Après avoir débuté par un nul face à l’Angleterre (1-1), les Bleuets sont montés en puissance dans cet Euro U17 disputé en République d’Irlande. Des succès face à la Suède (4-2) et contre les Pays-Bas (2-0) en poule, une victoire écrasante face à la République Tchèque en quarts de finale (6-1) et la porte des demi-finales s’ouvrait devant les petits Bleus, avec l’Italie comme adversaire désigné. Des Azzurini qui n’ont pas chômé dans cette compétition. Auteurs de quatre succès, face à l’Allemagne (3-1), l’Autriche (2-1) et l’Espagne (4-1) en poule, et contre le Portugal (1-0) en quarts, les Italiens apparaissaient comme un réel obstacle sur le chemin menant au 3e titre de la catégorie U17 pour les Bleuets, après ceux glanés en 2004 et 2015. Au Tallaght Stadium de Dublin, Jean-Claude Giuntini répétait le onze vainqueur des Tchèques en quart, à une exception près. L’attaquant de l’OM Isaac Lihadji laissait sa place à Amadou Traoré. C’est le joueur des Girondins de Bordeaux qui dès la deuxième minute héritait d’un très bon coup franc devant la surface italienne. Auteur de 12 buts dans la compétition, le Parisien Adil Aouchiche s’essayait du pied droit mais butait sur le mur, par deux fois (2e). Agents, recruteurs et observateurs avisés ne pesaient pas lourd dans les travées de l’arène dublinoise, qui sonnait creux. On pouvait entendre joueurs et staffs échanger consignes et conseils. De l’Italien au Français.

Les Azzurrini insistaient côté gauche et donnaient du fil à retordre au Parisien Timothée Pembele, qui se montrait à son avantage. Sur la touche, Carmine Nunziata, le sélectionneur italien, se faisait entendre. Sur une passe trop appuyée d’Enzo Millot, le portier Melvin Zinga s’en sortait bien en contrôlant, feintant et dégageant au nez et à la barbe d’Esposito (11e). La minute suivante, incursion côté droit de Franco Tongya, qui attendait le dernier moment pour centrer fort devant le but. Pembele venait dégager devant la ligne du gardien havrais (12e). Les Bleuets réagissaient après ce temps fort italien. Georginio Rutter faisait parler ses dribbles aux abords de la surface adverse. Les tentatives de corners et de centres du serial buteur du PSG, Aouchiche, ne trouvaient pas preneurs. Touché dans un contact avec un adversaire, Amadou Traoré devait quitter ses partenaires (17e). Le Caennais Kelian Nsona Wa Saka le remplaçait. La première frappe cadrée du match intervenait à la 18e minute. Timothée Pembélé profitait d’une remise de la tête pour s’infiltrer dans la surface côté droit et déclencher une frappe du pied droit. Face à lui, Marco Molla s’interposait (18e). Un peu trop agressifs au goût de l’arbitre, les Azzurrini étaient souvent sanctionnés pour de petites fautes. Offrant quelques coups francs éloignés aux Bleuets.

Esposito répond à Millot, Udogie assomme la France

Si la demi-heure de jeu laissait croire à la fin du temps fort bleu, Timothée Pembele, encore lui, se créait une nouvelle opportunité. Après un joli mouvement rapide entre Millot et Rutter, le Rennais décalait superbement son latéral droit, qui manquait le cadre, glissant sur sa frappe aux six mètres (32e). Et c’est finalement du côté gauche que le but arrivait. Le Monégasque Enzo Millot ouvrait le score pour l’équipe de France, d’une frappe enroulée sous la barre à la réception d’un centre de Nathanaël Mbuku (1-0, 41e). Les Bleuets pensaient rentrer au vestiaire avec ce court avantage, ayant tenté 8 tirs, contre aucun pour leurs adversaires. Mais c’était sans compter sur l’artilleur de l’Inter Sebastiano Esposito. Le meilleur buteur italien dans cet Euro (8 buts) égalisait pour l’Italie en enroulant un coup franc à plus de 25 mètres dans la lucarne gauche. Melvin Zinga ne pouvait qu’accompagner (1-1, 45e+1). Au retour des vestiaires, les débats étaient plus accrochés, les occasions rares. Les imprécisions défensives se faisaient de plus en plus nombreuses. A l’image de Marco Molla, qui relâchait un centre du Lyonnais Melih Altikulac dans les pieds de Rutter. Sans conséquences (60e). L’attaquant rennais Georginio Rutter était au four et au moulin et ses replis défensifs ultra rapides permettaient aux Bleuets de se découvrir peu à peu et de se porter en nombre sur la surface adverse.

Nathanaël Mbuku était tout proche de profiter d’un nouveau travail du Rennais, auteur d’une incursion pleine de puissance dans la surface italienne puis d’un centre en retrait, mais son tir était détourné au-dessus de son but par Christian Dalle Mura (70e). À 20 minutes du terme de cette demi-finale, Jean-Claude Giuntini faisait entrer du sang neuf. Le Merengue Théo Zidane remplaçait le Parisien Adil Aouchiche, alors que le Marseillais Isaac Lihadji prenait la place de Nathanaël Mbuku (71e). Le numéro 10 des Bleuets, fils de l’ancien numéro 10 des Bleus, se mettait immédiatement en évidence mais envoyait un tir dévissé du pied droit dans le petit filet extérieur (72e). Le portier azzurrini montrait quelques signes de faiblesse, relâchant un centre qui traînait devant son but mais que sa défense éloignait en catastrophe. Le Lyonnais Melih Altikulac faisait ensuite passer un frisson dans le dos de ses coéquipiers lorsqu’il intervenait maladroitement dans sa surface et faisait trébucher Nikola Sekulov (77e). Les Italiens n’obtenaient pas le penalty tant espéré. Les Bleuets laissaient quelques espaces derrière et se faisaient punir. L’Italie prenait lorsque Iyenoma Destiny Udogie, joueur du Hellas Vérone, venait reprendre un centre du milieu de l’Atalanta Samuel Giovane, parti dans le dos de Pembele (1-2, 81e). Le Girondin Dilane Bakwa et le Rennais Brandon Soppy entraient et les Bleuets s’offraient un coup franc de la dernière chance. Le capitaine, sochalien, Lucien Agoume enroulait mais manquait de puissance (89e). L’Italie tenait bon et rejoignait les Pays-Bas en finale.