Les bonnes performances en club ouvrent souvent la porte à la sélection nationale. Parfois, c’est la réciproque qui se met en place. C’est le cas de Moise Adilehou, défenseur central de 22 ans et international béninois. Il évoluait seulement en CFA quand il a été appelé pour la première fois avec les Écureuils (un surnom que la Fédération béninoise de football souhaite changer). « Ça m’a ouvert des portes. J’étais en CFA, je voyais des joueurs en Ligue 1 comme Sessegnon, ça me motivait. Je voyais que j’avais le niveau. Ça me motivait encore plus », nous a-t-il raconté à son retour de la dernière trêve internationale qui a permis au Bénin de se qualifier grâce à sa victoire sur le Togo d’Emmanuel Adebayor, qui a pris sa retraite internationale dans la foulée.

« J’ai fait ma première sélection titulaire contre la Mauritanie il y a deux ans », poursuit Moise Adilehou, qui évolue depuis un an et demi à Levadiakos, en Grèce. Un club où il a pu côtoyer la saison passée un certain José Anigo. « Anigo, c’est mon deuxième papa. Il m’a donné sa confiance. Il m’a dit mes qualités. Il m’a même attribué des qualités que je ne pensais même pas posséder ! Ça a été ma renaissance. Il m’a donné ma chance. Il me parlait beaucoup, à chaque début de match, à chaque fin de match. Il me disait : montre-leur. » À cette époque, Adilehou avait besoin de cette motivation quotidienne, car, il le confesse sans mal : « avant je baissais les bras quand je n’étais pas bien avec le coach. Avec Anigo, j’ai compris ».

Rejoindre un championnat plus huppé

Une fois le déclic passé, il n’a plus eu besoin d’une proximité particulière avec l’entraîneur. Tant mieux, d’autant qu’Anigo n’était plus en poste et que plusieurs coaches se sont succédés. Aujourd’hui, le défenseur a pleinement confiance en ses qualités, qu’il nous présente de la sorte : « je suis rapide. Pour un défenseur, c’est une grande qualité. Balle au pied, je suis à l’aise, j’ai un bon jeu long. J’ai toutes les qualités, on me l’a dit. À moi de travailler. » Et ce travail, il souhaite le faire plus proche de son lieu de naissance, la France (il est né à Colombes).

« Le prochain palier, c’est se rapprocher de la France. De jouer des compétitions européennes. Mon objectif plus tard, c’est de jouer la Ligue des Champions, donc il faut commencer à jouer dans des clubs de haut de tableau, dans des pays plus médiatisés. Je pense que j’ai les qualités pour la Ligue 1. J’ai déjà eu des approches de club. Ça ne me dérangerait pas de jouer dans une D1 belge. C’est médiatisé, comme la D2 anglaise ici. » Selon nos informations, des clubs français et belges se sont déjà penchés sur lui. La prochaine Coupe d’Afrique des Nations, qui se déroulera en Égypte du 21 juin au 19 juillet prochain, pourrait être le détonateur d’un transfert vers un club plus huppé.