Tout footballeur ne peut se targuer de connaître une progression linéaire, et il faut parfois en passer par des coups durs pour revenir plus fort. C’est en somme le chemin parcouru par Mehdi Bourabia, qui vous retrace sa jeune carrière : « J’ai évolué jusqu’à mes 15 ans au centre de formation de Sochaux, puis je suis retourné auprès de ma famille, à Dijon. Je faisais partie du groupe pro, mais je n’ai pas senti de confiance pour avoir du temps de jeu en Ligue 2. Alors, le GF38, entraîné par Bazdarevic, m’a approché et j’ai commencé à goûter au monde pro là-bas. J’ai eu mes premières minutes en L1 à 18 ans et 3 mois contre Monaco à Louis II, puis j’ai joué une demi-heure au Vélodrome lorsque l’OM fêtait son titre, c’est un grand souvenir. Puis, j’ai enchaîné les matches en Ligue 2 après la relégation du club, mais j’ai ensuite eu une pubalgie ».

Le début d’une longue traversée du désert : « J’ai eu du mal à soigner cette blessure, ça a trainé pendant deux ans et demi. Je me suis fait opérer à Munich, le problème n’était pas réglé, mais un ostéopathe incroyable que je tiens à remercier, Mourad Amrouni, m’a remis sur pied en quelques séances. J’ai alors rejoint la réserve du LOSC, où j’ai signé un an, mais je n’ai pas pu jouer en L1. Vu mon CV pas franchement rempli au cours de cette période compliquée, j’ai eu du mal à rebondir en France, et on m’a appelé pour venir visiter les installations d’un club en Bulgarie, le Lokomotiv Plovdiv ». Un coup de fil qui va se transformer en véritable bénédiction pour le Marocain aujourd’hui âgé de 24 ans, qui a fait de ce passage par la case bulgare une véritable force pour se relancer.

« J’ai foncé, j’ai pris mes marques, et gagné ma place. Le club de Cherno More m’a alors repéré, et j’ai rejoint cette équipe, avec laquelle j’ai disputé la Ligue Europa. Six mois après mon arrivée, je remportais déjà mon premier trophée (Supercoupe de Bulgarie). Je me sens bien, j’enchaîne les matches, je prends du plaisir. J’en suis à 4 buts et 4 passes décisives, pourquoi pas en faire de même au cours de la phase retour », lance celui qui peut évoluer indifféremment en position de récupérateur, de relayeur, et de meneur de jeu, restant néanmoins ouvert aux offres : « Je suis à l’écoute, mais je n’ai pas d’attente précise. Un retour en France n’est pas prévu pour l’instant, mais dans le foot tout peut arriver. Mon parcours en France est assez atypique, je suis passé par trois clubs en formation avant de débuter en L1. Après ma blessure, je trouve ça dommage que personne ne m’ait offert la chance de pouvoir montrer mes qualités. Mais je ne regrette rien », conclut l’homme qui se décrit comme endurant, bon dans la dernière passe, la technique, et la vision du jeu. Avis aux amateurs.