson Cavani

Le bon timing devant le but, Edinson Cavani a maintes fois prouvé qu'il l'avait. Pour son avenir par contre, l'Uruguayen donne le sentiment de n'avoir jamais su prendre la décision adéquate. Retour sur les derniers mois agités d'El Matador.

Edinson Cavani célèbre l'un de ses nombreux titres avec le PSG
Edinson Cavani célèbre l'un de ses nombreux titres avec le PSG ©Maxppp

Edinson Cavani a quitté la France le 19 mars. En pleine pandémie de coronavirus, l'attaquant avait pris la décision de rejoindre son Uruguay natal pour y passer le confinement, en attendant une éventuelle reprise de la Ligue 1. La Ligue 1, il ne la reverra plus, tout comme le Paris Saint-Germain. Le 20 juin, nous apprenions qu'Edinson Cavani, non seulement n'allait pas prolonger son bail avec le club de la capitale, mais avait choisi de ne pas disputer la fin de la Ligue des Champions à Lisbonne, contrairement à Thiago Silva ou Eric-Maxim Choupo-Moting. Un choc pour les supporters parisiens, qui lui clamaient si souvent leur amour, et pour les observateurs, décontenancés de voir le meilleur buteur du club ne pas prendre part à la dernière aventure européenne.

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Pour beaucoup, sa décision était motivée par l'envie de ne pas se blesser et remettre en cause un potentiel contrat signé dans un club européen, qui ne tarderait pas à être connu. Il faut dire que les rumeurs allaient bon train depuis plusieurs mois concernant l'avenir de l'Uruguayen, auteur de 200 buts avec le PSG. Très vite, en Amérique du Sud, São Paulo et Boca Juniors ont tenté leur chance, avec des moyens limités, mais portés par la ferveur entourant leur club et par leur promptitude à proposer une offre concrète. Newcastle, dans l'euphorie d'un possible rachat par les Saoudiens avec un portefeuille bien garni, imaginait le voir mener son attaque. L'Inter, toujours en quête d'attaquants, était également sur le coup. Tout cela se terminait par un refus du joueur de 33 ans, physiquement bien loin de toutes ces considérations autour de son avenir. Toujours en Uruguay, il revêtait les habits de l'amoureux de la nature plutôt que celui du Matador, tondant des moutons ou fauchant des herbes hautes.

De São Paulo à Grêmio

Cavani promenait la quiétude d'un homme sachant de quoi son avenir sera fait et, pourtant, le voilà fin septembre sans le moindre employeur. Cela pose déjà la question de sa stratégie établie en juin dernier. Il n'a pas souhaité participer à une dernière campagne de Ligue des Champions, après avoir été titularisé lors du huitième de finale retour contre le Borussia Dortmund qui plus est, sans que cela soit motivé par la demande de son futur club, par exemple. Comment un attaquant aussi reconnu sur la scène européenne peut-il se retrouver dans une telle situation fin septembre ? Il y a bien des clubs qui ont fait le forcing, comme le Benfica Lisbonne. Mais les exigences salariales de Cavani (un salaire d’au moins 10 M€ + la prime à la signature) ont constitué un obstacle insurmontable malgré la bonne volonté affichée par les deux parties. Benfica se préparait à annoncer ce transfert retentissant à ses supporters avant de finalement poser les armes le 23 août dernier.

Dès lors, les options se réduisaient pour le Matador. Dernièrement, la presse espagnole expliquait qu'il s'est proposé au Real Madrid et au FC Barcelone, deux clubs en quête d'attaquants. Là-bas, Cavani aurait été un second couteau, une simple alternative. Lui qui espère encore évoluer en Europe pour deux saisons a-t-il encore beaucoup d'options possibles ? L'Atlético de Madrid, avec qui les choses s'étaient mal terminées après le vrai-faux départ en janvier dernier, l'a de nouveau sondé au cas où le dossier Luis Suarez ne pouvait se concrétiser. Son compatriote va bien lui souffler la place, le laissant ainsi toujours en quête d'un nouveau club. Pouvait-on imaginer un tel scénario en juin dernier, quand le PSG tentait de le convaincre de poursuivre au moins jusqu'à fin août ? Aujourd'hui, la dernière piste révélée se nomme Grêmio, au Brésil, avec une offre de 3,5 M€ nets à l’année, à une heure de vol de son Salto natal. Un argument bien loin de ses désirs initiaux. Mais peut-il encore attendre longtemps ?

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